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Où tout est une question de trafic. Suivez le lien pour une présentation du livre sur Alternatives économiques

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Cette fois-ci, ai-je déclaré à ma femme et à mes enfants, nous ne serons même pas obligés de voir des touristes! Nous ne verrons que les indigènes ! Ils seront noirs, bien entendu, et pour la plupart minces, souriants et pauvres – mais lorsqu’ils sauront que nous ne sommes pas des touristes, ils seront honnêtes et ils nous aimeront, parce que, bien que nous soyons riches et blancs, nous sommes honnêtes et nous les aimons.

Le livre de la Jamaïque p106

Russell Banks ed Babel

Au bout du compte qu’est ce qui reste ? La pierre? Oui mais sans âme elle est froide et à part une plaque avec un nom dessus, le bâtiment public se fond dans le paysage comme une évidence et personne ne le voit plus. Ce qui restera j’en reste persuadé c’est l’écrit et je ne parle pas de l’écrit administratif, ni des programmes de festival. Il restera la voix du poète, celle du romancier, du dramaturge, du cinéaste. Voila ce qu’une communauté transmet aux générations, ça et des bâtiments publics avec des gens qui auront su leur donner une âme, une histoire. Et dans les coeurs, il restera, même silencieux et inconscients, les moments de partage et de sens. Il ne restera pas les canapés et petits fours, ni le champagne et le vin, ni les discours, ni le nombre ni la quantité. Il restera le regard émerveillé d’un enfant qui écoute l’histoire de peau d’âne, il restera les rencontres comme celle avec Christian Sabas sur la folie du monde, la voix d’Harry lisant une lettre de Sonny Rupaire à la jeunesse. Il ne restera pas les applaudissements, les communiqués de presse et les flyers qui finiront leur vie dans les poubelles. Il restera la grâce d’un moment partagé, la graine de vocation semée chez un adolescent qui ne se souviendra même plus (ou peut-être que si) d’avoir croisé la route d’un écrivain. Il restera le débat et l’échange d’idée loin des recettes toutes faites et des il faut, il suffit il n’y a qu’à. Je suis riche de ces moments de grâce, de ses moments de sens. Dans cette société du spectacle et cette course au pouvoir je suis heureuse d’être riche de ces moments de grâce. Un atelier d’écriture, l’initiation à la magie du réel, et l’envie furieuse de transmettre pour construire le pays loin des marchands de réalité toute faite et de psychose sous perfusion. Le pays se construit. Image Silencieusement. Pas besoin de manifestation, la maladie se manifeste, pas la santé, la santé se danse et se célèbre et n’a de cesse de nourrir la générosité et la création. Je n’ai rien à dire, rien à revendiquer, encore moins à réclamer à imposer. Le temps vient. Et pour une chose portée qui ne se fera pas, sa forme pensée déjà créée prépare le chemin de sa réalisation. Dans le silence. Le temps viendra. Il est déjà venu. L’ombre sculpte la lumière. La lumière sculpte l’ombre. Qu’est ce qu’il restera?

La grâce.

Jean Baptiste Lazare

Sur France Culture écoutez l’émission La Fabrique de l’humain. En invité Hervé Juvin. Le renversement du monde, où comment l’intuition que la colonisation n’a pas concerné que les colonisés, se vérifie. Nous sommes loin d’en être sorti.
Tout va bien. La crise est derrière nous. Le budget est bouclé. Des économies drastiques seront réalisées. Une croissance de 2% se profile. Il n’y a pas à s’inquiéter. L’Etat a pris ses responsabilités. Les banques ont été sauvées de la faillite. Jacques de Châteauvieux, le président du directoire d’Axa, a vu juste : « On a préféré l’éthique des règles à celle de la vertu, préférant ce qui est permis à ce qui est bien ». Cette rengaine a l’avantage de nous rassurer, elle passe en boucle sur les chaînes télévisées d’information. On pourrait s’en satisfaire en attendant le prochain krach. Mais ce serait une trahison, un mépris de la vérité selon Hervé Juvin que nous avons invité pour nous parler de la crise de 2008, et ses suites.
« Le renversement du monde », son dernier livre, sous-titré « Politique de la crise » est un véritable bol d’air. Il ne plaira pas aux idéologues de l’autorégulation des marchés de l’argent et des risques, mais il enchantera tous ceux qui sont sensibles à la liberté de ton dès lors qu’elle est soutenue par une pensée ferme et cohérente. Car sans être une étude approfondie sur les conséquences politiques et humaines de la mondialisation, ce livre n’est pas un simple pamphlet. Il est salutaire parce qu’il dérange, mais surtout parce que son auteur donne une grande importance à la crise morale qui marche dans le pas de la crise économique. Il démontre en réalité comment l’économie s’est annexée la vérité au point de passer pour l’explication la plus rationnelle de tous les comportements humains.   
Hervé Juvin remet en cause ce système de véridiction. « A force de tableaux, de comptes, de modèles et de conformité, le réel s’est enfui. Nos systèmes sont en apesanteur »…
Nous avons une heure pour tenter de le retenir. Une heure pour retomber sur terre.
Hervé Juvin sera donc notre guide…
Invité(s) :
Hervé Juvin, essayiste et économiste Président d’Eurogroup Institute et vice-président de l’Agipi
Cliquez pour écouter l’émission: Le renversement du monde

 La fourrure, il faut la chasser, il faut tuer, dépecer, il faut la porter et sans doute se battre contre des indigènes pour les droits. Le tabac, il faut le faire pousser, le récolter, le faire sécher, l’empaqueter, le transporter, mais il faut surtout du temps et un sol toujours frais. Le sucre? Le rhum? La canne, ça pousse. Tu ne peux pas l’arrêter, le sol ne s’épuise jamais. Tu n’as qu’à la couper, la faire cuire, et l’envoyer par bateau. Downes frappa dans ses mains.

« Aussi simple que cela?

– Plus ou moins. Mais la question n’est même paslà. Pas de perte d’investissement. Aucune. Jamais. Pas de récolte perdue. Pas de disparition de castors ou de renards. Pas de guerre qui s’en mêle. Des récoltes abondantes, éternellement. Même chose pour les esclaves. Les acheteurs, toujours plus demandeurs. Le produit, paradisiaque. En un mois, le temps d’un voyage de la fabrique à Boston, un homme peut transformer ses cinquantes livres en cinq fois plus. Penses-y. Chaque mois, cinq fois l’investissement. Certain.

Toni Morrison Un don

Christian Bourgeois éditeur 2008

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