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Pour votre information, la conférence en objet et ci-dessous.
Vous remerciant d’avance de la diffusion à vos contacts et de votre présence éventuelle,
 
 
Dans le cadre de son cycle de conférences, Regards sur l’histoire coloniale, la bibliothèque universitaire du campus de Camp-Jacob (Saint-Claude) vous propose dans ses locaux ce mercredi 5 juin, 18h :
 
« Du Code Noir au Chlordécone :
l’héritage colonial ou du monstre juridique au monstre chimique »
 
Intervenant : M. Jean-François NIORT, Maître de conférences en Histoire du Droit et des institutions (Faculté des Sciences juridiques et économiques de la Guadeloupe), Responsable du département Histoire du Centre d’analyse géopolitique et international (CAGI, CRPLC pôle Guadeloupe) et du Groupe de recherche en Histoire du Droit et des institutions de l’Outre-Mer (GREHDIOM).
Résumé :
Le propos sera de montrer – textes historiques à l’appui (notamment un mémoire du roi aux administrateurs de La Martinique de janvier 1765) – que du Code Noir au Chlordécone, prévaut aux Antilles françaises la même logique « coloniale », malgré l’apparente « décolonisation ».
Cette attitude, fondée sur la subordination économique de la colonie à sa métropole, en instaurant un modèle agricole fondé sur l’exportation commerciale et non la satisfaction des besoins locaux et le développement de l’économie locale, a dans les deux cas conduit à deux « monstres », l’un juridique, l’autre chimique, par le même processus de dérogation au droit commun national.
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Communiqué de la Casa del Tango
 
Nous vous invitons à notre prochain café-débat qui se tiendra le  jeudi 30 mai 2013 à la Casa del  tango, 651 rue Alfred Lumière à Jarry à partir de 19 heures.
 
Thème:
 
Les accusations de poison et sorcellerie : un révélateur du système de croyances dans la société esclavagiste
 
Par Caroline Bastide
(Docteur en histoire) 
 
  
Le « crime d’empoisonnement » dans la société esclavagiste de la Guadeloupe et de la Martinique peut être appréhendé comme un fait social total, au sens de Mauss, c’est-à-dire un phénomène qui met en branle la totalité des institutions d’une société (économiques, juridiques, magico-religieuses). Dans cette intervention, nous concentrerons notre attention sur les croyances en la sorcellerie qui fondent la plupart des accusations de « crime d’empoisonnement » formulées contre les esclaves.  Les représentations autour des « poisons et maléfices » n’apparaissent pas ex nihilo. Elles se construisent dans la rencontre, marquée du sceau de la domination, entre les colons d’origine européenne et les esclaves originaires de diverses régions d’Afrique. Les uns et les autres sont détenteurs de systèmes de croyances ancestraux en la sorcellerie qui vont se modifier dans une confrontation violente pour produire de nouvelles représentations.

Caroline Oudin-Bastide:
Publications : Travail, capitalisme et société esclavagiste, La Découverte, 2005
Des nègres et des juges, la scandaleuse affaire Spoutourne, Editions Complexe, 2007
L’effroi et la terreur,Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles, La Découverte, 2013.

Le poison! C’est-à-dire l’empoisonnement organisé des bestiaux par les esclaves. Aux îles, on dit: le poison, comme nous disons: la peste, le choléra; c’est une maladie de pays à esclaves; il est dans l’air, la servitude en a changé l’atmosphère des colonies, de même que les miasmes pestilentiels la chargent de fièvre jaune. Le poison est une arme terrible et impitoyable aux mais des noirs, arme de lâches, sans doute, à laquelle l’esclavage les condamne.

Lucien Peytraud (1858- 1?)

L’esclavage aux Antilles françaises avant 1789 d’après des documents inédits des archives coloniales p317

Le Code Noir avait été promulgué en 1685. Un siècle plus tard, en 1788, l’affaire Le Jeune mit à nu les réalités de la loi et de la justice esclavagiste à Saint Domingue. Le Jeune était un planteur de café de Plaisance. Suspectant les empoisonnements d’être la cause de la mortalité parmi les nègres, il assassina quatre d’entre eux et tenta d’arracher par la torture des aveux à deux femmes. Il leur brûla les pieds, les jambes et les sourcils, en alternant torture et promesses. Il n’obtint aucun aveu et menaça tous ses esclaves qui parlaient français de mort sans pitié s’ils tentaient de le dénoncer. Mais Plaisance situé, située dans la province très peuplée du Nord, était une des régions où les esclaves étaient les plus avancés, et quatorze d’entre eux se rendirent au Cap, où ils déposèrent une plainte contre Le Jeune. Les jugent furent obligés d’accepter la plainte. Ils désignèrent une commission qui fit une enquête à l aplantation Le Jeune et confirma le témoignage des esclaves.

Les Jacobins Noirs et la révolution de Saint Domingue
P. I.R. James
Gallimard 10ème édition 1949 p20

Depuis un an qu’il est question de ma sortie de Bonrepos, écrit le gérant le 15 août 1782, les nègres de cette habitation m’ont donné une peine incroyable pour les contenir et ce n’est que par le plus heureux hasard que j’ai échappé le jour de la Pentecôte à l’affreux complot qu’ils avaient formé de me détruire ainsi que toute ma famille. Une blanchisseuse fut surprise dans mon office à l’eau, prête à empoisonner mes jarres. Elle s’enfuit et jeta au vent la poudre qu’elle tenait à la main.  Mais l’ayant fait arrêter et mettre à la question dans une étuve* (où pour ne pas révéler son secret elle essaya de se pendre) elle m’avoua que le premier commandeur, son oncle, lui avait  donné cette poudre pour mettre dans mes vases, et que sur la demande qu’elle lui fit du but de sa démarche, il lui avait répondu qu’elle tendait à m’inspirer de l’indulgence pour une mulâtresse, autre parente, que je voulais mettre au jardin (cette mulâtresse servait donc à la grand’case) pour avoir méchamment fait une fausse couche forcée. Ce commandeur et la mulâtresse ont constamment nié n’avoir aucune part au forfait de la blanchisseuse et la justice eût pu seule découvrir la vérité. Mais ce moyen était terrible et eût pu faire découvrir une foule de complices et ruiner M. Brancas, à qui je me suis contenté de rendre compte, ainsi que de la précaution que je prenais de faire enchaîner et enfermer ces trois monstres.

*bâtiment isolé où l’on faisait sécher les formes de sucre

Les esclaves aux Antilles françaises 17ème et 18ème siècles

Gabriel Debien 1974 p 130

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