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L’oeil du Petit Lexique Colonial

Comment synthétiser, en moins de trois heures, cent cinquante ans d’une histoire planétaire dont les non-dits, comme les dénis, réactivent au présent fractures et polémiques ? Pour retracer ce passé occulté qui continue de concerner intimement chacun d’entre nous, les auteurs ont choisi de tisser chronologiquement grande et petites histoires, continents et événements, avec des partis pris percutants. D’abord, en racontant l’histoire du point de vue des colonisés, ils prennent le contre-pied d’un récit historique qui jusque-là, si critique puisse-t-il être envers les crimes de la colonisation, reflète d’abord le regard de l’Europe colonisatrice. Ensuite, parce qu’embrasser l’essentiel des faits intervenus sur près de deux siècles dans des pays aussi différents, par exemple, que l’Inde et le Congo relève de l’impossible, ils ont préféré braquer le projecteur sur une série de destins et de combats emblématiques, certains célèbres, d’autres méconnus. De Lakshmi Bai, la princesse indienne qui mena la première lutte anticoloniale en 1857-1858, lors de la révolte des cipayes, aux vétérans Mau-Mau qui obligèrent en 2013 la Couronne britannique à reconnaître les atrocités perpétrées contre eux au Kenya soixante ans plus tôt, leur fresque en trois volets s’autorise l’ellipse pour mettre en évidence ces continuités et ces similitudes qui, d’hier à aujourd’hui, recoupent les lignes de faille de la mondialisation. Dit par l’acteur Reda Kateb – dont le grand-oncle Kateb Yacine est d’ailleurs l’une des figures du combat anticolonial ici ramenées au premier plan –, le commentaire coup de poing déroule un récit subjectif et choral. Portée aussi par des archives saisissantes et largement méconnues, des séquences d’animation, des extraits de films, de Bollywood à Nollywood, et une bande-son rock et hip-hop débordante d’énergie, cette histoire très incarnée des décolonisations met en évidence la brûlante actualité de l’héritage commun qu’elle nous a légué.

1. L’apprentissage
De la révolte des cipayes de 1857 à l’étonnante République du Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par Abdelkrim el-Khattabi avant d’être écrasée par la France, ce premier épisode montre que la résistance, autrement dit la décolonisation, a débuté avec la conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’Afrique à Berlin, comment les Allemands commettent le premier génocide du XXe siècle en Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge Léopold II au Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien Anténor Firmin, de la Kényane Mary Nyanjiru, de la missionnaire anglaise Alice Seeley Harris ou de Lamine Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu militant communiste et anticolonialiste.

 

 

 

 

Free state of Jones est un film à voir. Le titre de cet article est une réplique de Newton Knight un « sauveur » blanc. J’ai trouvé le film pertinent et aussi cette critique qui le déconstruit. A vous de voir! La critique est ici. Le film sur netflix et la bande annonce juste là:

 

Dave Chapelle réussit à mon sens une performance la dérision sur des sujets de société dans une écriture maitrisée du début à la fin. Je n’ai pas trouvé de critiques positives. Sur le mot pussy je ne me sens pas « dénigrée » en tant que femme. J’ai entendu cette blague comme de frapper un homme dans ses parties et personnellement si on est pour l’égalité pourquoi pas, ni l’un ni l’autre ne sont choquant. Il est vrai que je me suis dit que ces blagues en français ne « passeraient » pas. Nigger, bitch motherfucker and so on… Mais j’aime son énergie. Cet homme est bienveillant mordant certes mais je ne vois pas de méchanceté juste de la dérision. La fin du spectacle est particulièrement poignante car il nous raconte une tragédie ayant « contribué » au mouvement des droits civiques. Périlleux! Très périlleux! J’ai été surprise que dans la critique d’insensibilité envers les femmes l’article ne mentionne pas la chute de tout le spectacle qui l’appelle à finir par cette phrase “And then I kicked her in the pussy.” Je vous invite à regarder ce show et à vous faire votre propre opinion. Moi j’aime son énergie. J’ai découvert et j’ai aimé et c’est dave chapelle

La version fille c’est Ali Wong et j’aime aussi surtout sur le mariage et les femmes au foyer. Elle n’a pas la même maitrise ni expérience mais pas mal. Et les « sensitives » vont également trouver que c’est peut-être raciste sexiste… moi pas. Et c’est là.

ali wong 1

 

La vertu est une notion à l’intersection des ensembles de la philosophie, de la religion et de la politique .

En philosophie classique, reprise par le judaïsme hellénisé et le christianisme, on distingue parmi toutes les vertus quatre vertus cardinales (du latin cardo, pivot) : laprudence, la tempérance, la force d’âme et la justice.

On parle en outre de trois vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) dans le christianisme. On parle par ailleurs de trois vertus maçonniques, à savoir la tolérance, la bienfaisance et la solidarité ; ou encore des trois vertus principales du scout, à savoir la franchise, le dévouement et la pureté.

Montesquieu a également évoqué la vertu politique ( l’amour des lois et de la patrie ). Cet amour demande une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre. C’est la source du principe démocratique, selon lui.

Pour savoir comme il est difficile de faire un film sur ces questions, je salue pour commencer le travail de Caroline Oudin Bastide et Philippe Labrune.

Je reste sur ma faim quant au traitement cinématographique, forcément (?)  illustratif, appuyé (oui pourquoi pas) par une musique un peu larmoyante à mon goût (mais en même temps forcément). L’esclave est absent et j’imagine que le film en montrant les arbres, les anolis, les nuages, et la pluie veut figurer cette absence. Oui pourquoi pas.  Après on apprend bien sur beaucoup. Et je vous encourage à lire des nègres et des juges de Caroline Oudin Bastide. Et puis ce n’est pas comme si nous en avions tellement de films sur l’histoire de l’esclavage colonial… enfin bref

http://tinyurl.com/kuw4ftk

Voici un ouvrage dont un film récemment diffusé [1] a été tiré, bâti autour d’un échange de correspondance entre des protagonistes d’une affaire judiciaire qui commence en 1831 à la Martinique.
Les acteurs sont six esclaves noirs qui avaient osé saisir la justice du Roi pour dénoncer les mauvais traitements dont ils étaient l’objet de la part du « géreur », Vermeil. Le juge de paix Belletête, le gouverneur Dupotet découvrent peu à peu la réalité du système colonial et se heurtent à des colons aveugles face au vent de changement qui soufflait des colonies voisines.

Je n’ai pas bien compris le titre, et puis il me gêne aussi un peu à la réflexion. Je trouve que ce film est une illustration de ce que dénonce Françoise Vergès dans son livre Abolir l’esclavage: une utopie coloniale. Son livre  « suit l’évolution d’une politique de la pitié et de l’amour, avec toutes ses ambiguïtés. Il met en lumière des liens peu connus entre l’abolitionnisme, les politiques de réparation, l’héritage du colonialisme et les origines complexes et souvent inattendues de l’humanitaire »

Frederick Douglass, né Frederick Augustus Washington Bailey vers 1818 et mort le 20 février 1895 àWashington DC, est un homme politique et écrivain américain. Né esclave, il sera l’un des plus célèbresabolitionnistes américains du xixe siècle. Son ouvrage La vie de Frederick Douglass, esclave américain, écrite par lui-même constitue un classique des témoignages d’esclaves qui connut un retentissement important lors de sa publication

Surnommé « Le sage d’Anacostia » ou « Le lion d’Anacostia », il fut candidat (malgré lui) à la vice-présidence des États-Unis aux côtés de Victoria Woodhull, la première femme à se présenter pour le poste de président des États-Unis, pour le Parti de l’égalité des droits (Equal Rights Party). Il affirma tout au long de sa vie sa ferme croyance en l’égalité de tous, noirs, femmes, indigènes ou immigrés récents. Son adage favori affirmait : « Je m’unirais avec n’importe qui pour faire le bien et avec personne pour faire le mal ».

 

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