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Archives de Tag: écriture

Je vous invite à visiter ma bibliothèque en ligne et à y contribuer si vous le souhaitez. Sur la page d’accueil 2 jeux. L’oracle, à consulter le matin si ça vous chante ou le soir pour guider vos rêves. La page blanche pour tester vos connaissances littéraires. La « Une » où je parle des livres que j’ai aimé. Pour finir des citations littéraires.

La bibliothèque s’appelle Histoires en chemin. Création Julie Chetaille. Je suis une fan de ses photographies que vous pouvez consulter ici. Merci à Clément Azar pour ses contributions. Je les mettrais tout bientôt en ligne.

Gilda

Ah oui et le site  www.histoiresenchemin.fr c’est ici ! Et aussi j’oubliais un autre jeu très amusant pour ceux qui souhaitent écrire « la petite fabrique des écritures ». Il s’agit d’un atelier d’écriture en ligne. Au bout du jeu vous aurez écrit votre texte accompagné des écrivains lus sur Histoires en chemin. Il suffit de lancer la petite fabrique…

Le titre du post est l’incipit d’un roman mais lequel? Un séjour en Guadeloupe à gagner pour ceux qui trouvent la bonne réponse!! Non je rigole. Il n’y a rien à gagner du tout. Même pas un ebook « 30 jours pour écrire mon roman » ou encore « Rencontrez l’âme soeur en 3 jours seulement » en téléchargement. Rien de rien!!!

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ETC CARAIBE 

en partenariat 

avec l’Ecole Internationale de Théâtre du Bénin  (EITB)
 
ouvre un

APPEL A RESIDENCE D’ÉCRITURE AU BENIN
 
Cet appel à résidence est ouverte aux écritures dramatiques féminines francophones de la Caraïbe et de Guyane.
 
Le lieu de la résidence se situera  à Ouidah au Bénin du 21 novembre au 21 décembre 2014.
 
Cette ville berceau historique du vaudou mais également porte du départ des esclaves d’Afrique de l’ouest vers les Antilles est porteuse de sens pour la Caraïbe et d’inspiration pour les auteurs. 
 
L’objet de cette résidence est de permettre à une auteure de la Caraïbe de développer un projet d’écriture personnel.

 Cette résidence se déroulera à l’Ecole Internationale de Théâtre du bénin,conservatoire de théâtre pour la formation des comédiens d’Afrique de l’ouest.

 
Au fil de son écriture,l’auteure pourra ainsi mettre son texte à l’épreuve des voix, de la verticalité avec les jeunes comédiens de l’école.
 
Au terme de la résidence,une lecture ouverte au public sera présentée lors du festival International du Théâtre du Bénin ou du festival « migration » qui auront lieu durant la période de résidence.
Une belle opportunité aussi de découvrir le théâtre africains et plus largement francophone à travers les spectacles programmés.
 
L’auteure est entièrement pris en charge (déplacement, hébergement et perdiems) par l’EITB et Etc caraibe.
 
Pas de thème d’écriture requis.

Cette résidence d’écriture s’inscrit dans le programme de partenariat internationaux d’Etc caraibe, soutenu par le ministère de la Culture, les Régions et départements de Martinique, Guadeloupe et Guyane et l’IFPC UNESCO.

Pour tout dépôt de candidature, envoyez votre CV, lettre de motivation expliquant votre projet d’écriture à:

Danielle VENDE
Directrice

 

 

Dans « Un Archipel de Solitudes » d’emblée, je fais dire à un personnage : « Moi, je crois plus le théâtre que la vie, parce que le théâtre ment… délibérément, pour que chacun y trouve sa vérité…Ce n’est pas la vérité nue, mais en tenue-cérémonie »…
La quête incessante du renouvellement est une vraie exigence, qu’on ne commence à se poser sérieusement que lorsqu’on crée. La création nous obligeant à détruire sans cesse le déjà-là, tout au moins à le dépasser. Laisser parler l’absence d’autre chose. Non à faire œuvre didactique : démontrer qu’on vient de quelque part, au lieu d’aller notre chemin tranquille, où nous mènent nos pas. Es nou ka vwè kréyol kon drapo ( toujou menm jan sièk an sièk), kon barikad kont lasimilasyon… oben on lang vivan, on lang ki paré fè chimen tout lang pou fè lè i vlé viv,… tout kalté chimen. Pou sa, es makè d’lang la paré pou menné’y  an driv… Kaskòd évè limenm tanzantan pou kò a’y pli bon akontinyé ?
Historiquement, deux choses on bloqué notre créativité : le nationalisme français et le nationalisme guadeloupéen. Ils ont été à la fois rivaux et complices en prétendant chacun savoir ce qui était bon pour le peuple, en imposant des modèles et en sommant chacun de se ranger derrière un drapeau.  être français ou rien, guadeloupéen ou rien. Soyons justes, cependant! Il faut pardonner au second en lui accordant des circonstances atténuantes. La recherche quasi obligatoire de « mès é labitid an nou »  était tout à fait liée au sentiment général dans la population : un sentiment d’être non seulement en train de se perdre mais surtout d’être méconnu. C’est un aspect très important de notre être au monde. Nous avons tellement longtemps été ignorés que la revendication est forte d’être vu et entendu. Le besoin de reconnaissance par autrui a très vite informé les recherches et tentatives de beaucoup d’artistes. On n’y échappe difficilement.
Gerty Dambury me disait, dans un de nos nombreux échanges : « Pendant que nous nous figions dans une image de nous que nous voulions revoir, marque indélébile de notre différence, nous offrions ces traits de nous-mêmes comme spectacle à regarder de l’extérieur. Les comédiens avec qui j’ai travaillé m’ont plusieurs fois laissée pantoise lorsque je les regardais proposer à un metteur en scène des schémas tout tracés (danse, yé krik-yé krak, tambour…) comme marque de leur identité de comédien. Comme si un comédien africain américain arrivait à un casting en disant : je sais faire des claquettes et je danse très bien le limbo, je fais le ménestrel et le reste. »
Et j’ai renchéri : « Dîtes tchyip quatre fois dans une tirade et vous aurez exhibé votre papier d’identité !… Car, au fond, ce n’est pas l’étranger qu’on veut convaincre, mais soi-même. C’est une vraie compensation par rapport à notre incapacité politique (pour le moment) de nous ériger en peuple incontestablement différent, cette manière de se jouer avant que d’être. Je ne suis que le refuge de moi-même, je me blottis dans ce truc par peur de me déployer. »
Je pense qu’il faut dédramatiser la cohabitation et la copulation de ces deux langues dans notre vie de tous les jours. Libérer chacune de leur mode de vivre en colonie. Laisser chacune faire l’impossible pour nous tirer de là. J’ai écrit dans un article que l’opération de décolonisation ne sera pas forcément le résultat maudit d’une soustraction, mais, possibilité d’addition aux autres. Hors du confinement forcé franco-français, les langues et cultures créoles pourraient mieux parler au Monde. De même, le français pourrait mieux servir à dire au Français que nous ne sommes pas Français. Le plus terrifiant, en fin de compte, c’est la perte de soi. Notre usage décomplexé et indifférent des deux pourra démontrer au monde que nous ne sommes pas des auteurs français. Parce que, en vérité, nous ne le serons jamais. En fin de compte, singer l’autre est un aveu qu’on n’est pas l’autre, mais un aveu honteux. Être SOI et parvenir à faire surgir un univers intime inédit, son humanité singulière, les deux façonnés par sa propre histoire, c’est toute la raison d’être du créateur artistique.
Pour l’écriture poétique, théâtrale ou romanesque, c’est le même challenge : se raconter de mille façons et par mille détours, mais avec grâce: il ne s’agit pas d’abord de démontrer qu’on est kréyol, mais qu’il s’agit d’art. Kivédi envanté, défèt fil a lang la pou fè’y pitité, pou a’y touvé an nannan a’y sa i po ko montré. LABITID sé pwazon a POEZI. Sa pa ka sèvi ayen ou fidèl pou’w fèmé ki on lanmou ki on lang adan lajòl a LABITID.

Frantz Succab

« La langue qui ne sait quoi mettre dans la bouche des nègres-de-terre, et qui assiège mal les évènements de leur esprit. La langue, alors, qui impose sa ronde secrète, remodèle le pays, transforme le peuple des cannes à sucre en paysans d’Europe. La langue qui inscrit l’Ailleurs dans le plus intime des battements de paupières. La langue dont l’orgueil flatte d’augustes militances où se dévoie toute vérité. La langue qui ne fait pas langue mais s’érige en Führer de l’imagination et du coeur. La langue qui ne s’interroge pas et qui n’interroge pas l’Ecrire même, dédaigneux Shôgun sur une terre qui s’incline. La langue qui clarifie sans pièce divination ».

 »Ecrire en pays dominé » Patrick Chamoiseau. Gallimard p: 79

« Nous n’en finissons pas de disparaître, victimes d’un frottement de mondes. Tassés sur la ligne d’émergence des volcans. Exemple banal de liquidation par l’absurde, dans l’horrible et sans horreurs d’une colonisation réussie. Qu’y peut l’écriture? Elle ne rattrape jamais.

Hormis pourtant l’action nécessaire (le bouleversement sans réserve de cette banalité de mort), il reste à crier le pays dans son histoire vraie: hommes et sables, ravines, cyclones et tremblements, végétations taries, bêtes arrachées, enfants béants ».
 
Sources: Edouard Glissant « Le discours antillais » aux éditions du Seuil Paris 1981 p:15

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