Free state of Jones est un film à voir. Le titre de cet article est une réplique de Newton Knight un « sauveur » blanc. J’ai trouvé le film pertinent et aussi cette critique qui le déconstruit. A vous de voir! La critique est ici. Le film sur netflix et la bande annonce juste là:

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Dans la série des humoristes américains Trevor Noah est formidable dans son dernier netflix special « afraid of the dark ». La démonstration est imparable: don’t be a penis should be the phrase!

A regarder pour ça et pour les leçons sur la colonisation, et tous nos préjugés. J’aime je partage et c’est là.

“Don’t be a pussy.” Yes. Because it implies weakness. Do not be like the vagina. The vagina that is weak. Don’t be a pussy … and yet, in my personal experience, I have found the pussy to be one of the strongest things I have ever come across in my life. « Don’t be a pussy? » Have you ever come across a pussy? You realize vaginas can start revolutions and end wars. You realize, even on a physical level, the vagina is one of the strongest things that have ever existed. Virtually indestructible. Many men in this room have tales of how they once defeated the pussy. Let me tell you now, they have not. The owner of the pussy may have given you the impression that you defeated the pussy, but it is alive and well, my friends. Whenever people say that, I go, “Do you understand how impressive the vagina is? Do you understand how strong it is?” There’s a reason men have sought to oppress it for so long. The vagina is frighteningly powerful. You realize that human beings come out of a vagina. Human beings come out and still it continues to work as intended. Do you understand how impressive that is? A human being comes out of the vagina. And still, it continues to operate, it continues to work, after a human has just come out. You’re saying it’s weak? You just sit on a penis wrong and it breaks.

Dave Chapelle réussit à mon sens une performance la dérision sur des sujets de société dans une écriture maitrisée du début à la fin. Je n’ai pas trouvé de critiques positives. Sur le mot pussy je ne me sens pas « dénigrée » en tant que femme. J’ai entendu cette blague comme de frapper un homme dans ses parties et personnellement si on est pour l’égalité pourquoi pas, ni l’un ni l’autre ne sont choquant. Il est vrai que je me suis dit que ces blagues en français ne « passeraient » pas. Nigger, bitch motherfucker and so on… Mais j’aime son énergie. Cet homme est bienveillant mordant certes mais je ne vois pas de méchanceté juste de la dérision. La fin du spectacle est particulièrement poignante car il nous raconte une tragédie ayant « contribué » au mouvement des droits civiques. Périlleux! Très périlleux! J’ai été surprise que dans la critique d’insensibilité envers les femmes l’article ne mentionne pas la chute de tout le spectacle qui l’appelle à finir par cette phrase “And then I kicked her in the pussy.” Je vous invite à regarder ce show et à vous faire votre propre opinion. Moi j’aime son énergie. J’ai découvert et j’ai aimé et c’est dave chapelle

La version fille c’est Ali Wong et j’aime aussi surtout sur le mariage et les femmes au foyer. Elle n’a pas la même maitrise ni expérience mais pas mal. Et les « sensitives » vont également trouver que c’est peut-être raciste sexiste… moi pas. Et c’est là.

ali wong 1

 

Ce récit est une double odyssée. De la façon la plus visible, c’est l’odyssée de Mary Prince, esclave née aux Bermudes et revendiquant à Londres, une 1831, sa liberté. Mais de manière secrète et tout aussi essentielle, c’est l’aspiration d’une conscience singulière à s’inscrire dans le langage, et à affirmer une identité qu’aucun droit esclavagiste ne peut réellement annuler malgré ses prétentions séculaires. Cette autobiographie n’est pas un récit qui confierait les recoins de la vie intime, ces secrets que le jour cache et qui sont pourtant la vérité de chacun. Celle qui parle s’exprime pour dire qu’elle est, absolument, et elle exige dans le même temps que ce désir d’être soit reconnu. L’autobiographie est donc un genre essentiel dans le projet de libération. Elle proclame l’exigence de la vie singulière. Elle fait appel à la communauté, à la fois au nom de cette vie singulière mais en même temps au nom de cette communauté. On aurait pu croire que l’anonymat de la théorie, le collectif inscrit dans les démarches revendicatives, exprimeraient davantage la réalité de l’esclavage et son scandale à la fois politique et humain. Mais il faut accepter l’hypothèse que la discrétion politique, et apparemment mineure, de l’autobiographie anti-esclavagiste dépasse immanquablement les conduites privées. Si, en lisant le texte de Mary, on se demande : « Qui parle? » c’est qu’on aura été convoqué à ses ubiquités.

Dans ce récit personne ne parle. car il n’est pas de sujet pour une parole toujours niée, pour une parole sans droits. Dans ce récit, c’est l’esclave qui parle. L’esclave, c’est-à-dire tout esclave. Celui dont personne n’écoute les malheurs car on n’écoute les malheurs que de ceux qui sont des personnes.

Dans ce récit, c’est Mary qui parle. Mary, c’est-à-dire celle singulière, qui veut rejoindre à ce moment du XIXe siècle l’île d’Antigua, et acquérir la liberté.

Dans ce récit, enfin, c’est une femme qui parle. Et sur elle, le regard du maître se pose à l’évidence, autrement.

La parole de Mary est donc tissée de cette légitimité d’être une parole d’esclave et une parole de femme. L’autobiographie, je crois, dois être lue ainsi; dans ce creux de silence que le XIXe siècle impose comme une loi, et que ce texte force. Cette femme parle à partir du silence et son texte tout entier laisse entendre ce silence.

La  véritable histoire de Mary Prince Esclave antillaise Récit commenté par Daniel Maragnès ed Albin Michel 2000 p109

La revue DO KRE I S constitue un espace de dialogue, d’échanges entre différents pays et régions créolophones du monde. Elle offre aux lecteurs la possibilité de découvrir et d’apprécier la diversité culturelle de ces communautés. Elle rassemble autant de créations littéraires et artistiques que de réflexions critiques sur les instruments de cohésion sociale comme l’art, la littérature et la langue. A l’aube de son deuxième numéro, la revue DO-KRE-I-S vous invite encore une fois à vous plonger dans un univers créatif à travers la thématique « MIWA/MIROIR(S) ».

Thématique : Miwa / Miroir(s)

Eau dormante ou métal poli étamé, rétroviseur qui prévient du danger, vanité d’un Narcisse ou mégalo d’une galerie de glaces, le miroir reflète, dévoile, trahit, signale, questionne. Qu’il soit de poche, fixé au mur ou sur un pied, à manche ; qu’il rende de l’objet une image fidèle ou déformée, réduite ou agrandie, panoramique selon qu’il est plan, concave ou convexe, ou encore manipulé optiquement, le miroir est éclats, instants fugaces. Mais aussi, il est massif, implacable et immuable. Le miroir oscille entre sincérité et mensonge, entre surface et contenu, entre matériel et spirituel.

Souvent associé à la femme, à la coquetterie, au désir, le miroir est aussi un mode de représentation, de lecture du réel, il est surtout surface qui donne à réfléchir. Il évoque une dualité, l’autre, celui que je vois dans la glace ; l’autre, le reflet que son regard me renvoie. Ce banal objet du quotidien, source de confiance en soi, d’étonnements, de méditation fait aussi objet à travers toutes les cultures de nombreuses superstitions. Chez nous, en Haïti, il faut tourner sa face réfléchissante contre le mur la nuit pour détourner les mauvais esprits ; il faut le recouvrir de drap blanc ou noir avant l’enterrement d’un proche décédé récemment.

Nous accueillons des contributions scientifiques (extrait de mémoire, réflexions sur l’art, la culture et sur les langues créoles) ; des créations littéraires et artistiques (poésie, nouvelle, récit, extrait de roman, illustration et photographie) ; des reportages ; des entretiens ; des portfolios et des présentations d’artistes.

Modalités

Nous recevons toutes les contributions par Email (en format Word pour les textes) à l’adresse suivante :associationvagueslitteraires@gmail.com jusqu’au 15 mars 2018.

Pour les propositions d’articles, envoyez-nous un résumé de 600 caractères maximum de votre projet. Pour les reportages photos et portfolios, un petit texte de 800 signes et 15 photos maximum en basse définition sont attendus. La réponse concernant les sélections est prévue pour le 29 mars 2018. Nous espérons recevoir les articles complets des projets sélectionnés au plus tard le 20 avril 2018 ainsi que les photos en haute définition (HD)

 

Jean Erian Samson

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