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Comment ces hommes et ces femmes esclaves étaient-ils parvenus à devenir libres avant la formation d’un mouvement pour l’abolition de l’esclavage en Amérique et dans les métropoles européennes? Quelles stratégies avaient-ils privilégiées, et celles-ci correspondaient-elles à des contextes particuliers? Comment se manifestèrent-ils comme êtres humains et acteurs sociaux à part entière, alors que la législation les considérait principalement comme des biens meubles? La montée de l’abolitionnisme dans la seconde moitié de XVIII siècle allait-elle changer les moyens par lesquels des esclaves se libéreraient? Esclaves et abolitionnistes pourraient-ils joindre leurs forces pour mettre fin à la traite négrière et à l’esclavage?plus-jamais-esclaves

C’est à ces questions que ce livre propose de répondre, tout en s’efforçant de mettre en lumière le point  de vue des esclaves. Son but n’est pas d’établir une hiérarchie des luttes pour la liberté, de glorifier par exemple les esclaves révoltés ou marrons aux dépens de ceux qui ont enduré l’esclavage jusqu’à leur mort: pour tout esclave, la survie était déjà une victoire. Mais il se focalise sur ceux qui, seuls ou collectivement, ont réussi à gagner la liberté, parfois par la force, l’abnégation, la ruse ou la patience, parfois par hasard. Il montre que à mesure que l’esclavage se développait, parallèlement des individus ou des groupes d’esclaves devenaient libres, et sapaient donc les bases mêmes de l’esclavage racial.

plus jamais esclaves!

de l’insoumission à la révolte le grand récit d’une émancipation (1492-1838)  p10

Aline Helg Editions la Découverte 2016

Du nouveau sur la Banque numérique des patrimoines martiniquais :

431 nouveaux registres d’état civil disponibles en ligne

Un grand plus pour la recherche généalogique avec la mise en ligne de 431
registres de la collection état civil conservée aux Archives départementales,
venant s’ajouter aux 210 déjà disponibles et complétant, pour de nombreuses
communes et pour la période la plus ancienne (Fort-de-France, Le Lamentin, Le
Marin, Rivière-Pilote…), la collection des Archives d’outre-mer (ANOM) déjà en
ligne

Ces nouveaux registres concernent plusieurs populations et périodes de
l’histoire de la Martinique, dont :

21 registres concernant la population esclave, entre 1770 et 1848 ;
3 registres de nouveaux-libres (registres d’individualités), entre 1848 et
1858 ;
319 registres concernant tous les citoyens après l’abolition de
l’esclavage, entre 1848 et 1899,

Qui viennent s’ajouter aux quelque 150 registres d’individualités et
d’esclaves déjà en ligne

Plus de détails : http://www.patrimoines-martinique.org/?id=actualites

Message de Dominique Taffin, directrice des archives de la Collectivité »
Territoriale de Martinique

N’hésitez pas à partager la nouvelle

source: ghcaraibe@listes.u-picardie.fr

Samedi 12 décembre 2015 de 15h à 17h :Amphi Richelieu
17 rue de la Sorbonne Paris

« Les deux abolitions françaises de l’esclavage » par Frédéric REGENT, maître de conférences en histoire de la Révolution, à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

« Les deux abolitions françaises de l’esclavage »
Le 4 février 1794, puis le 27 avril 1848, la République française a aboli deux fois l’esclavage. Le cours s’intéressera aux modalités et circonstances de ces deux abolitions. Ces abolitions sont elles le résultat des combats des esclaves, de ceux des abolitionnistes? Pourquoi l’esclavage a-t-il été rétabli? Dans quelles circonstances? A la lumière des recherches récentes, ce cours qui s’adresse à tous les publics tentera de répondre à ces questions.

« La liberté, c’est le premier besoin de l’humanité, oui; mais ce suprème bienfait impose d’importantes obligations: la liberté élève le travail à la hauteur du devoir. Etre libre, ce n’est pas avoir la faculté de ne rien faire, de déserter les champs, les industries. Etre libre…c’est l’obligation d’utiliser son temps, de cultiver son intelligence, de pratiquer sa religion. Le travail, en effet, est une mission imposée à l’homme par Dieu; il le relève à ses propres yeux, en fait un citoyen; il l’appelle à fonder la famille.
Ecoutez donc ma voix, mes conseils, moi qui ai reçu la noble mission de vous initier à la liberté…Si, devenus libres, vous restez au travail, je vous aimerai; la France vous protégera. Si vous le désertez, je vous retirerai mon affection; la France vous abandonnera comme de mauvais enfants. »

Proclamation du commissaire général de la République Sarda-Garriga à la Réunion, le 17 octobre 1848. Citée par Oruno D. Lara dans une contribution issue du cycle de conférence organisé par le Centre Pompidou en mars, avril 2006: l’esclavage, la France, les abolitions, les enjeux. Africultures n°67 (juin, août 2006) Esclavage: enjeux d’hier à aujourd’hui, p25 à 29 Titre de l’article d’Oruno D. Lara: Colonisation, liberté et second esclavage

Sur l’air de la Marseillaise

Allons enfants de la Guinée,

Le jour de travail est arrivé;

Ah! telle est notre destinée,

Au jardin avant le soleil levé! (bis)

C’est ainsi que la loi l’ordonne;

Soumettons-nous à son décret;

Travaillons sans regret,

Pour mériter ce qu’on nous donne.

A la houe, citoyens! formez vos bataillons!

Fouillons (bis), avec ardeur faisons de bons sillons.

Histoire de la Guadeloupe par M. A. Lacour conseiller à la Cour impériale Tome Troisième 1798 à 1803 Basse-Terre (Guadeloupe) 1858 Edition et diffusion de la Culture Antillaise, 1976, p:22

Afrique du Sud, 1832. La jeune esclave Philida, tricoteuse du domaine Zandvliet, a eu quatre enfants avec François Brink, le fils de son maître. Lorsqu’il se voit contraint d’épouser une femme issue d’une grande famille du Cap, dont la fortune pourrait sauver l’exploitation familiale, François trahit sa promesse d’affranchir Philida, et envisage de la vendre dans le Nord du pays. Celle-ci décide alors d’aller porter plainte contre la famille Brink auprès du protecteur des esclaves.
Tandis que les rumeurs d’une proche émancipation se répandent de la grande ville aux fermes reculées – l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique sera proclamée en 1833 –, l’opiniâtre Philida brise peu à peu ses entraves au fil d’un chemin jalonné de luttes, de souffrance, de révélations, d’espoir.
À partir d’un épisode de son histoire familiale, André Brink compose un roman à la langue poétique, âpre et sensuelle. Parce qu’il n’est pas de justice sans sincérité, ni d’indépendance sans langage, il orchestre un chœur de voix narratives offrant à chacun l’occasion de dire sa vérité. Murmures, prières et cris scandent ainsi un hymne à la liberté rêvée, qui donne son souffle à ce récit puissant.

André BRINK chez Actes Sud

À l’univers entier

Le dernier cri de l’innocence et du désespoir

C’est dans les plus beaux jours d’un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie qu’une classe d’infortunés qu’on veut anéantir se voit obligée de lever la voix vers la postérité, pour lui faire connaître lorsqu’elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.

Victime de quelques individus altérés de sang, qui ont osé tromper le gouvernement français, une foule de citoyens, toujours fidèles à la patrie, se voit enveloppée dans une proscription méditée par l’auteur de tous ses maux. Le général Richepance, dont nous ne savons pas l’étendue des pouvoirs, puisqu’il ne s’annonce que comme général d’armée, ne nous a encore fait connaître son arrivée que par une proclamation dont les expressions sont si bien mesurées, que, lors même qu’il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s’écarter des termes dont il se sert. À ce style, nous avons reconnu l’influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle… Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également les poignards et la calomnie.

Quels sont les coups d’autorité dont on nous menace ? Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, dont nous aimions à calculer le moment de l’arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République ? Ah ! Plutôt, si nous en croyons les coups d’autorité déjà frappés au Port-de-la -Liberté, le système d’une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! Nous choisissons de mourir plus promptement.

Osons le dire, les maximes de la tyrannie les plus atroces sont surpassées aujourd’hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d’affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes malheureusement trop puissants par leur éloignement de l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’esclavage.

Et vous, Premier consul de la république, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut -il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d’où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer ! Ah ! sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence, mais il ne sera plus temps et des pervers auront déjà profité des calomnies qu’ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine.

Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l’épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, – à moins qu’on veuille vous faire le crime de n’avoir pas dirigé vos armes contre nous, – vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation. La résistance à l’oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause ; elle est celle de la justice et de l’humanité : nous ne la souillerons pas par l’ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part. Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d’employer tous nos moyens à les faire respecter par tous. Et toi, postérité ! accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.

Le Commandement de la Basse-Terre : Louis DELGRÈS

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
– I793 – Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue en août et septembre, par les Commissaires civils Sonthonax et Polverel.
– I794 – I6 pluviôse an II (4 février): abolition de l’esclavage dans les colonies françaises par la Convention
– I8O2 – Rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte par décret du 20 mai. Arrivée des forces expéditionnaires envoyées à Saint-Domingue et en Guadeloupe par Bonaparte. Répression contre les rebelles en Guadeloupe par le Général Richepanse. Arrestation et déportation de Toussaint Louverture vers la France en juillet 1802.
– I8O3 – Mort de Toussaint Louverture le 7 avril au Fort de Joux (Doubs). Poursuite de la guerre coloniale à Saint-Domingue. Novembre : défaite des troupes françaises à la bataille de Vertières.
– I8O4 – 1er janvier: Déclaration d’Indépendance de Saint-Domingue sous le nom de Haïti, par Jean-Jacques Dessalines. Naissance de Victor Schoelcher le 22 juillet à Paris.
– I8O7 – Interdiction de la traite négrière par l’Angleterre et le Danemark.
– I8I5 – Congrès de Vienne: les pays européens acceptent l’interdiction théorique de la traite négrière.
– I8I6 – Décrets d’abolition de l’esclavage de Simon Bolivar.
– I8I8-I8I9 – Courtes études de Victor Schoelcher au Lycée Louis-le-Grand. Victor travaille à partir de l’âge de I5 ans dans la fabrique de porcelaines familiale, rue du Faubourg Saint-Denis à Paris.
– I8I9 – Indépendance de la Colombie.
– I822 – Fondation, à Paris, de la Société de la Morale Chrétienne. Auguste de Staël, notamment, y anime le Comité de lutte contre la traite négrière et l’esclavage. Indépendance du Mexique. Abolition de l’esclavage et indépendance à Santo Domingo. Indépendance du Brésil.
– I823 – Fondation, à Londres, de la Société pour l’Abolition de l’esclavage.
– I824-I825 – Affaire et procès de Bissette, Fabien et Volny en Martinique, accusés de diffusion d’une brochure réclamant des droits civiques pour les « hommes de couleur » libres.
– I825 – Reconnaissance par la France de l’Etat haïtien qui accepte de verser une indemnité de 150 millions de francs à son ancienne puissance coloniale.
– I828 – Marc Schoelcher associe officiellement son fils Victor à son entreprise.
– I828-I83O – Premier voyage de Victor Schoelcher aux Amériques. Il part pour le Mexique via les Etats-Unis (New York, la Louisiane) et Cuba. Envoi de ses premiers articles sur l’esclavage à la Revue de Paris.
– I83O-I833 – Publication des premières critiques d’art de Schoelcher dans la revue L’Artiste.
– I83I – Reconnaissance de droits civiques aux « hommes de couleur » libres dans les colonies françaises. Loi du 4 mars interdisant la traite négrière.
– I833 – Schoelcher publie De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale, Paulin, Paris. Vote de l’Abolition Bill par le Parlement britannique (appliqué à partir d’août I834, effectif au Ier août I838).
– I834 – Fondation, à Paris, de la Société française pour l’abolition de l’esclavage par le Comité de lutte contre la traite négrière et l’esclavage de la Société de la Morale Chrétienne. Fondation par Cyrille Bissette, à Paris, de la Société des Hommes de couleur et de la Revue des Colonies (paraît jusqu’en I843).
– I834-I844 – Schoelcher effectue plusieurs voyages en Europe: Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, Italie.
– I836 – Fondation en Guadeloupe de la loge maçonnique des « Disciples d’Hiram ».
– I839 – Fondation à Londres de la British and Foreign Anti-Slavery Society. Indépendance du Guatemala.
– I84O – Schoelcher publie Abolition de l’esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés (Pagnerre, Paris). Il échoue au concours de la Société des Amis des Noirs.
– I84O-I84I – Second voyage de Schoelcher aux Caraïbes: Guadeloupe, Martinique, Jamaïque, Antigua, Dominique, colonies danoises, Haïti, Puerto Rico.
– I84O-I843 – Travaux, à Paris, de la commission chargée de la révision de la législation des colonies et de l’esclavage, présidée par le Duc Victor de Broglie.
– I84I – Indépendance du Salvador.
– I842 – Schoelcher publie Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage (Pagnerre, Paris).
– I843 – Schoelcher publie Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l’émancipation anglaise. Coup d’oeil sur l’état de la question d’affranchissement (Pagnerre, Paris).
– I843 – Février: tremblement de terre en Guadeloupe. Outre de nombreuses victimes, le cataclysme détruit une grande quantité d’ateliers et sucreries. On reconstruit en appliquant de nouvelles techniques de traitement de la canne et de fabrication des sucres.
– I844 – Schoelcher publie De la pétition des ouvriers pour l’abolition immédiate de l’esclavage (Pagnerre, Paris).
– I844-I845 – Voyage de Schoelcher en Egypte, en Grèce, en Turquie.
– I845 – Vote de la loi Mackau modifiant le régime de l’esclavage (droit à l’instruction pour les esclaves, possibilité de constituer un pécule et de se racheter, fixation des horaires de travail).
L’Abbé Casimir Dugoujon publie De l’esclavage dans les colonies françaises (Pagnerre, Paris, I845).
– I846 – Schoelcher publie L’Egypte en I845 ( Pagnerre, Paris).
– I847 – Schoelcher publie Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années (Pagnerre, Paris). Abolition de l’esclavage par la Suède à Saint-Barthélémy.
– I848 – 23-25 février: journées révolutionnaires à Paris qui mettent fin à la Monarchie. Proclamation de la République et formation d’un gouvernement provisoire. Schoelcher a quitté le Sénégal en janvier. Le 3 mars, à son arrivée à Paris, il rencontre François Arago, ministre de la Marine. Le principe de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises est adopté le 4 mars. Schoelcher est nommé sous-secrétaire d’Etat aux Colonies et président de la Commission d’abolition de l’esclavage. Le décret d’abolition de l’esclavage est signé par le Gouvernement provisoire le 27 avril.
Schoelcher occupe ses fonctions ministérielles du 5 mars au I7 mai I848. Il préside la commission d’abolition de l’esclavage du 5 mars au 21 juillet. Il est élu représentant du peuple en Guadeloupe et en Martinique et opte pour la Martinique, siège du « Gouvernement général des Antilles françaises ». Son siège de représentant de la Guadeloupe est alors occupé par son suppléant, Louisy Mathieu, ancien esclave.
Abolition de l’esclavage dans les colonies danoises des Caraïbes en juillet.
– I849 – Schoelcher publie Nouvelles observations sur les élections de la Guadeloupe et La Vérité aux ouvriers et cultivateurs de la Martinique (Pagnerre, Paris).
– I85I – Schoelcher publie Protestations des citoyens français nègres et mulâtres contre des accusations calomnieuse, Le procès de Marie-Galante, Abolition de la peine de mort.
Vote par le Congrès de la loi sur les esclaves fugitifs aux Etats-Unis. Schoelcher publie L’esclavage aux Etats-Unis, La loi du I8 septembre I85O sur les esclaves fugitifs et L’insurrection de Cuba et les Etats-Unis.
Procès de l’indépendantiste Marie-Léonard Sénécal en Guadeloupe. Abolition de l’esclavage en Colombie. Création de banques coloniales pour la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion.
2-3 décembre: résistance de Schoelcher au coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Début de sa vie de proscrit. Fin décembre, il quitte la France pour la Belgique via la Suisse et l’Allemagne.
– I852 – Schoelcher quitte Bruxelles pour Londres. Début de son amitié avec Victor Hugo qu’il rencontre à Jersey puis à Guernesey. Il publie Histoire du crime du 2 décembre. La Constitution française supprime l’exercice de tous droits politiques aux colonies. Le gouvernement signe des conventions pour l’introduction dans les colonies françaises de travailleurs sous contrats originaires des territoires d’Afrique et de l’Inde contrôlés par les Britanniques.
Parution de la Case de l’Oncle Tom de H. Beecher-Stowe aux Etats-Unis.
– I853 – Schoelcher publie Le gouvernement du 2 décembre.
– I854 – Schoelcher publie Dangers to England of the alliance with the men of the Coup d’Etat.
Senatus-consulte rétablissant les assemblées locales dans les colonies: les conseils généraux.
– I855 – Arrêté Gueydon sur la « police du travail » en Martinique.
– I857 – Schoelcher publie Life of Handel (Trübner, Londres). Arrêté Husson sur la « police du travail « en Guadeloupe
– I859 – Schoelcher refuse l’amnistie accordée aux proscrits par Napoléon III. Raids de John Brown à la tête d’esclaves rebellés en Virginie. Il est pendu à Charleston en décembre. Appel de Victor Hugo en sa faveur.

- I86I – Abraham Lincoln est élu président des Etats-Unis. Début de la Guerre de Sécession.
Intervention européenne au Mexique.
– I863 – Abolition de l’esclavage aux Etats-Unis par Lincoln. Mesure appliquée dans l’Union en I865, à la fin de la Guerre de Sécession.
– I865 – Abolition de l’esclavage aux Etats-Unis. Fondation du Ku Klux Klan dans le Tennessee. Rébellion de Morant Bay en Jamaïque.
– I866 – Senatus-consulte élargissant les compétences des conseils généraux des colonies.
– I868-I878 – Guerre de Dix Ans à Cuba.
– I87O – Schoelcher publie Sunday Rest (Le repos du dimanche). Août : guerre entre la France et la Prusse. Schoelcher rentre à Paris au mois d’août. Défaite de la France à Sedan le 4 septembre. Instauration d’un gouvernement de Défense nationale. Rétablissement d’un régime républicain. Colonel de l’Etat-major général des Gardes nationaux, Schoelcher est vice-président de la commission des barricades pour la défense de Paris. Il prend la tête d’un Comité des Alsaciens formé à Paris. Insurrection dans le sud de la Martinique. Vote de la loi d’abolition de l’esclavage dans les colonies espagnoles par les Cortès, présentée par Segismundo Moret.
– I87I – Sous la Commune de Paris, Schoelcher est parmi les partisans de la conciliation. Il élabore, en avril 1871, un projet de Ligue de la Paix. Elu le 8 février représentant du peuple à Paris puis en avril en Guyane et à la Martinique, qu’il choisit de représenter à nouveau.
– I872 – Schoelcher publie L’arrêté Gueydon à la Martinique et l’arrêté Husson à la Guadeloupe (Le Chevalier) et de Le 2 décembre. Les massacres dans Paris (Librairie de la Bibliothèque Démocratique, Paris). Il est membre de la Commission du Travail colonial créée par le ministère de la Marine et des Colonies.
– I873 – Schoelcher publie La famille, la propriété et le christianisme et Le jury aux colonies (Le Chevalier). Abolition de l’esclavage à Puerto Rico.
– I874 – Schoelcher est nommé président de la Société de Secours mutuel des Créoles.
– I875 – Schoelcher est élu sénateur inamovible. Il adhère à la Société pour l’Amélioration du Sort des Femmes. Publication de La grande conspiration du pillage, de l’incendie et du meurtre à la Martinique.
– I877 – Schoelcher publie Restauration de la traite des Noirs à Natal.
– I879 – Schoelcher publie Le vrai Saint-Paul.
– I88O – Schoelcher publie L’esclavage au Sénégal. Il participe au Congrès de la Ligue du Droit des Femmes. Début de l’application de la loi Moret à Cuba.
– I88I – Schoelcher publie Modernité de la musique et L’esclavage au Brésil. Il est membre du Conseil Supérieur des Colonies. Début des travaux de construction du canal de Panama.
– I882 – Schoelcher fonde à Paris, avec Gaston Gerville-Réache, le journal Le Moniteur des Colonies. Il effectue à Londres une mission d’étude sur les hospices et asiles de nuit pour enfants. Il est rapporteur devant le Sénat des lois scolaires instituant l’école primaire gratuite et obligatoire. Il publie le tome I de Polémique coloniale (E. Dentu).
– I883 – Schoelcher publie L’immigration aux colonies (Imprimerie du Moniteur des Colonies).
– I879-I884 – Schoelcher fait don d’ouvrages, de manuscrits, d’objets d’art à la Bibliothèque Nationale, au Conservatoire, à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, au Musée d’Ethnographie du Trocadéro (Musée de l’Homme), au Musée des Antiquités nationales, au Musée de Cluny, à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique. Il loue à partir de cette période une maison à Houilles, dans la banlieue ouest de Paris et conserve son appartement parisien de la rue de la Victoire.
– I886 – Schoelcher publie le tome 2 de Polémique coloniale (ibid.). Abolition de l’esclavage à Cuba.
– I888 – Abolition de l’esclavage au Brésil.
– I889 – Schoelcher publie Vie de Toussaint Louverture (Ollendorff) pour le centenaire de la Révolution Française. Arrêt de l’immigration de travailleurs indiens dans les colonies françaises des Caraïbes.
– I892 – Schoelcher se retire définitivement dans sa maison de Houilles.
– I893 – Mort de Victor Schoelcher à Houilles (Yvelines) le 25 décembre.
– I894 – Inhumation de Schoelcher le 5 janvier au cimetière du Père Lachaise.
– I895-I898 – Guerre hispano-cubaine.
– I898 – Guerre hispano-américaine à Cuba. Indépendance de Cuba. Traité de Paris fixant la tutelle des Etats-Unis sur Cuba et Puerto Rico.
– I949 – Transfert de Schoelcher au Panthéon, le 2O mai.

Source : le Sénat

(…) Est-il, en effet, rien de plus criminel qu’un mode d’être dans lequel l’homme se dégrade à ce point qu’il arrive jusqu’à devenir insensible à son abaissement? Moins le nègre de nos colonies sentirait sa position, plus il devrait exciter notre pitié; moins il désirerait la délivrance, plus ce serait un impérieux devoir de le délivrer.

Ce texte daté de 1847 sans mention d’auteur, illustre ce que Françoise Verges a mis en évidence dans son livre « Abolir l’esclavage une utopie coloniale », à savoir : « Ce qui frappe quand on étudie l’abolitionnisme du XIXe siècle, c’est qu’on y retrouve l’écho de bien des figures actuelles : l’Européen sauveur, l’Africain victime, le Mal et le Bien, le devoir d’intervention, le rôle de l’éducation dans la disparition des idées mauvaises ».
En effet la démonstration de la nécessité absolue d’abolir l’esclavage est la suivante: « La doctrine sociale des planteurs est celle du droit romain; il n’est rien qui ne soit permis au maître contre les esclaves ». L’esclave étant par l’édit de 1685 plus connu sous l’intitulé Code Noir, la propriété du maître il peut appliquer l’adage romain : jus utendi et abutendi.

Le régime disciplinaire des ateliers des colonies est moins inhumain qu’il ne le fut autrefois, mais il est encore inhumain par la raison fatale que l’humanité est incompatible avec l’esclavage.

Autrement comme l’aurait dit Schoelcher: on ne peut pas plus réglementer l’esclavage qu’on ne peut réglementer l’assassinat.

Ce sont sur des affaires criminelles d’abus et de cruauté des maître jugées devant les tribunaux que vont s’appuyer les abolitionnistes.

Le 18 décembre 1845 l’affaire Jaham. Deux frères Octave et Charles de Jaham accusés de coups de fouet à Rosette esclave enceinte, mise au cachot des esclaves Gustave et Jean Baptiste jusqu’à ce que mort s’en suive. Verdict: acquittement.

Fin juillet 1843 l’affaire Thoré (propriétaire) et Nau (géreur): quatre piquet avec déchirures des chairs et autres sévices, violences et voies de fait exercées sur des esclaves

L’affaire Hurel coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur la personne d’une jeune mulâtresse Euranie (18 ans) surnommée Petite Belle. 6 mois de prison et 300 francs d’amende

14 mai 1846 coups donnés à une femme enceinte : « le prévenu Castes aurait autorisé verbalement et par sa présence sur les lieux le commissaire de police Borea à administrer à son esclave Dédée un châtiment pour des outrages ».

Cayenne mai 1846 « attendu qu’au moment ou B… a été frappée par son maître, elle était enceinte de six mois et demi à sept mois ».

22 mars 1847 l’affaire Joseph Havre géreur copropriétaire de l’habitation la Montagne « Elie mort au milieu de ces tortures, Jean-Baptiste et Angèle sortant de leur prison les jambes atrophiées, de telle sorte que le premier ne s’en guérira jamais. Et tout cela pour des soupçons! »
La Cour d’assises à acquitté J Havre

Et les lois, les ordonnances, les arrêtés, les règlements ayant pour objectif d’adoucir l’esclavage reste lettres mortes. A titre d’exemple « l’ordonnance du 5 janvier 1840 qui fonde des écoles gratuites pour l’instruction des jeunes esclaves et prescrit aux maîtres d’y envoyer leur petits nègres ». Le curé se plaint de sa non application et le gouverneur lui répond: « Monsieur le curé, il suffit que les esclaves aient présentement le droit d’aller à l’école, le moment de les y laisser aller n’est pas encore venu »( Mémoire de l’abbé Lamache)

https://lepetitlexiquecolonial.files.wordpress.com/2011/12/wpid-abolitiondelesclavagepagnerre1847-2011-12-27-20-512.pdf

Notice complète
Titre : Abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies françaises
Éditeur : Pagnerre (Paris)
Date d’édition : 1847
Sujet : Esclavage — Abolition — France — Colonies Relancer la recherche sur ce sujet dans Gallica
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 32 p. ; 23 cm
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k408767w
Source : Bibliothèque nationale de France, 8-Lk9-524
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36400642g
Provenance : bnf.fr
Mode texte disponible
Thème : Sciences sociales

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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