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Archives de Tag: colonisation

Dans la série des humoristes américains Trevor Noah est formidable dans son dernier netflix special « afraid of the dark ». La démonstration est imparable: don’t be a penis should be the phrase!

A regarder pour ça et pour les leçons sur la colonisation, et tous nos préjugés. J’aime je partage et c’est là.

“Don’t be a pussy.” Yes. Because it implies weakness. Do not be like the vagina. The vagina that is weak. Don’t be a pussy … and yet, in my personal experience, I have found the pussy to be one of the strongest things I have ever come across in my life. « Don’t be a pussy? » Have you ever come across a pussy? You realize vaginas can start revolutions and end wars. You realize, even on a physical level, the vagina is one of the strongest things that have ever existed. Virtually indestructible. Many men in this room have tales of how they once defeated the pussy. Let me tell you now, they have not. The owner of the pussy may have given you the impression that you defeated the pussy, but it is alive and well, my friends. Whenever people say that, I go, “Do you understand how impressive the vagina is? Do you understand how strong it is?” There’s a reason men have sought to oppress it for so long. The vagina is frighteningly powerful. You realize that human beings come out of a vagina. Human beings come out and still it continues to work as intended. Do you understand how impressive that is? A human being comes out of the vagina. And still, it continues to operate, it continues to work, after a human has just come out. You’re saying it’s weak? You just sit on a penis wrong and it breaks.

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La colonisation des Antilles a suscité une énorme quantité de textes fort divers : relations de voyage ou de séjour, traités et règlements, histoires morales et naturelles, correspondance officielle et privée… Si les grandes œuvres publiées au XVIIe siècle, comme les Relations de Bouton et de Pelleprat ou les Histoires de Rochefort et de Dutertre, sont relativement accessibles et ont été largement utilisées pour comprendre la colonisation des Îles, il n’en va pas de même pour une foule d’écrits officiels ou privés, assez brefs, qui proposent une image fragmentée et souvent plus vivante et diversifiée de la vie et de l’évolution de la colonisation française dans les îles antillaises, avec la régression de la population amérindienne et l’augmentation fulgurante des esclaves africains provoquée par le développement l’industrie sucrière. Tous ces textes, établis sur l’original manuscrit ou publié, ont été annotés avec soin. Ils sont précédés d’une chronologie et suivis de divers appendices pour en faciliter la lecture : glossaire, notices biographiques sur les principaux personnages, liste descriptive « Faune et flore », index onomastique et index thématique.

Les collections de la République des Lettres

On aurait peine à s’imaginer ce qu’à pu être pour les Nègres des Antilles la terrible époque qui va du début du XVIIe siècle à la moitié du XIXe siècle, si depuis quelque temps, l’histoire ne s’était chargée de fournir quelques bases de comparaison. Que l’on se représente Auschwitz et Dachau, Ravensbrück et Matthausen, mais le tout à l’échelle immense, celle des siècles, celle des continents, l’Amérique transformée en « univers concentrationnaire », la tenue rayée imposée à toute une race, la parole donnée souverainement aux kapos et à la schlague, une plainte lugubre sillonnant l’Atlantique, des tas de cadavres à chaque halte dans le désert ou dans la forêt et les petits bourgeois d’Espagne, d’Angleterre, de France, de Hollande, innocents Himmlers du système, amassant de tout cela le hideux magot, le capital criminel qui fera d’eux des chefs d’industrie. Qu’on imagine tout cela et tous les crachats de l’histoire et toutes les humiliations et tous les sadismes et qu’on les additionne et qu’on les multiplie et on comprendra que l’Allemagne nazie n’a fait qu’appliquer en petit à l’Europe ce que l’Europe occidentale a appliqué pendant des siècles aux races qui eurent l’audace ou la maladresse de se trouver sur son chemin. L’admirable est que le nègre ait tenu !

Esclavage et colonisation (1948), Victor Schoelcher, éd. PUF, 1948, Introduction par Aimé Césaire, p. 17-18

Le Blanc?

L’Afrique muette n’est qu’un terrain de football. Deux équipes, toujours les mêmes, blanches toutes deux.

L’une porte les couleurs de l’administration.

L’autre les couleurs de l’homme d’affaires.

Le nègre fait le ballon.

La lutte autour du ballon est farouche.

Le Blanc de l’administration protège le nègre contre le Blanc des affaires, mais en use pour son propre compte.

Le Blanc des affaires accuse le Blanc de l’administration de faire justement avec le nègre tout ce qu’il est interdit aux autres de faire.

L’administrateur traite le commerçant de margouillat.

Le margouillat est un petit lézard qui a des ventouses aux pattes, meurt constamment de faim et happe au vol tous les moustiques d’alentour.

Le commerçant dit de l’administrateur qu’il est Denys l’Ancien, tyran de Syracuse.

L’administrateur dit que, sans lui, le commerçant dépouillerait le nègre. Le commerçant répond que si l’administrateur lui défend de dépouiller le nègre, c’est qu’il s’en charge lui-même.

Albert Londres

Terre d’ébène

(La Traite des Noirs)

 récit 1929 p. 158

Le Serpent à Plumes 1998

Elle avait entendu dire que nous étions pauvres comme des mendiants. Nous mangions du poisson salé – pas d’argent pour du poisson frais. Et cette vieille maison toute percée – nous courions avec une calebasse à la main pour attraper l’eau quand il pleuvait. Beaucoup de Blancs à la Jamaïque. De vrais Blancs, ils avaient de l’argent en or. Ils nous dédaignaient. Personne ne les voyait s’approcher de nous. Les Blancs d’autrefois n’étaient rien d’autre que des nègres blancs maintenant, et les nègres noirs étaient supérieurs aux nègres blancs.

La prisonnière des Sargasses

Jean Rhys 1966

Gallimard p 21

Je suis très heureuse à l’écoute de toute cette polémique sur la France raciste, les singes et les bananes d’avoir commencé en 2007 la rédaction de mon blog le petit lexique colonial. Le blanc est un noir comme les autres et ça commence à se voir… enfin

Pierre Serna,  directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution française (Paris I-Sorbonne) était l’invité de la Fabrique de l’histoire du 30 mars 2012. Le thème: l’actualité de la révolution française.

Il publie avec 4 autres auteurs un essai « Pour quoi faire la révolution » aux éditions Agone

Mes notes prises à la volée:pour quoi faire la révolution

La révolution est-elle finie, un sujet clôt? L’histoire de la révolution mérite d’être réinterrogée aujourd’hui. Le bicentenaire l’avait présentée comme un objet fini et clôt (François Furet et la thème du centralisme achevé avec la révolution). Une des clés est la politisation des communautés. Les peuples ne font pas la révolution de manière inconsciente. L’histoire globale telle qu’elle est brossée ne prend pas en compte l’évènement politique (cf primitive globalisation). Ne pas perdre de vue le politique à force de s’interroger sur l’économique notamment. Les révolutions sont constitutives de la globalisation. On avait oublié une partie de l’histoire en fait on a passé à la trappe les marges (les colonies, l’asservissement et l’esclavage notamment). Il faut tout repenser en terme de colonisation. La thèse de Tocqueville Pierre Serna n’en est pas convaincu. Il propose de renverser le paradigme. La construction de l’État était l’objet même de cette histoire. Serna va a contrario: mettre au cœur la souffrance, les petits, ceux dont on ne parle jamais.

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