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La modestie féminine, elle, est plus spécifique: elle consiste en une série de comportements qui « définissent » la féminité. Est féminine celle qui se montre délicate, réservée, douce, discrète. Surtout: elle sait passer en second et s’effacer derrière les hommes (son mari, son frère, son patron, etc.) Bien sûr, notre époque moderne n’encourage plus (du moins, on aime le croire) ce genre de comportements; mais nous verrons plus loin que certaines fonctions exigent encore des femmes qui travaillent parmi les hommes une réserve particulière. La modestie féminine est donc elle aussi une hiérarchisation: celle des rapports entre les hommes et les femmes.

(…) Plus familièrement, les femmes qui ont du tempérament sont des emmerdeuses, tandis que les hommes de caractère, eux, ont du leadership.

En bref, tout est mis en oeuvre pour remettre les femmes à leur place.

Pourquoi?

Pour en finir avec la modestie féminine

Pascale Navarro p 17 et 19 Edition Boréal

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Au bout du compte qu’est ce qui reste ? La pierre? Oui mais sans âme elle est froide et à part une plaque avec un nom dessus, le bâtiment public se fond dans le paysage comme une évidence et personne ne le voit plus. Ce qui restera j’en reste persuadé c’est l’écrit et je ne parle pas de l’écrit administratif, ni des programmes de festival. Il restera la voix du poète, celle du romancier, du dramaturge, du cinéaste. Voila ce qu’une communauté transmet aux générations, ça et des bâtiments publics avec des gens qui auront su leur donner une âme, une histoire. Et dans les coeurs, il restera, même silencieux et inconscients, les moments de partage et de sens. Il ne restera pas les canapés et petits fours, ni le champagne et le vin, ni les discours, ni le nombre ni la quantité. Il restera le regard émerveillé d’un enfant qui écoute l’histoire de peau d’âne, il restera les rencontres comme celle avec Christian Sabas sur la folie du monde, la voix d’Harry lisant une lettre de Sonny Rupaire à la jeunesse. Il ne restera pas les applaudissements, les communiqués de presse et les flyers qui finiront leur vie dans les poubelles. Il restera la grâce d’un moment partagé, la graine de vocation semée chez un adolescent qui ne se souviendra même plus (ou peut-être que si) d’avoir croisé la route d’un écrivain. Il restera le débat et l’échange d’idée loin des recettes toutes faites et des il faut, il suffit il n’y a qu’à. Je suis riche de ces moments de grâce, de ses moments de sens. Dans cette société du spectacle et cette course au pouvoir je suis heureuse d’être riche de ces moments de grâce. Un atelier d’écriture, l’initiation à la magie du réel, et l’envie furieuse de transmettre pour construire le pays loin des marchands de réalité toute faite et de psychose sous perfusion. Le pays se construit. Image Silencieusement. Pas besoin de manifestation, la maladie se manifeste, pas la santé, la santé se danse et se célèbre et n’a de cesse de nourrir la générosité et la création. Je n’ai rien à dire, rien à revendiquer, encore moins à réclamer à imposer. Le temps vient. Et pour une chose portée qui ne se fera pas, sa forme pensée déjà créée prépare le chemin de sa réalisation. Dans le silence. Le temps viendra. Il est déjà venu. L’ombre sculpte la lumière. La lumière sculpte l’ombre. Qu’est ce qu’il restera?

La grâce.

Jean Baptiste Lazare

On ne doit punir les commandeurs qu’après de mûres réflexions. Il faut auparavant épuiser la ressource des menaces en particulier. La crainte du châtiment, et plus encore celle de perdre leur état doit faire plus d’impression sur eux que sur les autres nègres.

(…)

Quelque talent  qu’ait un commandeur il ne faut pas hésiter à le destituer s’il est prouvé  qu’il a suborné  la femme d’un autre nègre (en réalité on n’appliquera jamais ces ordres. Le commandeur Jean-Baptiste n’a pas dû avoir ses 60 enfants de sa femme, ni de jeunes filles). Ce crime doit être impardonnable ou l’on s’expose aux plus grnads malheurs. Dans ce cas le châtiment doit être de la plus grande sévérité et en présence de l’atelier assemblé. Il faut le punir d’un abus d’autorité aussi dangeureux, et comme il serait à craindre qu’un nègre habituer à commander ne pût se plier à l’obéissance, et qu’il ne conçut le désir de se venger, il faut le condamner à la chaîne pour longtemps, qu’il soit mis à la barre de manière à ne pouvoir s’en évader sans réveiller le nègre qui serait auprès de lui et qui en répondrait. Après un châtiment long et exemplaire, si le nègre s’est bien conduit et qu’il soit un sujet utile, on peut le rétablir dans son poste. Si on ne le juge pas convenable il faut lui confier quelque poste de gardien de vivres ou autres.

Les esclaves aux Antilles françaises 17ème et 18ème siècles

Gabriel Debien 1974 p 129

On dira que le despote assure à ses sujets la tranquillité civile; soit: mais qu’y gagnent-ils, si les guerres que son ambition leur attire, si son insatiable avidité, si les vexations de son ministère les désolent plus que ne feraient leurs dissensions? Qu’y gagnent-ils, si cette tranquillité même est une de leurs misères? On vit tranquille aussi dans les cachots: en est-ce assez pour s’y trouver bien? Les Grecs enfermés dans l’antre du Cyclope y vivaient tranquilles, en attendant que leur tour vint d’être dévorés.

Jean-Jacques Rousseau (1762) Du contrat social ou principes du droit politique Chapitre 1.4 de l’esclavage

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