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La vie de la colonie

A propos du Mémorial acte.

LETTRE OUVERTE

S’il vous plait,   OU peut-on se procurer le ou les documents qui rappellent que Luc Reinette est l’initiateur d’un projet intitulé Mémorial Acte ?

Dates et circonstances documentées de l’engagement de la Région dans la réalisation du dit Mémorial Acte.

Concernant le financement de l’opération, quelles sont les parts respectives de la Région Guadeloupe et de l’Etat ?

Existe-t-il d’autres partenaires  institutionnels ou privés ? A quelle hauteur ?

Est-il vrai que le budget initial est passé de 40 000 000, oo d’euros à

104 000 000,oo d’euros ? Somme envisagée par certains comme provisoire ?

Sur quels critères se sont appuyés les choix concernant la réalisation du projet en un seul lieu, avec une telle amplitude ? Read More

Si je pose cette question « Pourquoi fêter Noêl ? » c’est que quoiqu’issu depuis ma naissance d’une tradition où cette fête de fin d’année a une grande importance, un certain doute m’envahit aujourd’hui. Autant avouer que le sens de cette tradition culturelle est perdu pour moi.
Il faut dire que j’ai été impressionné par la spectaculaire manifestation organisée à Baie-Mahault par les patrons du supermarché de Destrellan. Reconnaissons que ces derniers ont fait preuve de grande imagination. Ils avaient invité la population à venir consommer sans pwofitasyon, de 4.30 du matin jusqu’à 8.30 c’est-à-dire que durant ce laps de temps les prix étaient baissés. Tout cela dans le respect de nos « mœurs et habitudes » -selon l’expression rendue célèbre en créole par Elie Domota-  car était prévu un grand « chanter Noël ». Résultat : près de 8 000 personnes (les enfants avaient été réveillés en pleine nuit pour accompagner les parents) se bousculaient dès quatre heures du matin aux portes du supermarché. De quoi rendre le leader du LKP (ou de ce qu’il en reste) perplexe car la dernière manifestation de rue organisée ce même mois de décembre par presque toutes les organisations syndicales de Guadeloupe n’avait réuni que 2 000 personnes à peu près.

Le succès des capitalistes de Destrellan est grand. Ils ont eu l’audace de mélanger consommation, question sociale, tradition culturelle et voire même une certaine religiosité dans cette étrange messe matinale. Il y a eu comme une translation, de la rue vers ce nouveau temple que constitue le supermarché. Si Jésus avait  chassé les marchands du temple, les patrons de Continent ont fait du marché un nouveau temple en y intégrant tout de même les fêtes de la Nativité. Ainsi a-t-on pu voir, parmi les  fidèles se précipitant à l’ouverture des portes, en première ligne, une femme poussant son bébé avec une allégresse indescriptible, comme en une sorte d’offrande sacrificielle. Comme une nouvelle madone ou vierge à l’enfant et il nous manque un Boticcelli guadeloupéen pour immortaliser la chose en une œuvre d’art. Les marchands de Destrellan ont pris leur revanche. On ne sait pas très bien ce (voir texte complet  en pièce jointe)

Lien :

Deux hommes, les frères Yacoub, sur un vol d’Air Caraïbes Fort-de-France-Paris.
Passagers détenteurs d’une carte Or, le personnel de bord les connaît bien, ils voyagent souvent car commerçants, ils possèdent une boutique à Fort-de-France.
Français d’origine palestinienne et libanaise, leurs parents, arrivés à la Martinique en 1940, ils sont bien intégrés dans la société martiniquaise (l’un d’entre eux, chrétien, a épousé une martiniquaise). Georges Yacoub, un autre frère élu au Conseil municipal de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, dit « on est antillais, on vit ici, cette culture fait partie de nous. Tout mon engagement politique est justement de montrer à la communauté antillaise que nous sommes là et qu’on veut participer à la vie sociale de notre pays ».

Un autre passager du vol, lui aussi arabe, en allant aux toilettes, reconnaît un de ses amis (ils sont eux aussi commerçants), Bassim Achour qui voyage tous les mois à Paris pour son business, le salue en arabe et Bassim, voyageant seul, demande à l’hôtesse l’autorisation de s’asseoir aux côtés de son ami. Sans problème. Qui d’entre nous ne l’a jamais fait en reconnaissant un(e) ami(e) sur le vol avec une place de libre à ses côtés… le vol est long ça fait passer le temps de parler à quelqu’un qu’on connaît..

En prévision du décalage horaire sans doute une fois arrivé à Paris, Bassim règle sa montre, et comme de coutume lorsqu’ils sont entre eux, ils parlent en arabe (tout comme nous parlons créole quand nous nous retrouvons entre nous ici ou à Paris) de tout, de rien et évoquent la situation en Syrie (qui n’en parle pas en ce moment ? mais n’ont jamais parlé de bombe). Quoi de plus banal ?

Une femme blanche assisse derrière eux croit connaître l’arabe et prétend les avoir entendu tenir des propos inquiétants, parler de bombe, et la montre que Bassim avait réglée… c’était pour déclencher la fameuse bombe !!! je conseillerais à cette femme de se reconvertir en écrivaine de romans à suspens… succès assuré !
Convaincue que ces hommes envisagent de faire exploser l’avion, elle alerte le personnel de bord qui alerte le pilote qui prend la décision de faire demi-tour après une heure de vol et alerte la police.

Un déploiement impressionnant de forces de police lorsque l’avion se pose sur le tarmac.

La police monte à bord, menotte les supposés « terroristes » et les arrête, suspectés d’avoir eu l’intention de faire exploser l’avion !!! tout simplement ubuesque ! Les passagers sortent leur téléphone portable et les mitraillent, une femme les traite de « terroristes ».

la suite de l’article sur Politiques Publiques

Plus dangereuse est une autre passion que j’ai à signaler, celle des liqueurs fortes, du tafia et du rhum: elle menace tous les éléments des populations d’une dégénération plus ou moins prochaine, si l’autorité n’y met bon ordre. En bas, on boit jusqu’à s’enivrer crapuleusement; en haut « pour couper la soif », sans comprendre que l’ingurgitation trop répétée des grogs au rhum mène en droite ligne à l’alcoolisme. Mon ami, le docteur Cornilliac, a jeté le cri d’alarme dans un vigoureux article, publié l’an dernier par le journal Les Colonies. J’ai écrit moi-même ce que j’avais à dire sur ce déplorable sujet, dans mes études de criminalité créole: je n’ai donc ici qu’à mentionner l’habitude fâcheuse à laquelle prédisposent et le climat et la nature particulière des productions indigènes.

Armand Corre Nos Créoles 1890 source Gallica

Que souhaitez-vous de plus? dit la droite, quelle idée de mettre des bombes? (…) Quel est donc ce problème? Il ne relève pas du droit commun, mais du politique. il réside dans la situation paradoxale suivante: plus la démocratie française se développe ici, et plus la colonisation se renforce. (…) Le paradoxe est le suivant: si nous jouissons exactement des mêmes libertés formelles qui les citoyens français, la loi qui est violence légitimée ne fonctionne pas de la même manière dans la conscience du Français que dans celle du Guadeloupéen. Car si les lois et les acquis démocratiques en France résultent de l’histoire même du peuple français, si leur légitimité s’impose aux français, c’est parce qu’ils sont aussi les conquêtes des luttes populaires françaises. En Guadeloupe, ils sont toujours marqués du sceau indélébile d’une certaine illégitimité parce que relevant d’une extériorité certaine. Ils ont été introduits ici par la violence de la colonisation et le statut de l’esclavage.

L’auteur cite Jacky Dahomay philosophe Guadeloupéen

François- Xaiver Guillerm (In) dépendance créole Editions jasor 2007 p 18

La nuit bleue dont vient d’être victime la Guadeloupe confirme que la période de troubles et de violences, débutée en 1980, n’est pas terminée. Elle ne s’achèvera qu’en 1988. L’Alliance révolutionnaire caraïbe (ARC) a revendiqué les cinq bombes, comme elle l’avait déjà fait avec les seize attentats de la nuit du 27 au 28 mai 1983: à Paris, un bureau d’emploi pour les travailleurs des DOM avait été visé. En Martinique, quelques dégâts avaient été occasionnés dans une agence de la Compagnie Air France. En Guyane, un homme était mort au cours de l’explosion sur la place du Coq, à Cayenne. En Guadeloupe, le tombeau de Richepance, au cimetière de Basse-Terre, le conseil régional, la perception de Capesterre-Belle-Eau, les locaux de la compagnie de gendarmerie et le palais de justice de Basse-Terre, celui de Pointe-à-Pitre, la mairie de Bouillante et la gendarmerie d’Anse-Bertrand avaient été les cibles d’attentats à la bombe. La première revendication de l’ARC indiquait clairement la couleur:

Nous déclarons solennellement que désormais plus rien ne sera comme avant et que, jusqu’à l’indépendance totale de nos pays, nous n’aurons de cesse de harceler et de frapper notre ennemi commun: le colonialisme français et ses collaborateurs locaux, où qu’ils se trouvent. Le peuple de France, fidèle à ses idéaux et à ses traditions démocratiques, comprendra les raisons et la portée de notre lutte. il lui appartient d’imposer à ceux qui le dirigent de prendre en compte l’aspiration de nos peuples respectifs à la reconnaissance de nos droits nationaux. Pour notre part, nous sommes déterminés à aller jusqu’au sacrifice de nous-mêmes si c’est le prix de la liberté, et reprendre le cri de nos pères: la liberté ou la mort.

François- Xaiver Guillerm (In) dépendance créole Editions jasor 2007 p 15

(…) Un grand moment qui a d’ailleurs été un nouveau point de départ pour nombre de jeunes Guadeloupéens qui avaient vécu – ou pas – ces évènements mais qui, dès lors, ont éprouvé un profond ressentiment à l’encontre du pouvoir français et de ses symboles. Le massacre de mai 1967 (87 morts, selon le ministre des Colonies Lemoine) s’inscrivait dans une continuité historique tragique et succédait à celui de mai 1802, à Baimbridge, qui vit périr Ignace et cinq cents des siens harcelés par les soldats français. Matouba, sans être un massacre, a été un haut lieu de sacrifice où les Guadeloupéens sont morts par centaines, également en 1802,  sur l’autel de la liberté.

Nous disions que la période dite « de violence », qui va de 1980 à 1990, semble occultée par nombre de Guadeloupéens, et cela est vrai comme est vrai le fait que, pendant des décennies, ils ont totalement occulté leur passé d’esclave qu’ils redécouvrent aujourd’hui avec une certaine fierté.

Nous ne savons pas pourquoi ces Guadeloupéens éprouvent une gêne à parler en public des évènements qui ont marqué les « années de violence alors que tous s’accordent à dire qu’elles s’inscrivent dans notre histoire collective.

Préface de Luc Reinette

 

(…) La France n’est pas seulement aimée des Antillais, elle n’est pas « l’autre aimée ». Elle est la mère, la mère patrie! Nulle sensiblerie, nulle naïveté dans cette affirmation, mais l’expression d’une réalité vécue, sentie, expérimentée par l’immense majorité de nos compatriotes. Les avatars de l’histoire du XXe siècle ont fait cependant surgir, chez certains d’entre nous, une contestation de cette réalité que je viens de rappeler. Les deux Guerres mondiales, qui ont affaibli l’Europe et durement affecté le socle spirituel de notre civilisation, le développement de cette espèce d « Islam politique » pour employer l’expression de notre compatriote Jules Monnerot, que fut le communisme, avec Moscou comme équivalent de La Mecque, ont créé le désordre dans certains esprits fragiles accessibles aux propagandes sommaires. Ainsi c’est créé un courant politique séparatiste antillais se réclamant de l’histoire, mais à rebours de toute notre histoire. Bénéficiant de ceux qui, en Europe, travaillaient pour la Révolution et non pour le bonheur des hommes, ce courant, qui connut son apogée dans les années 1970-1980, a perturbé la vie de nos îles, brouillé les rapports humains, suscité des antagonismes qui n’avaient pas lieu d’être. En cette régression, il perdure encore aujourd’hui, sous certaines formes, notamment un pseudo-syndicalisme de combat.

François-Xavier Guillerm s’est attaché à décrire l’action de ces enfants perdus de la Guadeloupe.  (…)

Décrivant l’idéologie séparatiste, il a montré qu’elle reposait, notamment, sur une conception d’une idée de l’identité antillaise, jugée incompatible avec l’appartenance à la Nation française. Intégrisme identitaire, à mes yeux, qui débouche sur l’exclusion de tout ce qui n’est pas « natif-natal », sur le racisme et la xénophobie. Il évoque, à l afin de son livre, la campagne raciste, notamment par voie d’affiches, qui fut menée en 1999-2000 par un gropuscules séparatistes: « Woué (sic) blan ka débaké » , « Fransé déwo! », etc.

C’est la même dérive criminelle qui se développe en Corse, chez des gens de même structure mentale, rabougrie et complexée, et qui aboutit à ces inscriptions murales en langue régionale corse: « Arabi fora » ou à la tentative d’assassinat de l’imam de Sartène.

Nous avons connu cela en Guadeloupe. Dieu veuille que tout cela relève définitivement du passé.

Préface d’Edouard Boulogne

 

Des bombes ont sauté en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Paris, dans les années 80. Il y a eu des morts, des blessés, des otages, des interpellations… Dans l’ombre, des négociations ont été menées… Pourtant, cette histoire politique et sociale récente n’a jamais été racontée. Une chape de plomb recouvre encore les mémoires sur cette période trouble.

4ème de couv de l’essai de François-Xavier Guillerm (In) dépendance créole aux éditions Jasor 2007.

 

 

 

En 1965-1966, le GONG c’est un peu tout cela: c’est un mythe, une rumeur, un état d’esprit; mais c’est aussi la réalité d’une organisation de quelques dizaines de militants seulement, fermement décidés à impulser le combat national et à se sacrifier pour que la Guadeloupe devienne « libre, souveraine et heureuse…(Charte du GONG  juin 1963).

Quatre années seulement s’étaient écoulées depuis le jour où, le 23 juin 1963, au 6 bis de la rue Rougemont, à Paris, dans une salle prêtée par la FEANF ( Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France), s’était tenue cette réunion qui avait vu la fondation officielle du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG). Ce jour-là, la soixantaine de militants anti-colonialistes, anciens militants de l’AGEG (Association Générale des Etudiants Guadeloupéens) ou encore membres de cette organisation la plupart, travailleurs émigrés et soldats fraîchement démobilisés d’Algérie pour d’autres, adoptait définitivement la charte de l’organisation.

« Mé 67 » seconde édition  Raymond Gama Jean-Pierre Sainton (1ère édition 1985)

Edition Lespwisavann Mai 2011 p26

Au moment même où démarre une campagne qui annonce aux guadeloupéens qu’une personne sur deux dans ce pays est victime de surpoids, Mac Do a une initiative populaire estampillée « réservée aux femmes »(+ de 16 ans): courir 5 kilomètres le 21 octobre

Dans la liste des stratégies de manipulation identifiées par Noam Chomsky il s’agit de la 2ème (à mon humble avis) créer un problème et ensuite offrir une solution. Il me semble évident que le fast food, les sodas trop sucrés n’aident en rien les gens à équilibrer leur poids. Alors bien sur l’injonction gouvernementale si nous sommes obeissants c’est bouger et manger 5 fruits et légumes par jour, et si en plus Mac Do dans sa grande générosité sur les valeurs du féminisme et de la santé nous pousse à bouger notre gras tout va bien dans le meilleur des mondes. Pourquoi y voir le mal ou les mauvaises intentions? Pourquoi y voir de la manipulation?

2 – Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

Laisser progresser la « malbouffe » et laisser Mac Do dans une belle campagne de publicité (je n’arrive pas à voir autre chose) être et c’est le comble le prescripteur de la santé par le sport, le défi, avec une belle cible: les femmes… allez je passe mon tour.

 

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