Toutes les civilisations ne se valent pas … c’est du bon sens!

A écouter sur France inter dans “3D” dimanche, la civilisation. Qu’est-ce que c’est ? Où s’inscrit-elle, entre les Yanomamis de la forêt brésilienne qui parlent aux arbres et les courtiers de la finance mondiale en réseau ? Supériorité ? Ce mot a-t-il quelque chose à voir avec civilisation?

L’émission ici

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En rouge contre le racisme d’Etat lundi 13 février place de la mairie la Pointe

Contre le racisme d’Etat

Nous citoyens, responsables d’organisations syndicales, politiques ou associatives, réunis le samedi 11 février 2012 :

 

Dénonçons les propos injurieux et racistes tenus par le ministre de l’intérieur Claude Guéant et protestons contre sa venue en Guadeloupe, que nous considérons comme une provocation.

 

Saluons et soutenons totalement la réaction digne et légitime du député Serge Letchimy et l’assurons de notre solidarité contre toute forme de répression à son encontre.

Appelons tous les citoyens en Guadeloupe à protester :

-     en portant un signe distinctif de couleur rouge durant le séjour de Claude Guéant, lundi et mardi

-      en participant massivement à un rassemblement le lundi 13 février à 17h30, devant la mairie de Pointe-à-Pitre.

 

Tous mobilisés contre les propos racistes qui conduisent à la barbarie

Le Groupe de citoyens

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Parfum Guerlain pin pin … mais enfin!

Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin…“.

Guerlain

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… avec une arrogance qui est la marque des ignorants ou des cyniques

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR CLAUDE GUEANT.

La politique ne justifie pas tout. La campagne électorale ne légitime pas tout. Les dérives inquiétantes qui se manifestent en France ne valident pas tout. L’insulte est un argument de pacotille. Le pire des arguments car il s’adresse non pas à la bêtise humaine mais à la faillite de l’humain.

Vous avez avec une arrogance qui est la marque des ignorants ou des cyniques, tenus des propos inacceptables pour des citoyens dont l’histoire prouve qu’ils ont lutté, générations après générations, pour que la France ait le visage républicain de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Je vous écris d’Haïti où la négritude se mit debout et où l’armée napoléonienne a été vaincue par des esclaves que La France s’est empressée d’abandonner, d’isoler, de stigmatiser parce qu’ils avaient eu l’insolence de croire en une possible liberté.

J’espère donc que mes propos indignés auront la résonnance que l’on doit à la dignité bafouée.

Inégalités des civilisations dîtes-vous ! Oui cela rappelle étrangement un certain Monsieur Gobineau de sinistre mémoire et de pensée sale qui semble avoir servi de maître à penser pour les adeptes de la colonisation et pour les complices des décolonisations avortées.

L’année même où l’on célèbre l’anniversaire de Frantz Fanon, de  Léon Gontran Damas !

J’imagine qu’Aimé Césaire doit se retourner dans sa tombe en se disant que vraiment une certaine partie de la France est incurable, perdue à jamais pour la cause de l’égalité.

Nous avions déjà eux les fumerolles suffocantes du discours de Monsieur Sarkozy au Sénégal. Nous avions déjà eu les fumées nauséabondes de vos déclarations sur le « un » et le « trop ». Nous avons là l’explosion voulue et pitoyable d’une pensée suicidaire destinée à empoisonner encore plus nombre de vos compatriotes.

Le racisme n’est jamais un abri. Le racisme n’est jamais une protection. Le racisme n’est jamais une morale. Il a toujours reposé sur l’inhumanisation des peuples dits de couleur (comme si le blanc n’était pas une couleur ?) et d’européens auxquels on dénie le droit d’appartenir à la famille humaine.

Le racisme de tout temps aime se camoufler, emprunter les armes de la logique, déformer l’histoire, ignorer la diversité des peuples et les cultures. Mais tout racisme est un boomerang qui revient à l’envoyeur. Alors me direz-vous : je n’ai pas été raciste ! J’ai juste mis en cause l’égalité des civilisations ! Vous le savez mieux que moi ! Le racisme commence par là !

Monsieur Claude Guéant !

Tant d’intellectuels, de penseurs, d’artistes ont mis toute leur intelligence à démontrer le contraire que vous les humiliez et ce qui est plus grave vous les humiliez par démagogie et par petitesse.

Humilié, Levi-Strauss !

Humilié, André Breton !

Humilié, Anthénor Firmin !

Humilié,Jean-Paul Sartre !

Humilié, André Schwarz-Bart !

Humiliés Edouard Glissant !

Humiliés, tous les combattants de l’égalité humaine et ce qu’il y a de plus juste, de plus vigoureux, de plus humain dans la pensée française.

C’est-à-croire que vous êtes favorable non pas seulement à l’humiliation mais à la régression des consciences. Conscience ! Un mot qui devrait vous empêcher de dormir car vous n’êtes pas seulement vous-même. Vous êtes un ministre important du gouvernement de la France.

Le Général de Gaulle se targuait d’avoir une certaine idée de la France. Je m’inquiète et je vous pose la question : à quelle idée de la France croyez-vous Monsieur Guéant ?

Je n’ose penser que ce soit à celle qui a amoncelé tant de cadavres européens et d’ailleurs. Je n’ose penser que ce soit à celle d’une certaine Afrique du Sud qui prônait le traitement inégal des composantes de l’humanité. Je n’ose penser que ce soit celle d’une France qui se donne le droit, le plein droit, le mauvais droit, d’être raciste au point de distribuer les civilisations sur l’échelle de l’humanité.

Echelle construite par vous-même et par l’armée des penseurs faillis, étroits, disqualifiés ! Faillite, étroitesse, disqualification, sur lesquelles vous bâtissez votre propre prison mentale.

Monsieur Guéant, permettez-moi de vous dire que vous vous êtes déshonorés comme vous déshonorez toutes les victimes de votre pensée !

Je pense à Nelson Mandela

Je pense à Martin Luther King

Je pense à Gandhi

Je pense à Aimé Césaire

Je pense à Jean-Marie Le Clezio

Et s’il fallait en citer d’autres, je vous invite à revoir non pas vos manuels d’histoire française mais votre manuel d’histoire de l’humanité.

L’humanité à du produire un effort gigantesque pour s’élever à une philosophie de l’égalité. Elle n’y est pas encore parvenue mais ce n’est pas une raison pour s’interdire un devoir de respect et un devoir d’humilité.

Il y a dans la « civilisation » européenne de nombreux tiroirs. Ouvrez-les ! Vous y trouverez des terres volées, des tortures impunies, des squelettes blanchis par votre affirmation, des femmes violées, des enfants achetés ! Vous y trouverez des zoos humains. Vos musées regorgent d’objets culturels ramenés de toute part et surtout de civilisations amputées, exterminées. Dîtes-moi : sur quoi l’Europe est devenue l’Europe ? Sur quoi s’assied la France pour se donner le droit de proclamer l’inégalité des civilisations. Les deux mamelles de la France sont la colonisation et l’exploitation des richesses des autres. Et c’est parce qu’il devient, dans un monde où les prédateurs se multiplient, plus difficile de piller, plus difficile d’exploiter sans contrepartie, plus difficile de se servir que certaines pensées trouve un regain de crédit et d’illusion.

Monsieur Guéant, nous sommes en 2012. Encore à l’aube de votre IIIème millénaire et vous vous permettez de tenir de pareils propos ?

L’on vous écoute ! L’on vous entend ! L’on vous devine ! Je veux dire des peuples vous écoutent ! Des civilisations vous entendent ! La pensée vous devine !

Mais, plus près de vous, ce que vous appelez les ultramarins vous écoutent et jugent vos inconvenances.

Ils sont les descendants d’Africains, d’Indiens, d’Européens, de Libanais, de Syriens, de Malgaches, d’Amérindiens. Ils sont aussi canaques !

Et vous venez, dans votre affolement, réveiller vos vieux démons, en puisant dans le fonds des crispations et des arriérations. Vous vous êtes trompé de boite à idées ! Je me sens mieux, moi le Guadeloupéen, aux côtés d’Hégésippe Légitimus, de Simone Schwarz-Bart, de Maryse Condé, d’Elie Domota, d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon, d’Edouard Glissant et de tant d’autres. Malgré bien des ressentiments, bien des incompréhensions et bien des manipulations. Nous n’avons jamais eu la prétention insupportable de graduer les civilisations et de nous croire le droit de défendre une telle ineptie. Monsieur Guéant, certaines pensées aussi peuvent être un crime contre l’humanité.

Ernest Pépin, Ecrivain

Guadeloupe, Le 07 mars 2012


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… qu’il pouvait y avoir d’autres formes de civilisations aussi belles

“Le maître ne partageait pas plus la souffrance de l’esclave que le négrier. Il se sentait dans son bon droit. Il logeait et il nourrissait l’esclave en échange de son travail et il était convaincu que celui-ci ne pouvait travailler que sous le fouet. Il était convaincu que c’était dans sa nature. Il était convaincu d’être un civilisé qui prenait à sa charge un sauvage congénitalement imperméable à toute forme de civilisation. Et c’était la conviction de l’Occident qui croyait à sa supériorité, qui croyait que sa civilisation était la seule, l’unique civilisation.

C’était la conviction de l’Occident qui a mis longtemps à comprendre, à admettre qu’il pouvait y avoir d’autres formes de civilisations aussi belles, aussi grandes, aussi fécondes et qu’en les reconnaissant, en les respectant, il s’enrichissait davantage qu’en cherchant à les dominer ou à les détruire.

Oui, il a fallu longtemps pour que l’Occident comprenne, admette qu’il avait autant à apprendre des autres que les autres avaient à apprendre de lui, qu’il y avait dans les autres civilisations autant de trésor de sagesse humaine que dans la sienne.

Ce préjugé de supériorité qui ne fut pas seulement un préjugé culturel mais qui fut aussi un préjugé racial, a été la grande faute de l’Occident.

Il a été la cause d’une blessure profonde, ineffaçable.

Cette faute est inexpiable, irréparable.”

“A relire, en cette période agitée, l’excellent discours du Président de la République le 10 mai 2011, dont voici un extrait”

by Patrick Karam on Wednesday, February 8, 2012 at 6:11am ·
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Recettes bio pour panier bio

Enfin un livre de recettes presque fait sur mesure pour tout abonné au panier bio. 25 euros pour une mise en page moyenne et des photos pas très séduisantes et pourtant je suis fan de ce livre manifestement publié à compte d’auteur et c’est bien dommage. Les recettes (que je n’ai pas encore testées) ont l’air simple et surtout elles concernent principalement les ingrédients que j’achète chaque semaine. Je crois que le secret de ce livre c’est qu’il n’est pas intimidant. Crème d’ignames, de gourde ou de gombos, riz pourpier, steak de lentilles ou autre escalope de pois de bois… Sans oublié les accras et les sorbets. Merci Mme Marie Pelmard.

Marie Pelmard

La France sé tan nou…osi

Communiqué de presse

Victorin LUREL et Jacques GILLOT adressent une lettre ouverte à Claude GUEANT

Basse-Terre, le 7 février 2012 – Après les déclarations de Claude GUEANT sur une prétendue inégalité entre les civilisations, les présidents du Conseil régional et du Conseil général de la Guadeloupe, Victorin LUREL et Jacques GILLOT, ont adressé une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, Claude GUEANT, pour lui indiquer qu’ils ne le recevraient pas lors de sa visite prévue en Guadeloupe la semaine prochaine :

« Monsieur le ministre,

Nous avons été informés de votre prochain déplacement en Guadeloupe et nous sommes au regret de vous faire savoir que nous ne pourrons vous y recevoir.

Fidèles à notre indéfectible attachement aux principes républicains et démocratiques, nous avons toujours veillé, en tant qu’élus de la Nation, à faire le meilleur accueil aux membres du Gouvernement en visite officielle aux Antilles, quand bien même nous ne partagerions pas les mêmes sensibilités politiques.

Mais aujourd’hui, c’est pleinement conscients de l’importance symbolique de notre geste, et mus par le même sens du devoir républicain, que nous avons pris la décision de ne pas vous accueillir en Guadeloupe.

Les faits sont malheureusement là, têtus : Par vos « dérapages » verbaux répétés et assumés à l’égard des étrangers et des Français issus de l’immigration, qu’ils soient d’origine roumaine, comorienne, ou de confession musulmane ; par votre circulaire qui durcit considérablement l’obtention de visas pour les étudiants étrangers qui aiment la France et qui souhaitent y débuter leur vie professionnelle en mettant leurs compétences à la disposition de notre pays ; par votre volonté sournoise d’interdire en pratique l’accès à la naturalisation à des immigrés présents sur notre sol de très longue date et qui ont démontré pleinement leur désir d’intégration ; par vos propos consternants sur la hiérarchie des civilisations, vous tournez résolument le dos aux valeurs fondamentales de la République, auxquelles nous Antillais, dont les ancêtres ont connu l’esclavage et la colonisation, restons attachés encore davantage que d’autres.

Certains ne veulent voir dans vos déclarations qu’une banale stratégie politicienne visant à séduire les électeurs du Front national, en vue des prochaines échéances électorales. Nous avons peine à croire que la vie politique française serait devenue, sous Nicolas Sarkozy, à ce point dévoyée, que la fin justifierait tous les moyens, même les plus immoraux. Aurions-nous donc perdu en France la boussole des valeurs humanistes et de tolérance qui fondent notre vivre-ensemble ? Nous, qui avons vu l’histoire bégayer avec l’abolition puis le rétablissementde l’esclavage, savons que subrepticement les heures sombres du passé peuvent derechef advenir.

D’autres, que vous cherchez à entretenir dans la peur d’une dépossession de leur identité « nationale », verront dans vos prises de position, un combat pour la défense d’une France menacée. Nous n’y croyons pas davantage, nous qui savons que notre pays, et c’est sa richesse et sa singularité, s’est construit au fil de l’Histoire grâce aux apports culturels successifs issus des différentes vagues d’immigrations, qu’elles soient européennes, ou plus récemment indochinoises, maghrébines, caribéennes, et africaines.

C’est ainsi qu’est aujourd’hui la France. C’est ce qui fait la France. C’est ainsi que nous l’aimons comme la grande majorité des Français l’aiment. Cette alchimie originale qui unit des bras de toutes les couleurs pour bâtir notre Nation, des cœurs enveloppés de peaux de toutes les couleurs pour aimer notre pays et des yeux de toutes les couleurs regarder grandir la France, ne constitue en rien une menace. C’est au contraire notre bien commun.

C’est ce bouillonnement perpétuel des identités individuelles et collectives dans le creuset républicain qui forge notre identité commune. Nous n’acceptons pas que vous cherchiez à éteindre la flamme qui entretient ces mélanges féconds, ces métissages précurseurs et cette volonté commune de vivre ensemble. Nous n’acceptons pas davantage que vous stigmatisiez nos compatriotes musulmans ou issus de l’immigration maghrébine en mélangeant tous les concepts, en dressant les uns contre les autres et en hiérarchisant les civilisations tel un nouvel Arthur de Gobineau ou de nouveaux Ernest Renan et Jules Ferry égarés.

Nous ne souhaitons pas recevoir celui qui tient des propos dangereux pour l’unité nationale.

En décembre 2005, afin de marquer son indignation suite au vote d’une loi reconnaissant « le rôle positif de la présence française outre-mer », Aimé Césaire avait refusé de rencontrer le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, en déplacement en Martinique. Nous avions alors tous, outre-mer, salué la portée de son geste.

Nous choisirons par conséquent, en toute modestie, de lui emboîter le pas. Nous n’irons pas vous accueillir à l’aéroport. Nous ne vous accueillerons pas personnellement dans nos collectivités. Et si vous souhaitez vous rendre dans ces institutions de la République qui vous restent malgré tout ouvertes, nous prendrons les dispositions nécessaires pour recueillir le message que vous voudrez éventuellement délivrer. »

LA DIRECTION DE LA COMMUNICATION

Olivier NICOLAS
Directeur de la communication et des relations publiques
REGION GUADELOUPE
olivier.nicolas@cr-guadeloupe.fr

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J’ai oublié d’entendre

(…) Les mémoires balayées vers l’oubli,

Les tams-tams se promenant dans l’exotisme,

Les traditions s’agenouillant sans bataille.

Silence je dors!

A l’aube d’un jour,

Mon île s’est tue.

(…)

Didyer Mannette

Larmes de mots

Pawol savann Editions Neg Mawon Mai 2009

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Difficultés et obstacles à la citoyenneté guadeloupéenne

Invitation

Café Débat à la Casa del Tango 651 rue Alfred Lumière à Jarry jeudi 2 février 2012 19h

Thème :Difficultés et obstacles à la citoyenneté guadeloupéenne :un essai  de mise en perspective à partir de l’histoire.Par Jean-Pierre Sainton

 

 pourrait s’articuler la citoyenneté guadeloupéenne que nous appelons de nos vœux ? La réflexion ne vise pas à produire une réponse, ni positive ni définitive, à cette question mais se situe dans la perspective de la déconstruction des concepts figés dont nous usons habituellement pour penser le politique en Guadeloupe (identité, conscience identitaire, citoyenneté, république, socialisme, etc.) et de la sortie des « solutions » politiques prêt-à-porter qui depuis une cinquantaine d’années tournent en rond autour du couple vicieux « intégration – séparation » que nous pouvons lire comme acceptation de la sujétion politique, adhésion à la nationalité et à la citoyenneté française, renoncement au soi ou bien révolte, négation, sortie du corps politique français. De toute évidence, ce vis-à-vis manichéen d’un demi-siècle n’a pas produit une citoyenneté guadeloupéenne, non plus qu’une pensée efficiente du politique guadeloupéen. Il ne s’agit pas non plus de postuler une « troisième voie » de synthèse (comme le sucre) qui ne satisferait que l’apriori sans non plus se fonder nulle part.

En fait, toute projection politique est illusoire si, ayant formulé l’objectif (que nous conviendrons d’appeler l’Emancipation) elle ne part pas de l’analyse des constructions sociales et politiques, ainsi que des systèmes de représentation tels qu’ils résultent de l’histoire. Les historiens des phénomènes politiques usent du concept de « cultures politiques », concept emprunté aux politologues, et réinterprétré à partir de l’anthropologie historique qui a puisé dans la démarche et les méthodes de l’histoire des cultures et des mentalités pour décrypter les idées, comportements et actions politiques inscrits dans la durée, la rémanence ou la synthèse.

Cependant l’histoire est une science non déterministe et non prédictive, plus objectivante que spéculative. Si elle ne produit pas en tant que tels des outils théoriques pour comprendre le présent, elle peut ouvrir toutefois à la compréhension des résultantes du présent en étudiant les expériences du passé et de ce fait permet d’approcher les notions essentielles que sont les notions de temps, de dynamiques, de flux, de conjonctures, de contexte etc. En un mot, le privilège de l’historien est de pouvoir connaitre ce qui s’est vraiment passé, comment les choses ont bougé et se sont transformées. Ainsi, peut-il percevoir les forces à l’œuvre dans les configurations présentes sans jamais cependant oublier que rien n’est écrit , qu’il n’ y a aucun déterminisme. L’histoire se fait au présent !

Comment donc ont été historiquement (et successivement) pensé la relation avec le territoire,  quelle a été la relation du corps social avec l’Etat ? qu’ont signifié les institutions ? les classes, couches et catégories sociales ont-elles jamais eu ici le sentiment d’appartenir à une communauté ? Quels en ont été les facteurs d’intégration et les facteurs de désintégration ? Qu’a signifié historiquement pour nous la République, réellement, idéalement ? Où se situent les ruptures et les continuités depuis l’instauration de la société coloniale et esclavagiste ? Quels héritages et quelles incidences de la relation séculaire du Maitre et de l’Esclave  dans la perception du politique? Quelles expériences politiques la mémoire guadeloupéenne a-t-elle capitalisé, a-t-elle réinterprété ? Quels sont les points de fusion et de ruptures de nos cultures politiques, c’est-à-dire de nos cultures historiques ? Etc.

L’intervention tentera de tracer les cadres de cette réflexion d’histoire politique sans cependant prétendre à l’exhaustivité sur tous les plans abordés.

Jean-Pierre SAINTON,

Historien, universitaire (UAG),

Auteur de différents travaux portant sur l’histoire sociale et politique de la Caraïbe, et plus particulièrement des Antilles françaises. A publié différents articles ainsi que les ouvrages suivants :

-          « Mé 67 » ; Mémoire d’un événement. Pointe-à-Pitre, Soged, 1985, 263 p, (nouvelle édition revue et enrichie, éditions Lespwisavann, 2011). [En collaboration avec R. Gama]

-           Rosan Girard; Chronique d’une vie politique en Guadeloupe. Paris, Editions Karthala/ Jasor, 1993, 455 p.

-           Les Nègres en politique. Couleur, identités et stratégies de pouvoir en Guadeloupe au tournant du siècle. Thèse de Doctorat d’histoire (2 vol.), Université de Provence, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 1999, 717 p.

-            La question statutaire en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique ; éléments de réflexion. Pointe-à-Pitre, Centre d’Analyse Géopolitique et Internationale & Editions Jasor, 2000, 94 p [avec C.Emeri, J. Mérion, F.Reno],

-           Construire l’histoire antillaise ; Mélanges offerts à Jacques Adélaide-Merlande, Paris, Editions du C.T.H.S, 2002, 550 p. [avec L.Abenon, D. Begot, et alii]

-          Histoire et Civilisation de la Caraïbe (Guadeloupe, Martinique, Petites Antilles) : Structures et dynamiques de la construction des sociétés. Tome 1: Le temps des Genèses ; des origines à 1685, Paris, Maisonneuve et Larose, 2004, 349 p. [direction d’ouvrage].

-          Couleur et société en contexte post-esclavagiste ; la Guadeloupe à la fin du XIXe siècle,Pointe-à-Pitre, Editions Jasor, 2009, 172 p.

Actuellement sous presses

-          La décolonisation improbable ; cultures politiques et conjonctures en Guadeloupe et en Martinique (1943-1967), Pointe-à-Pitre, Editions Jasor, 2012, 391 p.

( parution prévue février 2012).

-          Histoire et civilisation de la Caraïbe (Guadeloupe, Martinique, Petites Antilles) ; le temps des matrices : Economies et cadres sociaux du long XVIIIe siècle, Paris, Editions Karthala,

(parution prévue mars-avril 2012).

Retrouvez toutes les informations du café-débat sur : www.kazatango.com 

               
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