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Le colon doit planter pour la métropole, doit consommer les produits de celle-ci, en vue de l’enrichir, et peu importe à cette mère ingrate, que ses enfants, condamnés à l’exil, soient privés de ces douceurs qu’elle ne réserve que pour ses Benjamins. Le colon, à deux mille lieues, implanté sur son rocher, n’est plus qu’un être insolite, un polype, qui se renouvelle et dont la souche doit prendre racine, afin de pouvoir plus longtemps verser ses richesses dans la bourse de ses aînés.

Ainsi donc, toisé et daguerréotypé, le colon ne devient un homme utile à la métropole, qui daigne lui conserver sa nationalité, qu’à la condition qu’il sache aligner un sillon de cannes, niveler un chemin, orienter une pièce de café, creuser un canal et triturer son sucre. Jadis, comme nous pourrons nous en assurer, la qualité éminente du colon venait de l’obligation que la métropole lui imposait de consommer des nègres.

Adrien Dessalles

Histoire législative des Antilles ou annales du Conseil souverain T1 p3

(…) « Lorsque l’Européen qui débarque a un asile, d’où il peut considérer le lendemain sans inquiétude, il doit s’occuper de ce qu’exige de lui le luxe de la mode. Il ne lui demande pas des étoffes riches, mais légères; des toiles que la finesse de leur tissu ait rendu très-chères, et dont il relèvera la simplicité par des bijoux, dont l’oeil puisse être frappé. C’est le premier emploi qu’il doit faire de ses gains ou de son crédit: c’est la livrée coloniale. Ne la point porter, c’est se déprécier soi-même, ou prendre l’air d’un censeur dans un pays où l’on s’est promis de n’en point écouter ». Ainsi, à en croire Moreau de Saint-Méry, la « livrée coloniale » n’aurait-elle pas tant pour fonction d’exhiber la fortune de celui qui la porte – elle est acquise sur les premiers revenus réalisés ou même à crédit et ne trompe probablement personne – que de manifester son adhésion aux valeurs collectives des blancs : en l’adoptant le nouvel arrivant affiche d’emblée son refus de tout regard critique sur la société blanche, son mépris des valeurs d’économie, de frugalité; il manifeste clairement son refus de l’abstinence.

Travail, capitalisme et société esclavagiste

Guadeloupe, Martinique (VVIIe-XIXe siècles)

Caroline Oudin-bastide

Editions La découverte 2005 p 25

Christophe Colomb n’a pas seulement découvert le Nouveau Monde, il a été aussi, sans le vouloir, à l’origine de la création d’un monde nouveau.

Charles C. Mann nous offre ici une relecture passionnante de ce moment-clé de l’histoire de l’humanité. Après 1491, formidable état des lieux des cultures précolombiennes avant la découverte de l’Amérique, son nouveau livre aborde « l’échange colombien » : l’incroyable circulation de matières premières, de plantes et d’animaux qui s’est développée dès 1492 entre le Nouveau Monde et le reste de la planète. Archéologues, scientifiques, botanistes, entomologistes, anthropologues, géographes, biologistes et historiens soulignent à quel point cet échange a façonné le monde d’aujourd’hui. Ses conséquences ont été aussi importantes sur le plan politique et humain (légalisation de l’esclavage, commerce triangulaire) que sur le plan biologique (le transfert de certains animaux, plantes et micro-organismes d’un continent à l’autre ayant littéralement bouleversé les systèmes écologiques). Pour Charles C. Mann, c’est la naissance de ce monde globalisé qui est aujourd’hui le nôtre.

Ils appelèrent l’île, Guadeloupe, d’après le nom du mont Guadalupe, où l’on vénère une statue miraculeuse de la Vierge Immaculée. Les habitants lui donnent le nom de Carucueria. C’est le principal lieu de résidence des Caribes.

Le Nouveau Monde

Récit de Amérigo Vespucci,

Christophe Colomb, Pierre Martyr d’Anghiera

Préface de Tzvetan Todorov

Edition les Belles Lettres 1992 p36

« Mais cet homme illustre renonçant au nom établi par la coutume, voulut s’appeler Colon, restituant le vocable antique moins pour cette raison [ que c’était le nom ancien] que, il faut croire, mû par la volonté divine qui l’avait élu pour réaliser ce que son prénom et son nom signifiaient. La Providence divine veut habituellement que les personnes qu’Elle désigne pour servir reçoivent des prénoms et des  noms conformes à la tâche qui leur est confiée, ainsi qu’on le vit dans maint endroit de l’Ecriture Sainte ; et le Philosophe dit au chapitre IV de sa Métaphysique :  » les noms doivent convenir aux qualités et aux usages des choses. » C’est pourquoi il était appelé Cristobal, c’est-à-dire Christum Ferens, qui veut dire porteur du Christ, et c’est ainsi qu’il signa souvent; car en vérité il fut le premier à ouvrir les portes de la mer Océane, pour y faire passer notre Sauveur Jésus-Christ, jusqu’à ces terres lointaines et ces royaumes jusqu’alors inconnus. (…)Son nom fut Colon, qui veut dire repeupleur, nom qui convient à celui dont l’effort fit découvrir ces gens, ces âmes au nombre infini qui, grâce à la prédication de l’Evangile, (…) sont allées et iront tous les jours repeupler la cité glorieuse du Ciel. Il lui convient aussi pour autant qu’il fut le premier à faire venir des gens d’Espagne (quoique pas ceux qu’il aurait fallu), pour fonder des colonies, ou populations nouvelles, qui, s’établissant au milieu des habitants naturels (…), devaient constituer une nouvelle (…) Eglise chrétienne et un Etat heureux. »

La conquête de l’Amérique

La question de l’autre

Tzvetan Todorov

Seuil 1982 p.38

« Colons européens venus à leurs frais. Ils possédaient des terres que le gouvernement local leur avait accordées en toute propriété, moyennant une redevance de tabac, de coton et de sucre. »

Source: « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique. p: XXXi

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