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Archives de Tag: esclaves

« La question doit-être celle de savoir comment l’on parlait de l’esclavage des Noirs et de son abolition en langage civiliste de l’époque, et plus précisément, si le mot « personne » y avait un certain sens, et, si oui, lequel. Le résultat devrait déplaire à des civilistes contemporains, mais n’étonnera aucun historien: l’esclavage existait dans une période où, pour ainsi dire, toute personne n’était pas libre, et l’on n’a pas aboli l’esclavage des Noirs en les faisant personnes mais en leur reconnaissant la liberté. » p278

Pourquoi?

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Comment ces hommes et ces femmes esclaves étaient-ils parvenus à devenir libres avant la formation d’un mouvement pour l’abolition de l’esclavage en Amérique et dans les métropoles européennes? Quelles stratégies avaient-ils privilégiées, et celles-ci correspondaient-elles à des contextes particuliers? Comment se manifestèrent-ils comme êtres humains et acteurs sociaux à part entière, alors que la législation les considérait principalement comme des biens meubles? La montée de l’abolitionnisme dans la seconde moitié de XVIII siècle allait-elle changer les moyens par lesquels des esclaves se libéreraient? Esclaves et abolitionnistes pourraient-ils joindre leurs forces pour mettre fin à la traite négrière et à l’esclavage?plus-jamais-esclaves

C’est à ces questions que ce livre propose de répondre, tout en s’efforçant de mettre en lumière le point  de vue des esclaves. Son but n’est pas d’établir une hiérarchie des luttes pour la liberté, de glorifier par exemple les esclaves révoltés ou marrons aux dépens de ceux qui ont enduré l’esclavage jusqu’à leur mort: pour tout esclave, la survie était déjà une victoire. Mais il se focalise sur ceux qui, seuls ou collectivement, ont réussi à gagner la liberté, parfois par la force, l’abnégation, la ruse ou la patience, parfois par hasard. Il montre que à mesure que l’esclavage se développait, parallèlement des individus ou des groupes d’esclaves devenaient libres, et sapaient donc les bases mêmes de l’esclavage racial.

plus jamais esclaves!

de l’insoumission à la révolte le grand récit d’une émancipation (1492-1838)  p10

Aline Helg Editions la Découverte 2016

3 films et je les ai aimé tous les 3. Hunger, Shame et 12 years a slave. C’est la deuxième fois que je tombe amoureuse d’une oeuvre et de son créateur. Mahmoud Darwish d’abord. J’ai dévoré 3 de ses livres  lors d’un trajet Paris Guadeloupe. L’émotion que j’ai ressentie était tellement forte, tellement réelle… J’avais vu auparavant un documentaire où il racontait son rituel pour faire du café, et je suis tombée amoureuse de l’homme qui avait écrit « Pourquoi as tu laissé le cheval à sa solitude », le regard triste penché sur son café fumant attendant qu’il soit prêt. Je sors de la projection de 12 years a slave et c’est la même émotion. Steve (je suis amoureuse donc nous voila intime je peux l’appeler Steve) a compris de manière sensible et organique comment raconter l’esclavage. ImageLoin du pataques dont nous a gratifié un Tarantino, nous vendant de l’avatar pour nous en mettre plein les yeux. Là nous ne pouvons pas nous cacher devant la démesure et en même temps ce film montre la démesure, la violence implacable dont sont prisonniers les esclaves. Un film d’une intelligence grave, forte, digne. Je suis amoureuse de vous Steve McQueen et je vous connais. Forcément. La plus grande résistance est celle de vivre malgré tout. Les esclaves et les descendants d’esclaves ont survécu au « drame le plus magnifique des mille dernières années » (WEB Dubois), et Steve McQueen a su montrer comment ils avaient survécus. Et cette histoire elle concerne toute l’humanité et pas seulement les noirs.

L’esclavage a cassé le monde en deux, il l’a cassé de toutes les manières. Il a cassé l’Europe. Il les a transformés, il en a fait des mâitres d’esclaves, il les a rendus fous. On ne peut pas faire cela pendant des centaines d’années sans le payer. Ils n’ont pas seulement déshumanisé les esclaves, mais aussi eux-mêmes. ils ont dû tout reconstruire pour que le système paraisse normal. Image

Toni Morrison, Prix Nobel de littérature, in Paul Gilroy « Living Memory: An Interview with Toni Morrison », in Small Acts, Londres, Serpent’s Tail, 1993

Cité dans l’introduction de Esclaves Regards de Blancs 1672-1913 Collection Histoires d’outre-mer

Archives nationales d’outre-mer/ Images En Manoeuvres Editions p007

Ladrerie, éléphantiasis. – Ces cruelles maladies font de rapides progrès dans les colonies, et la population entière sera par la suite viciée, si l’on n’y prend garde. « Je veux dire tout ce que j’ai vu; mais, embarrassé pour parler medecine, je me suis adressé à M Dutrouleau, chirurgien de la marine, lequel a répondu à mes questions de la manière suivante:
La ladrerie n’est que le dernier degré du mal rouge de Caïenne, cocabé des Africains, lèpre tuberculeuse, éléphantiasis des Gracs: maladie caractérisée au début par des tâches de la peau d’un rouge-cuivre chez les hommes de couleur, d’une teinte fauve chez les blancs. Plus tard, apparaissent au visage des petites tumeurs ou tubercules, qui envahissent les oreilles, les lèvres, le nez, et donnent au visage l’expression horrible qui caractérise cette affection: en dernier lieu enfin, des ulcères envahissent les pieds ou les mains, et détruisent ces parties, sans douleur pour les malades; c’est ce degré qu’on appelle ladrerie.
Au dire de quelques auteurs, cette lèpre a été apportée d’Afrique par la traite des noirs; toujours est-il qu’aujourd’hui elle a envahi toutes les classes de la société créole, et qu’elle paraît s’entendre tous les jours de plus en plus.

Titre : Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises / imprimé par ordre du ministre secrétaire d’État de la marine et des colonies p247

Éditeur : Impr. royale (Paris) Date d’édition : 1844 Sujet : Esclaves — Conditions sociales — France — Colonies

Sujet : France — Histoire Type : monographie imprimée Langue : Français Format : 668 p. ; in-4

Format : application/pdf Droits : domaine public Identifiant : ark:/12148/bpt6k790190

Source : Bibliothèque nationale de France, 4-Lf224-24 Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36377372j

Provenance : bnf.fr Date de mise en ligne : 15/10/2007

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