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Archives de Tag: consommation

En 1746, dans une période de crise économique, le gouverneur de la Guadeloupe de Clieu regrettait l’incapacité du commerce métropolitain à approvisionner profusément les colonies en ces termes : « oserai-je hasarder l’idée que j’ai du grand inconvénient de l’état actuel des colonies, et où je le place, c’est dans la moindre consommation dont l’habitant a tout à fait pris le goût; réduit à se passer souvent du nécessaire il a appris à diminuer ses besoins; disposition funeste au commerce, et que je remarque avec peine être devenue générale, et c’est dans la vue de l’éloigner de cet esprit d’économie, et de le conserver au contraire dans l’utile nécessité des dépenses, que je n’ai cessé de penser qu’il était avantageux en tout temps de l’entretenir dans une sorte d’abondance ». La frugalité apparaît alors comme une vertu nuisible, génératrice d’effets pervers, contraire à la richesse de la métropole.

Travail, capitalisme et société esclavagiste

Guadeloupe, Martinique (VVIIe-XIXe siècles)

Caroline Oudin-bastide

Editions La découverte 2005 p 44-4

Si je pose cette question « Pourquoi fêter Noêl ? » c’est que quoiqu’issu depuis ma naissance d’une tradition où cette fête de fin d’année a une grande importance, un certain doute m’envahit aujourd’hui. Autant avouer que le sens de cette tradition culturelle est perdu pour moi.
Il faut dire que j’ai été impressionné par la spectaculaire manifestation organisée à Baie-Mahault par les patrons du supermarché de Destrellan. Reconnaissons que ces derniers ont fait preuve de grande imagination. Ils avaient invité la population à venir consommer sans pwofitasyon, de 4.30 du matin jusqu’à 8.30 c’est-à-dire que durant ce laps de temps les prix étaient baissés. Tout cela dans le respect de nos « mœurs et habitudes » -selon l’expression rendue célèbre en créole par Elie Domota-  car était prévu un grand « chanter Noël ». Résultat : près de 8 000 personnes (les enfants avaient été réveillés en pleine nuit pour accompagner les parents) se bousculaient dès quatre heures du matin aux portes du supermarché. De quoi rendre le leader du LKP (ou de ce qu’il en reste) perplexe car la dernière manifestation de rue organisée ce même mois de décembre par presque toutes les organisations syndicales de Guadeloupe n’avait réuni que 2 000 personnes à peu près.

Le succès des capitalistes de Destrellan est grand. Ils ont eu l’audace de mélanger consommation, question sociale, tradition culturelle et voire même une certaine religiosité dans cette étrange messe matinale. Il y a eu comme une translation, de la rue vers ce nouveau temple que constitue le supermarché. Si Jésus avait  chassé les marchands du temple, les patrons de Continent ont fait du marché un nouveau temple en y intégrant tout de même les fêtes de la Nativité. Ainsi a-t-on pu voir, parmi les  fidèles se précipitant à l’ouverture des portes, en première ligne, une femme poussant son bébé avec une allégresse indescriptible, comme en une sorte d’offrande sacrificielle. Comme une nouvelle madone ou vierge à l’enfant et il nous manque un Boticcelli guadeloupéen pour immortaliser la chose en une œuvre d’art. Les marchands de Destrellan ont pris leur revanche. On ne sait pas très bien ce (voir texte complet  en pièce jointe)

Lien :

A l’occasion de la journée mondiale des droits des consommateurs, 7 associations agrées organisent un salon des consommateurs de Guadeloupe, avec le soutien du Conseil Régional,

 au WTC,

le vendredi 15 mars de 15 à 19h et le samedi 16 mars de 9h à 16h.

5 stands thématiques seront tenus par les associations de consommateurs agrées, alors qu’un 6éme sera réservé aux organismes publics chargés notamment de la protection des consommateurs, qui ont été sollicités :

ARS, DAAF, DEAL, DIECCTE et IEDOM

Ce salon est un appel aux guadeloupéens à venir renforcer les associations de consommateurs dans leur volonté commune :

Ø   de multiplier les actions collectives des consommateurs contre la vie chère,

Ø   de s’opposer à toutes les pratiques commerciales portant atteinte aux droits des consommateurs ou à l’intérêt commun,

Ø   de promouvoir un comportement plus responsable des consommateurs eux-mêmes

Venez nombreuses et nombreux, en vue de participer à ces actions communes, qui vont nous conduire à l’ouverture imminente d’un portail WEB des consommateurs, mis à disposition par la Région et gérer en toute indépendance par nous.

En dehors des actions dictées par l’actualité, nous préparons des formations pour les membres actifs de nos associations, des relations plus soutenues avec les divers organismes publics de contrôle ou de régulation de la consommation, des campagnes d’information avec les médias, le renforcement de l’assistance juridique aux consommateurs …

Les 7 associations organisatrices sont issues d’univers différents, couvrant largement le champ des préoccupations des consommateurs :

Ø   l’univers des associations familiales, avec l’UDAF (Union Départementale des Associations Familiales) et l’UDCSFG (Union Départementale de la Confédération Syndicale des Familles de la Guadeloupe)

Ø   celui des syndicats, avec l’ADEIC (Association de Défense, d’Éducation  et d’Information du consommateur) et l’INDECOSA-CGTG (information défense des consommateurs salariés)

Ø   celui des associations d’usagers, avec l’AFUB (Association française des usagers des banques), la CNL (Confédération Nationale du Logement) et l’UDCLCV (Union Départementale Consommation, logement et Cadre de Vie)

Tout a commencé par un malentendu:

« Et si les Indes ne sont pas de ce côté où tu te couches, que m’importe!

Inde je te dirai. Inde de l’ouest: afin que je regagne mon rêve » (E Glissant « Poèmes » Seuil 1965 p128)

(…)

Mirage entretenu (comme on le dit d’une femme). L’industrie du tourisme y puise les arguments de sa publicité. Soleil, cocotiers, petits punchs et « doudous » à volonté. Le grand hôtel, pour un moment hors du temps, donne quelque consistance aux déréalités du fantasme. Aux yeux du monde (et d’elles-mêmes) les Antilles françaises restent ce lieu délicieux où l’homme renoue pour « une semaine tout compris » avec une chaleur gravide qu’il craignait à jamais perdue. Ce « peu de réalité » qui informe la réalité antillaise n’épargne aucun des domaines de l’activité sociale. L’économie y demeure marquée par l’espace des plantations et les contraintes de la monoculture (canne à sucre ou banane): produire ce que l’on ne consomme pas et consommer ce que l’on ne produit pas. La vie est ailleurs.

Caraïbales

Jacques André

Etudes sur la littérature antillaise p8

Editions caribéennes 1981

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