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Archives de Tag: traite négrière

Projection/débat : « Ghosts of Amistad » avec Marcus Rediker
Mardi 7 octobre à 19h30
Projection suivie d’un débat avec Marcu Rediker

« Ghosts of Amistad (Les fantômes de l’Amistad), 2014, 56 min, de Tony Buba s’inspire du livre de Marcus Rediker The Amistad Rebellion : An Atlantic Odyssey of Slavery and Freedom (Penguin 2012 – en français en 2015 au Éditions du Seuil).

Il relate un voyage en Sierra Leone, entrepris en 2013, pour visiter les villages des rebelles qui capturèrent le navire négrier La Amistad en 1839, interviewer les anciens sur la mémoire locale des évènements, et rechercher les ruines perdues de Lomboko, la forteresse négrière où commença leur cruelle traversée de l’Atlantique.

Les créateurs du film se fondent sur les connaissances des villageois, des pêcheurs, et des camionneurs pour reconstituer un épisode, longtemps oublié, de l’histoire populaire du combat contre l’esclavage. »

Bar restaurant Le Lieu Dit – 6, rue Sorbier 75020 Paris – 01 40 33 26 29 –
contact@lelieudit.com

Marcus Rediker est Professeur d’Histoire à l’Université de Pittsburgh, et auteur de nombreux livres, comme Pirates de tous les pays (Libertalia, 2011) et À Bord du Négrier : Une Histoire Atlantique de la Traite (Éditions du Seuil, Paris, 2013). Il sera en France pour une série de conférences du 6 au 18 octobre.

Sentence du juge du Cap, qui prononce que l’Epilepsie des esclaves est un vice rédhibitoire du 21 février 1699.

Entre François Quesnel et Consorts, etc. et Antoine Fizet, receveur des nègres de la Compagnie royale du Sénégal. Vu les dires et déclarations des parties, les certificats des sieurs Aurignac et Geffray maître chirurgiens qui déclarent que les Noirs dont est question tombent actuellement du mal caduc, nous condamnons lesdits défendeurs en leurs qualités, à reprendre lesdits noirs ordonnons qu’ils auront leur recours sur ceux qui les leur ont livrés etc..

Loix et constitutions des colonies françoises de l’Amérique sous le Vent.

T. 1 de Moreau de Saint Méry (1784-1790)  p624

Je reviens de la rencontre littéraire avec Léonora Miano à Gosier sur l’esplanade de la Rénovation enthousiaste. Une belle femme, brillante, enracinée, ancrée et généreuse, une romancière comme j’aime. J’avais été touchée par son premier roman l’intérieur de la nuit, je m’attendais à trouver la même langue dans son dernier roman la saison de l’ombre prix Fémina 2013. C’est une autre langue, belle mais qui m’a tenu du coup dans la distance. Lors de l’entretien de ce soir mené par Marie Abraham j’ai pu mieux comprendre la démarche de l’auteur. Son roman dans sa construction s’appuie sur la tragédie, le coeur antique, un texte qui impose un rythme à son lecteur, une patience, une traversée de l’impensé: la capture.

La colonisation des Antilles et de la Guyane n’ayant d’autre but que le rendement économique, leur administration est totalement assujettie aux impératifs de l’Exclusif colonial qui veille aux intérêts de la monarchie. (…)

Ce sont les Hollandais qui donnent l’impulsion décisive à partir de 1655. Chassés du Brésil pour des motifs religieux, des juifs hollandais introduisent aux Antilles et en Guyane françaises leurs esclaves et leur savoir faire en matière de fabrication du sucre. Il s’en suit un processus de concentration de terres au bénéfice des seules habitations-sucreries et l’apparition d’un système de production de type pré-industriel qui fait la fortune des îles entre 1660 et 1680.

Manuel Histoire et géographie Lycée Antilles Guyane CRDP Antilles Guyane et Hatier international juil 2001 p10

Le système de l’engagement s’avérait incapable de fournir aux habitations les bras dont elles avaient besoin (…) L’institution elle-même constituait un obstacle à l’expansion de la branche sucrière en ce qu’elle déboucherait inéluctablement sur la formation d’une classe de petits propriétaires indépendants qui entrerait en concurrence avec les « habitants » sucriers pour le contrôle de l’espace agraire. On conçoit aisément que , faisant fi des quota « d’engagés » qu’entendait leur imposer l’Etat, les « habitants » se soient résolument tournés vers l’esclavage(…) pour alimenter le démarrage de l’économie sucrière, dans le dernier tiers du XVIIe siècle

A-P Blérald Histoire économique de la Guadeloupe et de la Martinique du XVII siècle à nos jours Karthala 1986

cité p14 doc 1 dans le manuel histoire et géographie Lycée Antilles Guyane

Selon l’idéologie mercantile les colonies doivent contribuer à l’enrichissement de la Métropole. Avec le système de l’Exclusif, les colonies ne peuvent pas établir d’activités qui entreraient en concurrence avec celles de la métropole ni commercer directement avec l’étranger. Mais ce système gène les habitants qui ne peuvent écouler facilement l’ensemble de leur production et sont approvisionnés irrégulièrement à des prix élevés. Ils pratiquent l’interlope (commerce de contrebande réalisé avec une colonie étrangère en violation de l’Exclusif colonial) autant par nécessité que par intérêt.

Manuel Histoire et géographie Lycée Antilles Guyane CRDP Antilles Guyane et Hatier international juil 2001 p16

En effet lorsque des négociants demandent à Louis XIII d’autoriser la traite, il aurait déclaré : « jamais une terre française ne connaîtra cet odieux trafic. » Puis, considérant que la « gloire de Dieu » est bien « le principal objet des dites colonies », il accepte d’autoriser le commerce des Africains en échange de leur conversion au christianisme. En mars 1642, Louis XIII revient sur le sujet et reconnaît que l’adhésion au Christ efface toutes les différences : « Les sauvages qui seront convertis à la foi chrétienne et en feront profession seront censés et réputés naturels français, capables de toutes les charges, honneurs, successions et dotations. » Ces dispositions généreuses ne seront jamais appliquées par les colons. Le choix esclavagiste des colons l’emporte sur le choix monarchique. La première expédition négrière française officiellement reconnue, destinée aux colonies du royaume de France qui comptent alors déjà environ un millier d’esclaves, date de 1643.
 

La France et ses esclaves

de la colonisation aux abolitions

(1620-1848)

Frédéric Régent

Grasset 2007 p 41

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