Cette lithographie fait partie d’un ouvrage, composé de nombreux volumes, paru à Paris chez L. Cumer, éditeurs 49, rue de Richelieu, à partir de 1841 et intitulé ‘Les Français peints par eux-mêmes’ ou ‘Encyclopédie morale du XIXe siècle’. Cette lithographie est la même que le numéro 2003.4.210 présentée sous passe avec cinq autres de la même série, extraite de l’ouvrage cité ci-dessus


(feat. Bilal) (from « 13th » soundtrack)

[Common:]
Southern leaves, southern trees we hung from
Barren souls, heroic songs unsung
Forgive them Father they know this knot is undone
Tied with the rope that my grandmother died
Pride of the pilgrims affect lives of millions
Since slave days separating, fathers from children
Institution ain’t just a building
But a method, of having black and brown bodies fill them
We ain’t seen as human beings with feelings
Will the U.S. ever be us? Lord willing!
For now we know, the new Jim Crow
They stop, search and arrest our souls
Police and policies patrol philosophies of control
A cruel hand taking hold
We let go to free them so we can free us
America’s moment to come to Jesus

[Bilal:]
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)

[Common:]
The caged birds sings for freedom to bring
Black bodies being lost in the American dream
Blood of black being, a pastoral scene
Slavery’s still alive, check Amendment 13
Not whips and chains, all subliminal
Instead of ‘nigga’ they use the word ‘criminal’
Sweet land of liberty, incarcerated country
Shot me with your ray-gun
And now you want to trump me
Prison is a business, America’s the company
Investing in injustice, fear and long suffering
We staring in the face of hate again
The same hate they say will make America great again
No consolation prize for the dehumanized
For America to rise it’s a matter of Black Lives
And we gonna free them, so we can free us
America’s moment to come to Jesus

[Bilal:]
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)
Freedom (Freedom)
Freedom come (Freedom come)
Hold on (Hold on)
Won’t be long (Won’t be long)

This who we are! Black lives matter

Le rêve américain semble avoir conquis la planète. Sa logique? Réussir là où beaucoup échouent. C’est la même logique que le loto. Tous les gagnants ont tenté leur chance. Réussir seul. Le self made man. Réussir contre l’autre, contre les autres, contre un autre pays, une autre communauté. Gagner là où d’autres perdent. Comme s’il était impossible de réussir ensemble, tous. Gagner ensemble.

Ce qui est certain c’est que à continuer comme ça nous allons probablement perdre. Ensemble.

Environ 4 millions d’esclaves furent libérés à la fin de la guerre de Sécession. Les histoires de quelques milliers ont été transmises aux générations futures oralement, par des journaux intimes, des lettres, des registres ou la transcription d’entretiens. On n’a retrouvé que 26 enregistrements audio d’entretiens avec d’anciens esclaves, dont 23 sont dans les collections de l’American Folklife Center de la Bibliothèque du Congrès. Dans cet entretien, Fountain Hughes, âgé de 101 ans, parle de son enfance lorsqu’il était esclave, de la guerre de Sécession et de sa vie d’Afro-Américain aux États-Unis des années 1860 aux années 1940. À propos de l’esclavage, il dit à l’intervieweur : « Tu n’étais rien de plus qu’un chien pour certains d’entre eux en ces temps-là. On ne te traitait pas aussi bien qu’on traite les chiens aujourd’hui. Mais je n’aime toujours pas en parler. Parce que ça met, ça met les gens mal à l’aise, tu vois. Euh, je, je pourrais dire des tas de choses que je n’aime pas dire. Et je ne dirai pas beaucoup plus. »

Interview with Fountain Hughes, Baltimore, Maryland, June 11, 1949

La distinction entre Indigène et Autochtone est expliquée ainsi : « Indigène indique seulement les gens nés dans un pays ; idée à laquelle autochtone et aborigène ajoutent que le peuple dont il s’agit a été de tout temps dans le pays et n’y est pas venu par immigration […] ; les créoles sont indigènes des Antilles mais ils ne sont ni autochtones ni aborigènes5 ». (…)

Les termes « indigène » et « indigénat » vont progressivement être utilisés dans un sens restrictif à la fin du xixe siècle, renvoyant à des catégories spécifiquement liées aux populations colonisées en contexte de colonisation. L’indigène, jusque-là natif du lieu, devient associé à l’individu colonisé par une puissance impériale.

 

(Page 29).

Isabelle Merle et Adrian Muckle,

L’indigénat. Genèses dans l’empire français.

Pratiques en Nouvelle-Calédonie, Paris : CNRS éditions, 2019, 527 p.

Comment synthétiser, en moins de trois heures, cent cinquante ans d’une histoire planétaire dont les non-dits, comme les dénis, réactivent au présent fractures et polémiques ? Pour retracer ce passé occulté qui continue de concerner intimement chacun d’entre nous, les auteurs ont choisi de tisser chronologiquement grande et petites histoires, continents et événements, avec des partis pris percutants. D’abord, en racontant l’histoire du point de vue des colonisés, ils prennent le contre-pied d’un récit historique qui jusque-là, si critique puisse-t-il être envers les crimes de la colonisation, reflète d’abord le regard de l’Europe colonisatrice. Ensuite, parce qu’embrasser l’essentiel des faits intervenus sur près de deux siècles dans des pays aussi différents, par exemple, que l’Inde et le Congo relève de l’impossible, ils ont préféré braquer le projecteur sur une série de destins et de combats emblématiques, certains célèbres, d’autres méconnus. De Lakshmi Bai, la princesse indienne qui mena la première lutte anticoloniale en 1857-1858, lors de la révolte des cipayes, aux vétérans Mau-Mau qui obligèrent en 2013 la Couronne britannique à reconnaître les atrocités perpétrées contre eux au Kenya soixante ans plus tôt, leur fresque en trois volets s’autorise l’ellipse pour mettre en évidence ces continuités et ces similitudes qui, d’hier à aujourd’hui, recoupent les lignes de faille de la mondialisation. Dit par l’acteur Reda Kateb – dont le grand-oncle Kateb Yacine est d’ailleurs l’une des figures du combat anticolonial ici ramenées au premier plan –, le commentaire coup de poing déroule un récit subjectif et choral. Portée aussi par des archives saisissantes et largement méconnues, des séquences d’animation, des extraits de films, de Bollywood à Nollywood, et une bande-son rock et hip-hop débordante d’énergie, cette histoire très incarnée des décolonisations met en évidence la brûlante actualité de l’héritage commun qu’elle nous a légué.

1. L’apprentissage
De la révolte des cipayes de 1857 à l’étonnante République du Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par Abdelkrim el-Khattabi avant d’être écrasée par la France, ce premier épisode montre que la résistance, autrement dit la décolonisation, a débuté avec la conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’Afrique à Berlin, comment les Allemands commettent le premier génocide du XXe siècle en Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge Léopold II au Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien Anténor Firmin, de la Kényane Mary Nyanjiru, de la missionnaire anglaise Alice Seeley Harris ou de Lamine Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu militant communiste et anticolonialiste.

 

 

 

 

« « Les paroles du nègre n’entament pas sa langue, elles n’usent, elles ne font saigner que son cœur. Il parle et se retrouve vide avec sa langue intacte dans sa bouche et ses paroles sont allées rejoindre le vent. De bouche en bouche, les ravines et les cours d’eau et l’air lui-même ont tourné et soudain ils en sont empoisonnés. Pourtant nous ne pouvons vivre sans ce travail incessant de la langue, sans toute cette germination de contes qui sont notre Ombre et notre mystère. Et comme le léopard meurt avec ses couleurs, nous tombons mortellement avec notre Ombre, celle que tissent nos histoires et qui nous fait renaître chaque fois, avec un éclat différent… » Ainsi parlaient les Anciens, voici encore quelques années, avant cette fournée d’êtres « sans haut ni bas, sans centre ni noyau » comme ils nous désignaient, nous, la nouvelle génération… et ils ajoutaient toujours, à demi tristes à demi narquois : « Mais vous autres, sur cette île à la dérive, ce que vous recherchez passionnément c’est l’ombre des nuages, tandis que vous abandonnez la vôtre à l’oubli… » Mais je ne prétends pas, ô je ne prétends pas qu’ils ont dit vrai… »

 « Ti Jean L’horizon »  Simone Schwarz-Bart

 

Le missionnaire dominicain R.P Jean- Baptiste Du Tertre dans son histoire générale des Antilles développe la question des châtiments dont on punit les fautes des Nègres. Après nous avoir exposé la maxime fondamentale du gouvernement des esclaves à savoir  » ne les frapper jamais sans sujet, mais ne leur pardonner jamais aucune faute », il nous explique aussi l’arbitraire des peines infligées. En effet les critères qui déterminent les châtiments ne sont pas fixées et restent à la discrétion des maîtres en l’absence de toute codification. Nous sommes en 1667. Les « fautes » dont sont punis les esclaves sont nous dit R.P Du Tertre: la paresse, le larcin, la désobéissance, la fuite, et la révolte. « Le larcin n’a point de châtiment déterminé ». Cependant s’il est commis de nuit l’habitant a le droit de tuer l’esclave surpris en train de voler. Si la justice les condamne au carcan ils portent un bâillon. Ce qui peut nous laisser à penser à un vol de nourriture. C’est en tous cas la peine de bâillon qui était encore infligée aux esclaves dans les procès que nous avons dépouillé jusqu’en 1842 (procès Vallentin). L’esclave risque la mort en cas de désobéissance. Le crime le plus grave reste encore la fuite ou marronage (terme que n’emploie pas Du Tertre) ou la révolte.

« La justice ne prend point connaissance de ces sortes de fautes mais en laisse le châtiment à la discrétion des maîtres qui les punissent par des voyes qu’ils jugent les plus propres pour les ranger à leur devoir ».

Il n’en est pas de même pour la révolte. Le châtiment doit être exemplaire. Tous les autres esclaves doivent assister au châtiment. Si la condamnation est le bûcher, chaque homme, femme ou enfant doit amener du bois.

« (…) mais lors qu’ils sont exempt du feu, l’on écartèle ces corps et l’on attache les membres aux avenues des places publiques à la réserve de la tête qui est toujours donnée au Maitre pour la faire mettre sur un poteau au milieu de son habitation, pour imprimer plus de crainte à ses esclaves.

Nicole Gonthier a exploré la manière dont on traite le crime à l’époque médiévale.

« On constate que la peine de la décapitation s’accompagne d’un traitement plus ou moins cruel et infamant selon l’intensité de la trahison qui doit trouver son châtiment dans l’exécution. Le pire des supplices en matière de crimes politiques est l’écartèlement que les chroniqueurs désignent aussi sous les termes de « mise en quartiers », on « mise en pièces ». Car la séparation de la tête et du corps, la pendaison honteuse de celui-ci ne semblent pas suffire à éteindre le ressentiment de l’autorité bafouée.(…) Ce dépeçage public, bien que réservé à des cas de trahisons notoires, traduit un climat de violence extrême que l’on rencontre particulièrement dans les temps de guerre civile et d’insécurité. »

Nicole Gonthier. — Le châtiment du crime au Moyen Âge (XIIe-XVIe siècles). Rennes, Presses Universitaires, 1998 (Collection Histoire)

Le Maîtres qui a perdu son esclave ‘justicié » est dédommagé sur une caisse publique :

« (…) on en prend le prix sur le public parce qu’il n’est pas juste que l’on perde plutôt ses esclaves que les autres, dont les esclaves ne sont pas moins coupables ».

Même puni à tort un maitre ne désavouera jamais un commandeur. Il peut lui demander  « en particulier, & on lui deffend de les mal traiter sans sujet, & même avec trop de rigueur quand ils ont failli ».

Histoire générale des Antilles habitées par les François. T. 2 / ,… par le R. P. Jean Baptiste Du Tertre,…

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