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Figures

Tout le monde sait que l’histoire de l’humanité commence par le récit biblique de l’Arche de Noé. Mais qui se souvient que quelques versets plus loin? Noé, ivre, est surpris par son fils Cham dans son plus simple appareil. A son réveil ; furieux, Noé maudit Cham en la personne de son fils, Canaan, le condamnant ainsi que sa descendance a être esclaves. Cet épisode ne serait pas aussi singulier s’il n’avait échappé au domaine théologique pour contaminer celui de l’Histoire : il servit aux Hébreux à justifier la conquête de la Palestine, aux Arabes et aux Européens à légitimer l’esclavage des Noirs, tandis que les protestants l’utilisèrent pour condamner la colonisation espagnole de l’Amérique et le papisme…
Guillaume Hervieux reprend le texte sacré, analyse les interprétations des écrivains chrétiens, juifs et musulmans, et ses instrumentalisations politiques et économiques depuis deux mille cinq cents ans. L’on découvre alors un mythe d’une richesse thématique extraordinaire et son rôle fondateur dans la construction des mentalités, notamment à travers les débats sur l’idolâtrie, la diversité raciale, les conquêtes territoriales, l’esclavage. Un mythe si bien ancré qu’aujourd’hui encore il resurgit parfois pour alimenter le contentieux mémoriel entre les peuples.

Diplôme en science des religions, Guillaume Hervieux est l’auteur de La Bible, le Coran et l’esclavage.

Article sur le site des éditions Perrin

L´ivresse de Noé
Histoire d´une malédiction

Guillaume HERVIEUX

Parution : janvier 2011 
ISBN : 978-2-262-02772-8
Pages : 372
Prix : 23,50€

 

 

De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe sont passés par Ellis Island, un îlot de quelques hectares où avait été aménagé un centre de transit, tout près de la statue de la Liberté, à New York. Parce qu’ils se sentaient directement concernés par ce que fut ce gigantesque exil, Georges Perec et Robert Bober ont dans un film, Récits d’Ellis Island, histoires d’errance et d’espoir INA, 1979, décrit ce qui restait alors de ce lieu unique, et recueilli les traces de plus en plus rares qui demeurent dans la mémoire de ceux qui, au début du siècle, ont accompli ce voyage sans retour. Notre livre se compose de trois grandes parties.
La première restitue, à travers une visite à Ellis Island et à l’aide de textes et de documents, ce que fut la vie quotidienne sur ce que certains appelèrent « l’île des larmes ».
Dans la deuxième, « Description d’un chemin », Georges Perec évoque sa relation personnelle avec les thèmes de la dispersion et de l’identité.
La troisième, « Mémoires », reprend les témoignages d’hommes et de femmes qui, enfants, sont passés par Ellis Island et racontent leur attente, leur espoir, leurs rêves, leur insertion dans la vie américaine.

Un film de 1979 produit par l’INA que je n’ai pas encore trouvé. Un petit cailloux sur un chemin qui s’est ouvert au détour d’une conversation anodine. Merci Sylvaine, Lydie et Sandrine. Sur ma liste j’ai cette photo, un livre, et peut-être un film si je le trouve.

Grâce au dieu google on trouve aussi des petits cailloux:

 On voit grâce à lui comment le projet s’appuie d’abord sur des histoires multiples pour de plus en plus les mettre à distance : le descriptif domine dès lors et le commentaire, qui énonce aussi un discours autobiographique à deux voix. Perec y explicite pour la première fois ce que représente pour lui la judéité : refusant de « ressasser » les légendes de l’immigration américaine, le trop-plein des anecdotes, il se confronte à son histoire brisée, marquée par l’absence.

Cette histoire m’intéresse de plus en plus.

ImageEn 1892, juste après l’ouverture d’Ellis Island, Augustus Frederick Sherman (1865-1925), fils d’un commerçant de Pennsylvanie, photographe amateur, entre comme employé au Bureau de l’immigration. Une position privilégiée qui lui donne accès aux femmes et aux hommes détenus dans le centre, en attendant que l’on statue sur leur sort.
Pendant vingt ans, de 1905 à sa mort en 1925, il construit une œuvre photographique autour de ces migrants, saisis entre deux mondes, entre deux vies, entre la peur et l’espoir, enfermés symboliquement dans le cadre au moment où ils sont retenus entre les murs d’Ellis Island. De ce travail, il reste aujourd’hui près de 250 images, longtemps oubliées, qui entrent dans les collections du musée d’Ellis Island à la fin des années 1960, après un don de la nièce du photographe. On sait peu de chose sur le dispositif photographique mis en place par Augustus F. Sherman. Après s’être, un temps, essayé à la liberté du reportage, il décide de se consacrer au portrait. Au début du siècle, le genre reste figé par les contraintes techniques : un matériel lourd, des temps de pose encore longs.

Sherman travaille de préférence en intérieur, devant un fond neutre, le plus souvent un paravent emprunté à la salle d’examen médical. Quelques-uns de ses portraits sont pris en extérieur, en lumière naturelle, sur une terrasse, une pelouse ou les toits du bâtiment. De ses modèles, ne restent que quelques indications manuscrites, inscrites sur les photographies. Elles portent le plus souvent sur la nationalité, la religion ou la profession de ceux qui posent, mais les histoires singulières sont passées sous silence. Car Augustus Frederick Sherman se soucie peu de mettre en valeur la personnalité de ses modèles, comme c’est la règle dans le portrait classique. Dans cette photographie de « types », le fond neutre gomme le contexte, isole le modèle pour mettre l’accent sur des traits physiques censés révéler le « caractère » de tout un groupe. Le recours fréquent aux costumes redouble ici le poids du collectif et accentue le sentiment d’altérité.

Colon fait comme si entre les deux actions s’établissait un certain équilibre : les Espagnols donnent la religion et prennent l’or. Mais, outre que l’échange est assez asymétrique et n’arrange pas forcément l’autre partie, les implications de ces deux actes sont à l’opposé les unes des autres. Propager la religion présuppose qu’on considère les Indiens commes ses égaux ( devant Dieu). Mais s’ils ne veulent pas donner leurs richesses? Il faudra alors les soumettre, militairement et politiquement, pour pouvoir les leur prendre de force ; autrement dit les placer, du point de vue cette fois-ci humain, dans une position d’inégalité (d’infériorité). Or, c’est encore sans la moindre hésitation que Colon parle de la nécessité de les soumettre, ne s’apercevant pas de la contradiction entre ce qu’entraînent l’une et l’autre de ses actions, ou tout au moins de la discontinuité qu’il établit entre le divin et l’humain. Voici pourquoi il remarquait qu’ils étaient craintifs et ne connaissaient pas l’usage des armes. « Avec cinquante hommes Vos Altesses les tiendraient tous en sujétion et feraient d’eux tout ce qu’Elles pourraient vouloir » (« journal » 14.10.1492) : est-ce encore le chrétien qui parle? Est-ce d’égalité qu’il s’agit ? Partant pour la troisième fois pour l’Amérique, il demande la permission d’amener avec lui des criminels volontaires, qui seraient du coup graciés : est-ce encore le projet évangélisateur ?

La conquête de l’Amérique

La question de l’autre

Tzvetan Todorov p 61

« Mais cet homme illustre renonçant au nom établi par la coutume, voulut s’appeler Colon, restituant le vocable antique moins pour cette raison [ que c’était le nom ancien] que, il faut croire, mû par la volonté divine qui l’avait élu pour réaliser ce que son prénom et son nom signifiaient. La Providence divine veut habituellement que les personnes qu’Elle désigne pour servir reçoivent des prénoms et des  noms conformes à la tâche qui leur est confiée, ainsi qu’on le vit dans maint endroit de l’Ecriture Sainte ; et le Philosophe dit au chapitre IV de sa Métaphysique :  » les noms doivent convenir aux qualités et aux usages des choses. » C’est pourquoi il était appelé Cristobal, c’est-à-dire Christum Ferens, qui veut dire porteur du Christ, et c’est ainsi qu’il signa souvent; car en vérité il fut le premier à ouvrir les portes de la mer Océane, pour y faire passer notre Sauveur Jésus-Christ, jusqu’à ces terres lointaines et ces royaumes jusqu’alors inconnus. (…)Son nom fut Colon, qui veut dire repeupleur, nom qui convient à celui dont l’effort fit découvrir ces gens, ces âmes au nombre infini qui, grâce à la prédication de l’Evangile, (…) sont allées et iront tous les jours repeupler la cité glorieuse du Ciel. Il lui convient aussi pour autant qu’il fut le premier à faire venir des gens d’Espagne (quoique pas ceux qu’il aurait fallu), pour fonder des colonies, ou populations nouvelles, qui, s’établissant au milieu des habitants naturels (…), devaient constituer une nouvelle (…) Eglise chrétienne et un Etat heureux. »

La conquête de l’Amérique

La question de l’autre

Tzvetan Todorov

Seuil 1982 p.38

Le 20 janvier 1758, un arrêt du Conseil du Cap ordonne l’exécution du fameux Macandal, condamné à être brûlé vif après avoir subi la question, comme séducteur, profanateur et empoisonneur. On rappelle les sortilèges, les maléfices, les paquests magiques dont il s’était servi pour séduire les nègres. Moreau de Saint-Méry dit à ce propos que le nom de Macandal, « justement abhorré, suffit pour désigner tout à la fois un poison et un empoisonneur; c’set encore l’injure la plus atroce qu’un esclave puisse vomir contre un autre à Saint Domingue »

Lucien Peytraud (1858- 1?)

L’esclavage aux Antilles françaises avant 1789 d’après des documents inédits des archives coloniales p317

« … Dominique-Barthélemy de la Tour de Varan, né le 24 juillet 1771, fit ses études chez les prêtres oratoriens de Notre-Dame-de-Grâce. Une maladie l’empêcha de les terminer, et ce fut grand dommage, car il avait l’esprit pénétrant, une grande facilité de conception et la mémoire des plus heureuses. Après son rétablissement, ses parents, qui voulaient en faire un homme de guerre et non un docteur, lui obtinrent une sous-lieutenance dans le régiment de Forez où se trouvait déjà son frère aîné, en 1783. En 1790, dans le mois de février, il s’embarqua avec son bataillon pour la Martinique, où Louis XVI envoyait des troupes pour éliminer les premiers mouvements révolutionnaires qui s’y faisaient déjà sentir. A peine arrivé, ce bataillon eut à lutter avec les agents de la révolte, et dans un premier combat provoqué par l’anarchie, Dominique-Barthélemy eut une jambe cassée d’une balle. On le porta à l’hôpital de la Pointe-à-Pitre, où bientôt les révolutionnaires égorgés

La Tour-Varan (Jean Antoine de).- Études historiques sur le Forez. Armorial et généalogies des familles qui se rattachent à l’histoire de Saint-Étienne ou aux chroniques des chateaux et des abbayes…- Saint-Étienne : Impr. de Montagny, 1854.- VIII-470 p. Pp. 287-9 :

Jeanne Odo est une ancienne esclave de Saint-Domingue. Le 4 juin 1793, alors âgée de 114 ans, elle est en France à la tête d’une délégation de la Société des Citoyens de couleur et de soldats de la Légion des Américains (régiment révolutionnaire formé de gens de couleur vivant en France).

Ce jour-là, Jeanne Odo remet solennellement à l’Assemblée un drapeau tricolore très particulier, représentant trois personnages : un Noir sur la bande bleue, un Blanc sur la bande blanche et un métis sur la rouge. Les trois hommes sont debout et portent une pique surmontée du bonnet de la liberté. Une devise est inscrite sur le drapeau : « Notre union fera notre force ».

Ce drapeau est celui de « l’égalité de l’épiderme » : il affirme que le principe d’égalité énoncé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est universel, c’est-à-dire qu’il s’applique à tous les hommes, quelle que soit la couleur de leur peau.

La Convention accepte de recevoir l’étendard, qu’elle baptise « signal de l’union » : union entre la Révolution française et la révolution de Saint-Domingue. Les députés se lèvent même pour rendre hommage à la vieille femme noire qui a pris la tête de la délégation.

Le président de séance, après lui avoir donné le baiser fraternel, l’installe à sa gauche.

L’abbé Grégoire intervient alors, et, faisant un parallèle avec la cérémonie de 1789 en l’honneur de l’abolition du servage, demande à la Convention de faire disparaître « l’aristocratie de la peau ».

Source: les îlots de la liberté Quai Branly

représentant en 1848, né à Saint-Ouen-l’Aumône (Seine-et-Oise) le 25 octobre 1805, mort à Saint-Ouen-l’Aumône le 29 septembre 1834, fils d’un aubergiste, d’autres disent d’un marchand de porcs. fut d’abord clerc de notaire, puis clerc d’avoué, vint à Paris, en 1824, dans une maison d’imagerie, et, après avoir quelque temps cherché sa voie, s’établit libraire : l’édition des pamphlets de Cormenin, dont ce dernier faisait d’ailleurs les frais, et qui se vendaient à grand nombre. le mirent en vue. Combattant de juillet 1830, il fut de ceux qui pressèrent vainement La Fayette de proclamer la République et de convoquer une Assemblée constituante. Lorsque Louis-Philippe se rendit avec des intentions toutes différentes, à l’Hôtel de Ville, Pagnerre saisit la bride de son cheval, essaya même de lui faire rebrousser chemin, devint bientôt, sous la monarchie constitutionnelle, le libraire et l’éditeur attitré des écrivains du parti démocratique, collabora lui-même à un ouvrage qui fit un certain bruit: Paris révolutionnaire, et publia l’Histoire de Dix ans, de Louis Blanc, les pamphlets de La Mennais, les recueils de biographies parlementaires rédigés sous les auspices de la gauche dynastique, etc. A plusieurs reprises, il fut poursuivi et condamné pour les écrits qu’il éditait; mais il ne cessa de se mêler très activement aux luttes de l’opposition, fut membre de la Société Aide-toi, le Ciel t’aidera, président de la Société républicaine pour l’éducation du peuple, commissaire de diverses sections de la Société des Droits de l’homme, secrétaire de l’Association la liberté de la presse, et organisateur (1845) du comité central des électeurs de la Seine, puis de la plupart des banquets réformistes : c’est à lui qu’est due la fondation du Comptoir d’Escompte et du Cercle de la Librairie. En relation avec les principaux membres du parti républicain, surtout avec les hommes du National, dont il partageait les idées, il fut, au lendemain de la révolution de février 1848, nommé adjoint au maire de Paris par son ami, Garnier Pages, puis maire du 10° arrondissement, et (1er mars) secrétaire général du gouvernement provisoire. Il contresigna en cette qualité plusieurs décrets importants du gouvernement. Le 9 mars, il fut placé à la tête du Comptoir national d’escompte, dont il resta jusqu’à sa mort un des administrateurs. Les élections du 23 avril 1848 envoyèrent M. Pagnerre à l’Assemblée constituante, comme l’élu de deux départements: la Seine, qui le nomma, le 16e sur 34, par 136,117 voix (267,888 votants, 399,191 inscrits), et Seine-et-Oise, qui le désigna, le 9e sur 12, avec 55,612 voix. Il opta pour Seine-et-Oise, prit place au centre parmi les républicains modérés, devint secrétaire général de la Commission exécutive, contribua à la répression de l’insurrection de juin, et vota : contre le rétablissement du cautionnement, pour l’abolition de la peine de mort, contre l’amendement Grévy, contre l’abolition du remplacement militaire, contre le droit an travail, pour la proposition Rateau, pour l’interdiction des clubs, pour les crédits de l’expédition romaine, contre la mise en accusation du président et des ministres. Il ne fit qu’une opposition réservée à la politique présidentielle de L.-N. Bonaparte. Rentré dans la vie privée, après avoir refusé les fonctions de directeur de l’Imprimerie nationale, il reprit la direction de sa librairie.

source : assemblée nationale
REPÈRES CHRONOLOGIQUES
– I793 – Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue en août et septembre, par les Commissaires civils Sonthonax et Polverel.
– I794 – I6 pluviôse an II (4 février): abolition de l’esclavage dans les colonies françaises par la Convention
– I8O2 – Rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte par décret du 20 mai. Arrivée des forces expéditionnaires envoyées à Saint-Domingue et en Guadeloupe par Bonaparte. Répression contre les rebelles en Guadeloupe par le Général Richepanse. Arrestation et déportation de Toussaint Louverture vers la France en juillet 1802.
– I8O3 – Mort de Toussaint Louverture le 7 avril au Fort de Joux (Doubs). Poursuite de la guerre coloniale à Saint-Domingue. Novembre : défaite des troupes françaises à la bataille de Vertières.
– I8O4 – 1er janvier: Déclaration d’Indépendance de Saint-Domingue sous le nom de Haïti, par Jean-Jacques Dessalines. Naissance de Victor Schoelcher le 22 juillet à Paris.
– I8O7 – Interdiction de la traite négrière par l’Angleterre et le Danemark.
– I8I5 – Congrès de Vienne: les pays européens acceptent l’interdiction théorique de la traite négrière.
– I8I6 – Décrets d’abolition de l’esclavage de Simon Bolivar.
– I8I8-I8I9 – Courtes études de Victor Schoelcher au Lycée Louis-le-Grand. Victor travaille à partir de l’âge de I5 ans dans la fabrique de porcelaines familiale, rue du Faubourg Saint-Denis à Paris.
– I8I9 – Indépendance de la Colombie.
– I822 – Fondation, à Paris, de la Société de la Morale Chrétienne. Auguste de Staël, notamment, y anime le Comité de lutte contre la traite négrière et l’esclavage. Indépendance du Mexique. Abolition de l’esclavage et indépendance à Santo Domingo. Indépendance du Brésil.
– I823 – Fondation, à Londres, de la Société pour l’Abolition de l’esclavage.
– I824-I825 – Affaire et procès de Bissette, Fabien et Volny en Martinique, accusés de diffusion d’une brochure réclamant des droits civiques pour les « hommes de couleur » libres.
– I825 – Reconnaissance par la France de l’Etat haïtien qui accepte de verser une indemnité de 150 millions de francs à son ancienne puissance coloniale.
– I828 – Marc Schoelcher associe officiellement son fils Victor à son entreprise.
– I828-I83O – Premier voyage de Victor Schoelcher aux Amériques. Il part pour le Mexique via les Etats-Unis (New York, la Louisiane) et Cuba. Envoi de ses premiers articles sur l’esclavage à la Revue de Paris.
– I83O-I833 – Publication des premières critiques d’art de Schoelcher dans la revue L’Artiste.
– I83I – Reconnaissance de droits civiques aux « hommes de couleur » libres dans les colonies françaises. Loi du 4 mars interdisant la traite négrière.
– I833 – Schoelcher publie De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale, Paulin, Paris. Vote de l’Abolition Bill par le Parlement britannique (appliqué à partir d’août I834, effectif au Ier août I838).
– I834 – Fondation, à Paris, de la Société française pour l’abolition de l’esclavage par le Comité de lutte contre la traite négrière et l’esclavage de la Société de la Morale Chrétienne. Fondation par Cyrille Bissette, à Paris, de la Société des Hommes de couleur et de la Revue des Colonies (paraît jusqu’en I843).
– I834-I844 – Schoelcher effectue plusieurs voyages en Europe: Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, Italie.
– I836 – Fondation en Guadeloupe de la loge maçonnique des « Disciples d’Hiram ».
– I839 – Fondation à Londres de la British and Foreign Anti-Slavery Society. Indépendance du Guatemala.
– I84O – Schoelcher publie Abolition de l’esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés (Pagnerre, Paris). Il échoue au concours de la Société des Amis des Noirs.
– I84O-I84I – Second voyage de Schoelcher aux Caraïbes: Guadeloupe, Martinique, Jamaïque, Antigua, Dominique, colonies danoises, Haïti, Puerto Rico.
– I84O-I843 – Travaux, à Paris, de la commission chargée de la révision de la législation des colonies et de l’esclavage, présidée par le Duc Victor de Broglie.
– I84I – Indépendance du Salvador.
– I842 – Schoelcher publie Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage (Pagnerre, Paris).
– I843 – Schoelcher publie Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l’émancipation anglaise. Coup d’oeil sur l’état de la question d’affranchissement (Pagnerre, Paris).
– I843 – Février: tremblement de terre en Guadeloupe. Outre de nombreuses victimes, le cataclysme détruit une grande quantité d’ateliers et sucreries. On reconstruit en appliquant de nouvelles techniques de traitement de la canne et de fabrication des sucres.
– I844 – Schoelcher publie De la pétition des ouvriers pour l’abolition immédiate de l’esclavage (Pagnerre, Paris).
– I844-I845 – Voyage de Schoelcher en Egypte, en Grèce, en Turquie.
– I845 – Vote de la loi Mackau modifiant le régime de l’esclavage (droit à l’instruction pour les esclaves, possibilité de constituer un pécule et de se racheter, fixation des horaires de travail).
L’Abbé Casimir Dugoujon publie De l’esclavage dans les colonies françaises (Pagnerre, Paris, I845).
– I846 – Schoelcher publie L’Egypte en I845 ( Pagnerre, Paris).
– I847 – Schoelcher publie Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années (Pagnerre, Paris). Abolition de l’esclavage par la Suède à Saint-Barthélémy.
– I848 – 23-25 février: journées révolutionnaires à Paris qui mettent fin à la Monarchie. Proclamation de la République et formation d’un gouvernement provisoire. Schoelcher a quitté le Sénégal en janvier. Le 3 mars, à son arrivée à Paris, il rencontre François Arago, ministre de la Marine. Le principe de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises est adopté le 4 mars. Schoelcher est nommé sous-secrétaire d’Etat aux Colonies et président de la Commission d’abolition de l’esclavage. Le décret d’abolition de l’esclavage est signé par le Gouvernement provisoire le 27 avril.
Schoelcher occupe ses fonctions ministérielles du 5 mars au I7 mai I848. Il préside la commission d’abolition de l’esclavage du 5 mars au 21 juillet. Il est élu représentant du peuple en Guadeloupe et en Martinique et opte pour la Martinique, siège du « Gouvernement général des Antilles françaises ». Son siège de représentant de la Guadeloupe est alors occupé par son suppléant, Louisy Mathieu, ancien esclave.
Abolition de l’esclavage dans les colonies danoises des Caraïbes en juillet.
– I849 – Schoelcher publie Nouvelles observations sur les élections de la Guadeloupe et La Vérité aux ouvriers et cultivateurs de la Martinique (Pagnerre, Paris).
– I85I – Schoelcher publie Protestations des citoyens français nègres et mulâtres contre des accusations calomnieuse, Le procès de Marie-Galante, Abolition de la peine de mort.
Vote par le Congrès de la loi sur les esclaves fugitifs aux Etats-Unis. Schoelcher publie L’esclavage aux Etats-Unis, La loi du I8 septembre I85O sur les esclaves fugitifs et L’insurrection de Cuba et les Etats-Unis.
Procès de l’indépendantiste Marie-Léonard Sénécal en Guadeloupe. Abolition de l’esclavage en Colombie. Création de banques coloniales pour la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion.
2-3 décembre: résistance de Schoelcher au coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Début de sa vie de proscrit. Fin décembre, il quitte la France pour la Belgique via la Suisse et l’Allemagne.
– I852 – Schoelcher quitte Bruxelles pour Londres. Début de son amitié avec Victor Hugo qu’il rencontre à Jersey puis à Guernesey. Il publie Histoire du crime du 2 décembre. La Constitution française supprime l’exercice de tous droits politiques aux colonies. Le gouvernement signe des conventions pour l’introduction dans les colonies françaises de travailleurs sous contrats originaires des territoires d’Afrique et de l’Inde contrôlés par les Britanniques.
Parution de la Case de l’Oncle Tom de H. Beecher-Stowe aux Etats-Unis.
– I853 – Schoelcher publie Le gouvernement du 2 décembre.
– I854 – Schoelcher publie Dangers to England of the alliance with the men of the Coup d’Etat.
Senatus-consulte rétablissant les assemblées locales dans les colonies: les conseils généraux.
– I855 – Arrêté Gueydon sur la « police du travail » en Martinique.
– I857 – Schoelcher publie Life of Handel (Trübner, Londres). Arrêté Husson sur la « police du travail « en Guadeloupe
– I859 – Schoelcher refuse l’amnistie accordée aux proscrits par Napoléon III. Raids de John Brown à la tête d’esclaves rebellés en Virginie. Il est pendu à Charleston en décembre. Appel de Victor Hugo en sa faveur.

- I86I – Abraham Lincoln est élu président des Etats-Unis. Début de la Guerre de Sécession.
Intervention européenne au Mexique.
– I863 – Abolition de l’esclavage aux Etats-Unis par Lincoln. Mesure appliquée dans l’Union en I865, à la fin de la Guerre de Sécession.
– I865 – Abolition de l’esclavage aux Etats-Unis. Fondation du Ku Klux Klan dans le Tennessee. Rébellion de Morant Bay en Jamaïque.
– I866 – Senatus-consulte élargissant les compétences des conseils généraux des colonies.
– I868-I878 – Guerre de Dix Ans à Cuba.
– I87O – Schoelcher publie Sunday Rest (Le repos du dimanche). Août : guerre entre la France et la Prusse. Schoelcher rentre à Paris au mois d’août. Défaite de la France à Sedan le 4 septembre. Instauration d’un gouvernement de Défense nationale. Rétablissement d’un régime républicain. Colonel de l’Etat-major général des Gardes nationaux, Schoelcher est vice-président de la commission des barricades pour la défense de Paris. Il prend la tête d’un Comité des Alsaciens formé à Paris. Insurrection dans le sud de la Martinique. Vote de la loi d’abolition de l’esclavage dans les colonies espagnoles par les Cortès, présentée par Segismundo Moret.
– I87I – Sous la Commune de Paris, Schoelcher est parmi les partisans de la conciliation. Il élabore, en avril 1871, un projet de Ligue de la Paix. Elu le 8 février représentant du peuple à Paris puis en avril en Guyane et à la Martinique, qu’il choisit de représenter à nouveau.
– I872 – Schoelcher publie L’arrêté Gueydon à la Martinique et l’arrêté Husson à la Guadeloupe (Le Chevalier) et de Le 2 décembre. Les massacres dans Paris (Librairie de la Bibliothèque Démocratique, Paris). Il est membre de la Commission du Travail colonial créée par le ministère de la Marine et des Colonies.
– I873 – Schoelcher publie La famille, la propriété et le christianisme et Le jury aux colonies (Le Chevalier). Abolition de l’esclavage à Puerto Rico.
– I874 – Schoelcher est nommé président de la Société de Secours mutuel des Créoles.
– I875 – Schoelcher est élu sénateur inamovible. Il adhère à la Société pour l’Amélioration du Sort des Femmes. Publication de La grande conspiration du pillage, de l’incendie et du meurtre à la Martinique.
– I877 – Schoelcher publie Restauration de la traite des Noirs à Natal.
– I879 – Schoelcher publie Le vrai Saint-Paul.
– I88O – Schoelcher publie L’esclavage au Sénégal. Il participe au Congrès de la Ligue du Droit des Femmes. Début de l’application de la loi Moret à Cuba.
– I88I – Schoelcher publie Modernité de la musique et L’esclavage au Brésil. Il est membre du Conseil Supérieur des Colonies. Début des travaux de construction du canal de Panama.
– I882 – Schoelcher fonde à Paris, avec Gaston Gerville-Réache, le journal Le Moniteur des Colonies. Il effectue à Londres une mission d’étude sur les hospices et asiles de nuit pour enfants. Il est rapporteur devant le Sénat des lois scolaires instituant l’école primaire gratuite et obligatoire. Il publie le tome I de Polémique coloniale (E. Dentu).
– I883 – Schoelcher publie L’immigration aux colonies (Imprimerie du Moniteur des Colonies).
– I879-I884 – Schoelcher fait don d’ouvrages, de manuscrits, d’objets d’art à la Bibliothèque Nationale, au Conservatoire, à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, au Musée d’Ethnographie du Trocadéro (Musée de l’Homme), au Musée des Antiquités nationales, au Musée de Cluny, à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique. Il loue à partir de cette période une maison à Houilles, dans la banlieue ouest de Paris et conserve son appartement parisien de la rue de la Victoire.
– I886 – Schoelcher publie le tome 2 de Polémique coloniale (ibid.). Abolition de l’esclavage à Cuba.
– I888 – Abolition de l’esclavage au Brésil.
– I889 – Schoelcher publie Vie de Toussaint Louverture (Ollendorff) pour le centenaire de la Révolution Française. Arrêt de l’immigration de travailleurs indiens dans les colonies françaises des Caraïbes.
– I892 – Schoelcher se retire définitivement dans sa maison de Houilles.
– I893 – Mort de Victor Schoelcher à Houilles (Yvelines) le 25 décembre.
– I894 – Inhumation de Schoelcher le 5 janvier au cimetière du Père Lachaise.
– I895-I898 – Guerre hispano-cubaine.
– I898 – Guerre hispano-américaine à Cuba. Indépendance de Cuba. Traité de Paris fixant la tutelle des Etats-Unis sur Cuba et Puerto Rico.
– I949 – Transfert de Schoelcher au Panthéon, le 2O mai.

Source : le Sénat

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