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Le doigt dans l’oeil

Le rêve américain semble avoir conquis la planète. Sa logique? Réussir là où beaucoup échouent. C’est la même logique que le loto. Tous les gagnants ont tenté leur chance. Réussir seul. Le self made man. Réussir contre l’autre, contre les autres, contre un autre pays, une autre communauté. Gagner là où d’autres perdent. Comme s’il était impossible de réussir ensemble, tous. Gagner ensemble.

Ce qui est certain c’est que à continuer comme ça nous allons probablement perdre. Ensemble.

J’ai vu un épisode. Difficile de juger sans doute. Première impression? La sensation d’avoir dans mon assiette une nourriture standardisée, aux normes, sans caractère, lisse, uniforme et passe partout en résumé hors sol. Je n’ai pas eu envie de voir un autre épisode. Moi la fan de série, ce que j’aime chez les américains c’est qu’ils maitrisent tous les codes à la perfection mais qu’en même temps ils sont capables de surprendre, en innovant. Là pour moi on a juste démontré qu’on sait faire.  Hourra! Maquillage impeccable, jeu attendu de la sitcom, décor coloré et tropical pour faire Antilles, cadrage et montage tip top. Tout est très pro. Bravo! Mais du coup moi qui aime la maladresse, l’accident, la sincérité, l’émotion et bien je suis face à un produit tellement sans défaut qu’il en est (pour moi je précise) indigeste parce qu’aseptisé. En même temps c’est un produit dans l’air du temps, le temps que les marchands nous vendent à grand renfort de publicité. Bienvenu dans Villa Caraibe!

Et j’entends sur Inter une émission sur les séries télés où l’un des intervenants (Martin Wincler) déconseille de copier ce qui se fait déjà.

« La fiction française si on ne change pas la façon de l’écrire et de la produire elle risque de disparaitre (…) Les français veulent copier et ce n’est pas la bonne méthode. La bonne méthode c’est de faire des choses originales. Pour faire ça il faut demander des projets qui n’ont jamais été fait. Le lieu où ça se passe n’a pas d’importance. C’est le comment. »

Il serait temps de laisser la place aux scénaristes. Lancer une idée et la pousser au bout.  A force de penser pour le public on finit avec des productions insipides. Je préfère le caractère qui ne plaira pas à tout le monde plutôt que la bouillie uniforme et standardisée datée du début des années 80 aux temps d’Hélène et des garçons. Au secours!

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