Cela n’arrive qu’aux vivants

Au bout du compte qu’est ce qui reste ? La pierre? Oui mais sans âme elle est froide et à part une plaque avec un nom dessus, le bâtiment public se fond dans le paysage comme une évidence et personne ne le voit plus. Ce qui restera j’en reste persuadé c’est l’écrit et je ne parle pas de l’écrit administratif, ni des programmes de festival. Il restera la voix du poète, celle du romancier, du dramaturge, du cinéaste. Voila ce qu’une communauté transmet aux générations, ça et des bâtiments publics avec des gens qui auront su leur donner une âme, une histoire. Et dans les coeurs, il restera, même silencieux et inconscients, les moments de partage et de sens. Il ne restera pas les canapés et petits fours, ni le champagne et le vin, ni les discours, ni le nombre ni la quantité. Il restera le regard émerveillé d’un enfant qui écoute l’histoire de peau d’âne, il restera les rencontres comme celle avec Christian Sabas sur la folie du monde, la voix d’Harry lisant une lettre de Sonny Rupaire à la jeunesse. Il ne restera pas les applaudissements, les communiqués de presse et les flyers qui finiront leur vie dans les poubelles. Il restera la grâce d’un moment partagé, la graine de vocation semée chez un adolescent qui ne se souviendra même plus (ou peut-être que si) d’avoir croisé la route d’un écrivain. Il restera le débat et l’échange d’idée loin des recettes toutes faites et des il faut, il suffit il n’y a qu’à. Je suis riche de ces moments de grâce, de ses moments de sens. Dans cette société du spectacle et cette course au pouvoir je suis heureuse d’être riche de ces moments de grâce. Un atelier d’écriture, l’initiation à la magie du réel, et l’envie furieuse de transmettre pour construire le pays loin des marchands de réalité toute faite et de psychose sous perfusion. Le pays se construit. Image Silencieusement. Pas besoin de manifestation, la maladie se manifeste, pas la santé, la santé se danse et se célèbre et n’a de cesse de nourrir la générosité et la création. Je n’ai rien à dire, rien à revendiquer, encore moins à réclamer à imposer. Le temps vient. Et pour une chose portée qui ne se fera pas, sa forme pensée déjà créée prépare le chemin de sa réalisation. Dans le silence. Le temps viendra. Il est déjà venu. L’ombre sculpte la lumière. La lumière sculpte l’ombre. Qu’est ce qu’il restera?

La grâce.

Jean Baptiste Lazare

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