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Archives de Tag: antilles

La colonisation des Antilles a suscité une énorme quantité de textes fort divers : relations de voyage ou de séjour, traités et règlements, histoires morales et naturelles, correspondance officielle et privée… Si les grandes œuvres publiées au XVIIe siècle, comme les Relations de Bouton et de Pelleprat ou les Histoires de Rochefort et de Dutertre, sont relativement accessibles et ont été largement utilisées pour comprendre la colonisation des Îles, il n’en va pas de même pour une foule d’écrits officiels ou privés, assez brefs, qui proposent une image fragmentée et souvent plus vivante et diversifiée de la vie et de l’évolution de la colonisation française dans les îles antillaises, avec la régression de la population amérindienne et l’augmentation fulgurante des esclaves africains provoquée par le développement l’industrie sucrière. Tous ces textes, établis sur l’original manuscrit ou publié, ont été annotés avec soin. Ils sont précédés d’une chronologie et suivis de divers appendices pour en faciliter la lecture : glossaire, notices biographiques sur les principaux personnages, liste descriptive « Faune et flore », index onomastique et index thématique.

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Few Americans, black or white, recognize the degree to which early African American history is a maritime history. W. Jeffrey Bolster shatters the myth that black seafaring in the age of sail was limited to the Middle Passage. Seafaring was one of the most significant occupations among both enslaved and free black men between 1740 and 1865. Tens of thousands of black seamen sailed on lofty clippers and modest coasters. They sailed in whalers, warships, and privateers. Some were slaves, forced to work at sea, but by 1800 most were free men, seeking liberty and economic opportunity aboard ship.

Bolster brings an intimate understanding of the sea to this extraordinary chapter in the formation of black America. Because of their unusual mobility, sailors were the eyes and ears to worlds beyond the limited horizon of black communities ashore. Sometimes helping to smuggle slaves to freedom, they were more often a unique conduit for news and information of concern to blacks.

But for all its opportunities, life at sea was difficult. Blacks actively contributed to the Atlantic maritime culture shared by all seamen, but were often outsiders within it. Capturing that tension, Black Jacks examines not only how common experiences drew black and white sailors together—even as deeply internalized prejudices drove them apart—but also how the meaning of race aboard ship changed with time. Bolster traces the story to the end of the Civil War, when emancipated blacks began to be systematically excluded from maritime work. Rescuing African American seamen from obscurity, this stirring account reveals the critical role sailors played in helping forge new identities for black people in America.

An epic tale of the rise and fall of black seafaring, Black Jacks is African Americans’ freedom story presented from a fresh perspective.

Il ne manque rien au premier roman d’Alain Agat. Ce roman noir respecte tous les codes du genre: passage à tabac, cadavres en pagaille, portrait d’une société empoisonnée par la drogue et la violence, où tous les efforts pour en réchapper semble voués à l’échec.

Les motifs littéraire, vengeance, rivalités fraternelle (« parce qu’il n’avait rien dit il avait payé pour son frère » p 182), dette d’honneur, guerre des gangs… etc, sont connus mais revisités avec une maitrise certaine par l’auteur. Joris sort de prison et ne veut plus y retourner mais il se retrouve bien malgré lui alors qu’il rêve de fuir vers son Eldorado guyanais, empêtré à Paris dans une guerre des gangs suite à l’assassinat de son frère JC chef du réseau parisien du Dominicais Chacal. Alain Agat nous tient en haleine du début à la fin entre suspens et rebondissements. Il ne manque rien: couteau, révolver, silencieux, mallette pleine d’argent, photos compromettantes… La musique (entre rap, zouk, regae et bachata), la drogue, les filles, les discussions footbalistiques des bad boy, les voitures, la cité… Paris, la vengeance, le chantage, la manipulation, un énigmatique tueur à gages dénommé Personne… jusqu’à la mangrove et la neige que découvre la bande de Chacal venu récupérer en personne son fric à Paris.

Le motif le moins bien traité à mon avis est celui de la corruption politique. D’ailleurs le personnage de l’avocat véreux s’en sort à trop bon compte. Probablement que sa trajectoire est moins maîtrisée que celle des autres personnages. Il est au fond le vrai méchant, il ne change guère du début à la fin. Il finit par tuer un homme Dario je crois, mais cela ne semble pas lui faire plus d’effet que cela.

Gilda Gonfier: Alain Agat est-ce qu’avec ce personnage vous avez voulu dénoncer le vrai coupable à savoir une figure de la société bien sous tout rapport mais probablement plus corrompue que les autres qui font alors elles, figures de victimes du système? 

Alain Agat: Il est certain que la Société ne répond pas à tous les besoins, tous les manques de ses citoyens, et qu’à ce titre, certains s’en sortent mieux que d’autres. Alors ce politique, c’est la cible facile parce que remplie de beaux discours parfois trompeurs…

G.G: qu’elle est la genèse de ce roman. Une prédilection pour ce genre?

AA: Il a été et écrit dans  une version plus longue dans le même temps que le scénario de Neg maron, présenté à quelques éditeurs puis oublié dans les tiroirs… et redécouvert fin 2010, écourté puis ré-envoyé…

GG: Joris est un personnage sur lequel le sort semble s’acharner, pris au piège et comme condamné à devoir répéter les mêmes erreurs qui l’ont conduit en prison? A savoir le déchaînement de la violence bien malgré lui.

A A: Les « Joris » sont nombreux,  par seulement pris au piège de leur propre violence, de celle qu’ils renouvellent, mais pris à d’autres pièges amenés par leur nature, leur environnement.

GG: Il n’y a pas de figure paternelle pour tout ces jeunes ni tellement maternelles d’ailleurs. Et une seule figure féminine, Nadia. C’est une des règles du genre?

AA: Non, pas du tout, il y a une figure paternelle pour Joris. Mais elle est dénuée d’amour. Quant à celle maternelle, elle n’est plus présente. Ce qui renforce sa solitude.

GG: il y a un certain humour et aussi un talent dans l’écriture à installer des moments de calme avant la tempête (par exemple l’assassinat de Chacal). L’écriture est très visuelle. A la lecture on voit le film. D’ailleurs l’adaptation cinématographique est en projet?

AA: Non, pour l’instant mais  l’idée a été de privilégier l’image dans l’écriture, d’approcher celle scénaristique.

GG: qui sont vos maîtres? Probablement Chester Himes? et qui d’autres?

AA: Des maîtres non mais des auteurs préférés, pas forcément du roman noir même si Chester Himes, Donald Goines  et Walter Mosley sont des romanciers que j’ai aimé lire. Non mes auteurs viennent d’une littérature plus grande, elle va de l’essai à la poésie en passant bien sûr par le roman. Je pense beaucoup à Ernest J Gaines en ce moment, à son sens du territoire, de la brièveté et de la dramaturgie…

GG: Personne c’est un clin d’oeil à Pessoa. Je crois savoir qu’il est l’une de vos références?

AA: Lui mais pas seulement à lui et sa poésie métaphysique, c’est aussi du western, mais c’est surtout l’abstraction du coupable dans une société où tout le monde l’est un peu…

GG: le portrait dressé de la société est à la fois « noir » conforme au genre, mais la fin laisse un espoir de happy end. Joris et Nadia ne meurent pas et retrouvent l’argent qu’a caché Thimotée et le couple s’enfuit en guyane (Joris rachète pour la 3ème fois un billet d’avion).

AA: Les lecteurs voient  la fin d’une manière différente. Certains n’y ont pas vu de happy end mais une porte qui se referme. Je crois que la fin est écrite par le lecteur.

GG: d’autres projets de roman? Vous comptez rester fidèle au genre « roman noir »?

AA: Non, même si j’entreprends un autre roman noir, je viens d’achever un roman qui reste sombre mais qui n’appartient pas à ce genre littéraire.

GG: qu’est devenue la mallette cachée par Thimotée dans le 4×4?

AA: Je suis allé y voir, je ne l’ai pas trouvée. Quelqu’un l’a sans doute prise…

 

Morceaux choisis:

 

La Guadeloupe:

« … ce pays était comme lui-même. Malade jusqu’au plus profond de ses entrailles. Et toutes les pluies de la terre, tous les cyclones ne suffiraient pas à effacer ses blessures séculaires. Une violence sourde avait été larguée ici des siècles auparavant. » p 21

 

Le béton

« Le béton emprisonnait les esprits de la même manière en Guadeloupe qu’à Paris. A cause de lui, une unique et seule culture urbaine commençait à naître des deux côtés de la mer. Avec elle, les mêmes principes de présence sans âme, de mort avant l’heure ou de suicide inconscient. »

p37

 

La cité

« Les familles d’immigrés des anciens pays colonisés avaient été entassées là, et leur descendance y restait entassée selon la même formule de silence seulement violé par la délinquance de ceux que l’on appelait désormais les enfants d’immigrés. »

p86

 

L’indépendance

Quant aux dissidents, les favorables à l’indépendance toute nouvelle prônée par Rasta, ils ne toléraient plus les ordres d’une île réputée trop lointaine, et sur laquelle beaucoup n’avaient jamais mis les pieds.

p98

 

Intifada

Un mini intifada avait été initiée en plein après-midi urbain d’un des pays les plus riche du monde.

p102

 

Le déterminisme social

« Ces gars-là remplissaient leur rôle comme n’importe quel autre pion de la société. S’ils avaient été cadres d’entreprise, ils auraient eu les dents longues et auraient marché sur les pieds de quiconque se trouvant sur leur chemin. »

p125

 

L’histoire

« C’est toi l’assimilé! Toi-même qui connais pas ton histoire! Alors réglez d’abord votre putain de problème dans la tête man, et après on parlera de ton plan couchal de pays! On est tous sortis du même bateau ».

p154

Tout a commencé par un malentendu:

« Et si les Indes ne sont pas de ce côté où tu te couches, que m’importe!

Inde je te dirai. Inde de l’ouest: afin que je regagne mon rêve » (E Glissant « Poèmes » Seuil 1965 p128)

(…)

Mirage entretenu (comme on le dit d’une femme). L’industrie du tourisme y puise les arguments de sa publicité. Soleil, cocotiers, petits punchs et « doudous » à volonté. Le grand hôtel, pour un moment hors du temps, donne quelque consistance aux déréalités du fantasme. Aux yeux du monde (et d’elles-mêmes) les Antilles françaises restent ce lieu délicieux où l’homme renoue pour « une semaine tout compris » avec une chaleur gravide qu’il craignait à jamais perdue. Ce « peu de réalité » qui informe la réalité antillaise n’épargne aucun des domaines de l’activité sociale. L’économie y demeure marquée par l’espace des plantations et les contraintes de la monoculture (canne à sucre ou banane): produire ce que l’on ne consomme pas et consommer ce que l’on ne produit pas. La vie est ailleurs.

Caraïbales

Jacques André

Etudes sur la littérature antillaise p8

Editions caribéennes 1981

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