archive

Archives de Tag: haiti

Au coeur de la révolution haïtienne menant à l’indépendance en 1804, il y avait un important instrument de résistance: la machette. Cet outil utilisé dans l’agriculture florissante de la colonie de Saint-Domingue a été transformé par les esclaves en une arme de lutte pour la liberté. Plus de deux cents ans plus tard, cet art martial n’a pas disparu. Il est encore pratiqué à la campagne, dans quelques-unes de ces localités si reculées qu’on appelle “andeyò” (en dehors). Le documentaire Papa Machete fait rayonner cette semaine au Festival de Film de Sundance de 2015 cette tradition vivante du peuple haïtien. Entretien avec le Barbadien Jason Fitzroy Jeffers, un des producteurs de ce court-métrage.

Un film sur un art martial tellement peu connu

Publicités

Mais la forêt elle-même était pleine d’esprit. Je l’ai senti en marchant dans l’ombre jusqu’aux derniers arbres. J’étais plus loin, mais je continuais à tourner autour du poteau mitan. Ils étaient si nombreux à remonter de l’Ile Sous la Mer. Je savais qu’en ne comptant que les vivants, nous étions déjà dix fois plus que les Blancs. Les Blancs le savaient eux aussi, et ils avaient peur – c’était cette peur qui tenait le fouet. Mais ce que les Blancs ignoraient, c’était que tous ceux qu’ils tuaient restaient auprès de nous. Et ils nous avaient tués en si grand nombre, déjà, qu’il y avait parmi nous cent morts pour un vivant. Un Blanc meurt et disparaît, mais nos morts à nous ne nous quittent jamais, ils restent là parmi les Invisibles. Ils arrivaient maintenant, tous les Invisibles, à travers le miroir depuis le fond de l’eau, et chaque arbre de Bois-Caïman devenait un poteau mitan pour le recevoir.

Madison Smartt Bell

Le soulèvement des âmes (All souls rising)

Ediitions Actes Sud 1995 p148

Toussaint, arrivé sans bruit par la porte du fond, s’immobilisa devant lui. Il avait retiré son chapeau de cocher, mais un mouchoir noué sur sa nuque recouvrait presque complètement ses cheveux grisonnants. Il baissait la tête avec un sourire poli, le regard levé vers le sieur Maltrot mais le visage tourné vers le sol.

Te voici… répéta le sieur Maltrot en faisant un pas vers lui. Une belle réussite de notre système, de ton maître et du comte de Noé… Eh bien, qu’en dis-tu?

Doucement allé loin répondit Toussaint. Son sourire s’éteignit avec ses paroles.

Aussi juste que bien dit. Oui, et le monde, un jour, appartiendra aux humbles. C’est notre espoir à tous, n’est-ce pas? Il donna une claque sur l’épaule de Toussaint en se tournant à demi pour associer Bayon de Libertat à sa remarque. Tu es un bon nègre, je le sais. S’ils étaient tous comme toi, nous n’aurions pas le moindre problème.

Madison Smartt Bell

Le soulèvement des âmes (All souls rising)

Ediitions Actes Sud 1995 p78

« Sacré lascar, cet Arnaud, dit le sieur Maltrot. Vaniteux, complaisant avec lui-même, rien moins qu’idiot sans doute, concupiscent, impulsif, cruel, téméraire, égoïste et irresponsable – un authentique créole, en somme. »

Madison Smartt Bell

Le soulèvement des âmes (All souls rising)

Ediitions Actes Sud 1995 p77

Poser ensemble la question des « réparations »

*  *  *

Publié le jeudi 06 août 2015 par João Fernandes

RÉSUMÉ

L’histoire de la Caraïbe a besoin de s’écrire au-delà de la réalité des petites parcelles, tant de fois séparées par un bras de mer. Comment inventorier les expressions du morcellement pour écrire notre histoire commune ? D’Haïti à Trinidad et Tobago en passant par Saint Kitts et Navis, la Dominique ou la Martinique, quelles sont les ressemblances ? La langue du grand compromis sera-t-elle l’anglais ou le créole ? CARIFESTA est l’occasion d’en discuter, pour commencer à créer des contenus, à donner des contours.

ANNONCE

Argumentaire

L’histoire de la Caraïbe a besoin de s’écrire au-delà de la réalité des petites parcelles, tant de fois séparées par un bras de mer. Comment allons inventorier les expressions du morcellement pour écrire notre histoire commune? D’Haïti à Trinidad et Tobago en passant par Saint Kitts et Navis, la Dominique ou la Martinique, quelles sont les ressemblances ? La langue du grand compromis sera t-elle l’anglais ou le créole ? CARIFESTA est l’occasion d’en discuter, pour commencer à créer des contenus,  à donner des contours. Les assemblages géographiques peuvent être des hasards, l’important c’est d’assumer ces hasards et d’en faire des opportunités. Nous sommes tous des enfants d’un voyage, commencé quelque part, particulièrement sur le continent africain, dans des conditions obscures, quelque chose qui relève du crime, du mercantilisme, qui a laissé une blessure ouverte, saignante, un sentiment de grande injustice et d’impossible raccommodement.

Haïti est la première République noire indépendante du monde. Peu importe ce qui s’est passé au cours de ces dernières 211 ans ; qu’il s’agisse de désastres naturels, politiques ou  sociales, rien ne peut effacer cette épopée qui a défié le colonialisme et le racisme mais aussi confirmé ce qui participe de la construction de toutes les démocraties. Autant d’actions abouties qui ont porté toutes les révolutions  visant à l’épanouissement de l’homme et de la femme : nous naissons tous libres et égaux en droit, peu importe notre race, notre origine sociale et nos idées.

La plus grande manifestation culturelle caribéenne, CARIFESTA, se tient en Haïti du 21 au 31 août 2015. Toutes les expressions culturelles seront au rendez-vous. La parole aussi. Haïti est un lieu de paroles. Nous avons tellement à nous dire, à inventer et à consigner.Les 25 et 26 août, intellectuels, historiens, écrivains, éditeurs caribéens se retrouvent autour du thème « La Caraïbe, une mémoire collective», à la Bibliothèque Nationale d’Haïti, de 10 heures à 16 heures ». Pour écrire cette mémoire collective Caribéenne, faudra-il apprendre à mieux nous connaître, faudra-il ouvrir les frontières et parler sans détours de nos préjugés.

Faudra t-il aussi faire la paix avec notre passé commun de déportés, d’esclaves et obtenir réparation des anciennes puissances coloniales. Comment voyons nous et envisageons nous cette réparation ? Quelles formes doit-elle prendre? L’érection de monuments, les regrets et les excuses peuvent-ils contenter les descendants d’esclaves ?

Par un hasard de calendrier le plus grand événement culturel de la Caraïbe, CARIFESTA, se tient en Haïti alors que le pays commémore le centenaire de l’occupation américaine qui a duré 19 ans. Haïti est l’un des pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe à avoir subi l’occupation des Etats Unis d’Amérique du Nord. Ce hasard aussi est une opportunité, celle de discuter des conséquences des occupations sur les peuples, de métissage, d’afro descendance, d’actions communes pour solliciter et obtenir réparations.

Les intellectuels, écrivains, historiens, universitaires donneront le ton. Haïti est le territoire idéal pour débattre « des belles possibilités caribéennes ».

Programme

25 août 2015

Bibliothèque Nationale d’Haïti

9h30- 9h45 : Accueil des participants

9h45- 10h : Petit déjeuner sur place

10h-10h20 : Mots d’ouverture d’Emmelie Prophète, Directrice de la Bibliothèque Nationale d’Haïti, Responsable de Communication de Carifesta

Panel 1 : Mémoire collective et littérature dans la caraïbes

  • 10h20-10h50 : Lyonel Trouillot, « L’avenir de la Caraïbe, stratégies de connexion et de déconnexion », écrivain, professeur,Key note speaker
  • 10h50-11h20 : Earl Lovelace, écrivain, professeur, Président de l’Association des écrivains de la Caraïbe, Key note speaker
  • 11h20- 11h40 : Pierre-Michel Chery, « Èske Ayiti se yon sivilizasyon apa », écrivain

11h40-12h10 : Discussions par Emmelie Prophète, écrivain, journaliste, Directrice de la Bibliothèque Nationale d’Haïti et du Bureau Haïtien du Droit d’Auteur

12h10-13h : Pause déjeuner

Panel 2 : Langues, création et imaginaire social dans la Caraïbe

  • 13h-13h20 : Renauld Govain, « Pour une , créolophonie caribéenne intégrative », Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en linguistique, Key note speaker
  • 13h20-13h40 : Ena Eluther, « Afrique, Amérique, Caraïbe et Europe, des relations tendues : Le choc de l’acculturation », Professeur certifié de créole,
  • Docteur ès lettres, Spécialiste de littératures caribéenne et africaine.
  • 13h40-14h00 : Benjamin Franklin, « Régimes de mémoires culturelles en Haïti »,Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Doctorant en philosophie à l’Université Paris 8.
  • 14h-14h20 : James Rose, «Carifesta and trends in Caribbean Theatre», Ph.D.

14h30-14h50 : Discussions par Herby Glaude, enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en linguistique.

14h40-14h50 : Pause-café

Panel 3 : Afro descendance, migration et développement dans la Caraïbe

  • 14h50-15h10 : Dr. Marcia Burrowes, « Masquerade, Memories, Identities- Psychological Maronnage in a Sterile Colonial Environment», Key note speaker
  • 15h10-15h30 : Sandrine Hilderal-Jurad, « La Caraïbe : territoires, mémoires et devenir », Géographe-Urbaniste (Ph.D.), Centre de Recherche sur l’Habitat, LAVUE UMR CNRS 7218
  • 15h30-15h50 : Sydney Bartley, « The ritualization of memory : A cultural policy imperative ».

16h-16h20: Hancy Pierre, «Migration et culture dans la Caraïbe. Des voisins indifférents à la relation dialogique », Professeur à l’Université d’État d’Haïti.

16h20-16h40 :Discussions par Maud Laethier, Anthropologue, chargée de recherche à l’IRD et membre de l’Unité de Recherche « Migrations et Société » (URMIS/IRD/Paris-Diderot), enseignante à la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti

16h40 : Cocktails

26 aout 2015

Bibliothèque Nationale d’Haïti

9h30- 9h45 : Accueil des participants

9h45- 10h : Petit déjeuner sur place

Panel 4 : Mémoire, esclavage et postcolonialisme dans la Caraïbe

  • 10h-10h30 : Tierry L’Etang,« Développement culturel et économique : le Mémorial AC Louimann Te, un défi guadeloupéen au service de la Caraïbe »,chef de projet culturel et scientifique du Mémorial ACTe, Key Note speaker
  • 10h30-10h50 : Joseph Sony Jean et Katarina Enggist « La Caraïbe connectée à travers les dynamismes culturels amérindiens », Doctorant en archéologie à Leiden University et Doctorante en Archéologie à Leinden University .
  • 10h50-11h20 :Marie-Héléna Laumuno, Dominique Cyrille et Lena Blou, « Le gwoka pilier de la culture guadeloupéenne – conférence à trois voix ».
  • 11h20-11h40 : Jerry Michel, « Des nouveaux lieux de mémoire au service et à l’épreuve de la fabrique des identités dans la Caraïbe », Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Doctorant en sociologie à l’Université Paris 8 et à l’Université d’État d’Haïti, CRH-LAVUE UMR 7218 CNRS, LADIREP, CRIMEX.

11h40-12h10 : Discussions par Jean-Evenson Lizaire, Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Doctorant en Science de l’Education à l’Université Paris 13 et à l’Université d’État d’Haïti, LADIREP.

12h10-13h10 : Pause déjeuner

Panel 5 : Poser la nécessaire question des réparations aux anciennes puissances coloniales

  • 13h10-13h40 : Laënnec Hurbon, « La Caraïbe et sa mémoire comme projet», Directeur de recherche au CRNS, professeur à l’Université d’État d’Haïti et à l’Université Quiskeya, Key note speaker
  • 13h40-14h : Jean Waddimir Gustinvil, « Violence et imaginaire du corps noir dans la mémoire collective caribéenne », Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en Philosophie, LADMA
  • 14h-14h20 : Edelyn Dorismond« La Caraïbe : esclavage, mémoire et créolisation », Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en Philosophie, LLCP, LADIREP

14h20-14h50 : Discussionspar Odonel Pierre-Louis, Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en philosophie, LADMA

14h50-15h : Pause-café

Panel 6 : Mémoire et occupation étatsunienne dans la Caraïbe

  • 15h-15h20 : John Picard Byron« Penser/panser le choc. Un intellectuel haïtien face à l’occupation de 1915. Discussion entre l’explication externe (par la dynamique expansionniste du capitalisme mondial) et l’explication interne (par le déficit de l’État-nation) », Enseignant-chercheur  à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en ethnologie et patrimoine, LADIREP ;
  • 15h20-15h40 : Eddy Lucien, « Les occupations américaines à Cuba, à Saint-Domingue et en Haïti : entre fonctions de production sucrière et de fournisseur de main d’oeuvre », Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Docteur en Histoire, LADMA.
  • 15h40-16h : Jean-Léon Ambroise, « Le projet régional : Un défi (post)colonial »Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti, Doctorant en science politique à l’Université Paris 8, LADIREP, CRIMEX.

16h-16h30 : Discussions par Rodeney Cirius, Enseignant-chercheur à l’Université d’État d’Haïti.

16h30 : Mots de clôture et cocktails

Coordination

  • Emmelie Prophète mycoje@yahoo.fr
  • Jerry Michel emmelie.prophete@gmail.com

Adresse

Bibliothèque Nationale d’Haïti
180, rue du centre, Port-au-Prince, Haïti
Contacts : (+509) 4701-2118/ (+509) 3759-3951

LIEUX

  • Bibliothèque Nationale d’Haïti – 180, Rue du Centre
    Port-au-Prince, Haïti

DATES

  • mardi 25 août 2015
  • mercredi 26 août 2015

MOTS-CLÉS

  • mémoire, esclavage, afro descendance, occupation, Caraïbes, Haïti

CONTACTS

  • Jerry Michel
    courriel : mycoje [at] yahoo [dot] fr
  • Emmelie Prophete
    courriel : emmelie [dot] prophete [at] gmail [dot] com

URLS DE RÉFÉRENCE

SOURCE DE L’INFORMATION

  • Jerry Michel
    courriel : mycoje [at] yahoo [dot] fr

POUR CITER CETTE ANNONCE

« La Caraïbe, une mémoire collective », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 06 août 2015,http://calenda.org/336730

Read More

Elle ne voulait plus être une femme aux pieds nus et tenait à le prouver à Tertulien, à Dorcélien avec ses aires de chef accompli, aux dames de Roseaux et de Baudelet, Mme Yvenot et Mme Fretillon. Et, à force de douleurs, d’ampoules et d’égratignures, elle finit par apprivoiser ces corps étrangers qui, en bridant une liberté de seize ans, firent d’elle une femme à chaussures.

Bain de lune

Yanick Lahens Sabine Wespieser Editeur p100

J’aime quand tes bras descendent lentement le long de mon dos, sans colère ni sarcasme, quand tes mains entoure ma tendresse et ma force.

Je jure que tu as souri ce matin, de ce sourire silencieux des femmes lorsque les hommes s’abandonnent . Alors je veux t’offrir un peu de ma fatigue d’homme.

Et puis j’aime tes murs, Nathalie. Tu ne peux pas savoir à quel point. Ta maison sent la vie, Nathalie, comme ton sourire grave et ensommeillé, tes rires subits, ton effronterie, ton obstination.

Ton lit me manque déjà pour y allonger mon désir de toi. Comme me manque ta douceur ensoleillée tout en bas, tout en bas, pour y ancrer doux et fort mon amertume d’homme de cinquante ans.

Guillaume et Nathalie

Yanick Lahens Sabine Wespieser Editeur p145

%d blogueurs aiment cette page :