Portraits d’Ellis Island, 1905-1920. Augustus Frederick Sherman

ImageEn 1892, juste après l’ouverture d’Ellis Island, Augustus Frederick Sherman (1865-1925), fils d’un commerçant de Pennsylvanie, photographe amateur, entre comme employé au Bureau de l’immigration. Une position privilégiée qui lui donne accès aux femmes et aux hommes détenus dans le centre, en attendant que l’on statue sur leur sort.
Pendant vingt ans, de 1905 à sa mort en 1925, il construit une œuvre photographique autour de ces migrants, saisis entre deux mondes, entre deux vies, entre la peur et l’espoir, enfermés symboliquement dans le cadre au moment où ils sont retenus entre les murs d’Ellis Island. De ce travail, il reste aujourd’hui près de 250 images, longtemps oubliées, qui entrent dans les collections du musée d’Ellis Island à la fin des années 1960, après un don de la nièce du photographe. On sait peu de chose sur le dispositif photographique mis en place par Augustus F. Sherman. Après s’être, un temps, essayé à la liberté du reportage, il décide de se consacrer au portrait. Au début du siècle, le genre reste figé par les contraintes techniques : un matériel lourd, des temps de pose encore longs.

Sherman travaille de préférence en intérieur, devant un fond neutre, le plus souvent un paravent emprunté à la salle d’examen médical. Quelques-uns de ses portraits sont pris en extérieur, en lumière naturelle, sur une terrasse, une pelouse ou les toits du bâtiment. De ses modèles, ne restent que quelques indications manuscrites, inscrites sur les photographies. Elles portent le plus souvent sur la nationalité, la religion ou la profession de ceux qui posent, mais les histoires singulières sont passées sous silence. Car Augustus Frederick Sherman se soucie peu de mettre en valeur la personnalité de ses modèles, comme c’est la règle dans le portrait classique. Dans cette photographie de « types », le fond neutre gomme le contexte, isole le modèle pour mettre l’accent sur des traits physiques censés révéler le « caractère » de tout un groupe. Le recours fréquent aux costumes redouble ici le poids du collectif et accentue le sentiment d’altérité.

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