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Archives de Tag: liberté

« La liberté, c’est le premier besoin de l’humanité, oui; mais ce suprème bienfait impose d’importantes obligations: la liberté élève le travail à la hauteur du devoir. Etre libre, ce n’est pas avoir la faculté de ne rien faire, de déserter les champs, les industries. Etre libre…c’est l’obligation d’utiliser son temps, de cultiver son intelligence, de pratiquer sa religion. Le travail, en effet, est une mission imposée à l’homme par Dieu; il le relève à ses propres yeux, en fait un citoyen; il l’appelle à fonder la famille.
Ecoutez donc ma voix, mes conseils, moi qui ai reçu la noble mission de vous initier à la liberté…Si, devenus libres, vous restez au travail, je vous aimerai; la France vous protégera. Si vous le désertez, je vous retirerai mon affection; la France vous abandonnera comme de mauvais enfants. »

Proclamation du commissaire général de la République Sarda-Garriga à la Réunion, le 17 octobre 1848. Citée par Oruno D. Lara dans une contribution issue du cycle de conférence organisé par le Centre Pompidou en mars, avril 2006: l’esclavage, la France, les abolitions, les enjeux. Africultures n°67 (juin, août 2006) Esclavage: enjeux d’hier à aujourd’hui, p25 à 29 Titre de l’article d’Oruno D. Lara: Colonisation, liberté et second esclavage

L’Atelier du Non Faire organise les 15 et 16 Mars  2014 au théâtre Le vent se lève son 16ème Symposium sur le thème « Sublime et… Autre ».

Christian Sabas  espère faire naître votre envie d’y intervenir  par un texte sur une visite au Pavillon 53 :

« Ça fut plus que n’en pouvait entendre, supporter l’humaine condition…la sans-commune mesure dansait  là, devant  nos sens outragés…

Qui  porta  si haut les possibles et quel raté en ce même  pour  le saisir ? …L’immensément  grand  avait élu  domicile  dans le temps  et semblait pouvoir s’y accrocher durablement…le tambour marqua un temps d’arrêt…

Elle  fit un pas…entra…son regard tomba sur  le sol  poussiéreux…le mot amour jaillit…elle mit ses mains sur  sa poitrine, recula  d’un pas  et chuta lourdement  sur  le  vieux  canapé…les bruits de voix cessèrent…et c ‘est là qu’on a vent de oui dires,  de rumeurs…et  pas  que  des ragots…que les visiteurs ou  autres  répétaient  inlassablement à propos  de ce qui y put se passer que c’était impressionnant…innommable, impensable, incroyable, inouï….qu’on était  touchés  et  qu’on demeura  bouche bée…

D’un tel lieu…le sublime questionnait depuis fort longtemps, déjà…»

Si  vous souhaitez être intervenant-e (20mns environ ) au symposium, donnez-nous le titre de votre participation. 

Pour plus d’informations, vous pouvez nous appeler

Chantal Marandon 0650174867  Sylvain Solaro  0618080053

ou nous écrire

chantal.marandon@atelierdunonfaire.com
sylvain.solaro@atelierdunonfaire.com

Bien à vous NON-FAIRISTEMENT et à très bientôt.

Chantal Marandon
Présidente  Association ¨Atelier du Non Faire¨

Association loi 1901 Atelier du Non Faire 

172 rue Legendre – 75017 Paris

 contact@atelierdunonfaire.com – http://www.atelierdunonfaire.com
tél : 06 50 17 48 67 
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« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir, en fait, de l’enfer ». Antonin Artaud, Van Gogh, le suicidé de la société, 1956

Est-ce le fait de vivre en contact avec la folie qui a fait de Christian Sabas un révolté ? 
A moins que le fou ne soit que le nom donné par la société à celui qui en refuse les codes ?
Et si les fous, c’étaient nous. Nous qui nous croyons sages, refusant d’admettre que nos certitudes ne sont qu’illusions trompeuses.
Dans une annexe de l’hôpital Maison Blanche, Pavillon 53, Christian Sabas tournant le dos aux soins psychiatriques traditionnels, ouvrit un atelier artistique destiné aux personnes en souffrance. C’était en 1983.

L’Atelier du non-faire.

Un atelier de pratique, pour le plaisir de s’adonner à une pratique sans finalité. Dans une posture de gratuité, délibérément en rupture avec les dictats de productivité et de la rentabilité de nos sociétés post-capitalistes.

Une utopie que Christian Sabas a faite sienne, bien avant les événements de 2009 qui donna lieu à la déclaration suivante qui clôturait le Manifeste de 9 intellectuels martiniquais :

« Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant… ».

L’Atelier du non-faire était destiné à « mettre en œuvre un épanouissement humain ». Car en réduisant les hommes à n’être que des producteurs soumis, le post-capitalisme a fait de nos sociétés, et de notre être au monde, un enfer. Antonin Artaud ne disait pas autre chose. Le geste créateur se revendique alors comme l’affirmation la plus élevée d’une humanité se débattant avec le chaos-monde. Et qui refuse de se laisser briser.

Christian Sabas peint mais ne se définit pas comme un artiste, un professionnel de l’Art. Ce qu’il peint ne rentre dans une aucune des catégories définies, y compris celle de l’art brut. Il rend compte de ce qui l’habite, ce qui le hante. Instinctivement et de la façon la plus authentiquement possible, il donne forme à ses visions.

Des visions en noir et blanc de personnages, tantôt en mouvement cherchant maladroitement leur équilibre, tantôt statiques, voire même parfois entremêlées les uns aux autres de façon grouillante. Des visions qu’il inscrit sur papier kraft ou sur de longues bandes qu’il déroule ensuite, suspendues, telles la pellicule d’un film muet. Faisant défiler des formes plus ou moins indécises, ressemblant à des ombres fugaces que le pinceau tenterait de retenir. Mais aussi d’autres visions, plus ambitieuses par leurs dimensions et leur composition. Christian Sabas a recours alors à la couleur pour faire surgir à même la toile de lin suspendue, des figures hiératiques qui semblent venir d’un très lointain passé. Des figures comme enfouies dans les plis de la mémoire et qui aspirent à remonter à la lumière. Affirmant, par delà le néant de l’oubli, une présence forte. L’utilisation de toiles usagées et jaunies, le traitement que le peintre fait subir à la pâte pour obtenir craquelures et patine, matérialisent alors, de façon concrète, cette épaisseur du temps contre laquelle il convient de lutter.

Christian Sabas semble être « habité ». Il n’explique, ni ne commente ses œuvres. Il les expose telles quelles, brutalement, à nos yeux. A la façon d’un surgissement qui ressemblerait aussi à un don de soi. A travers un geste qui, renouant avec le sacré, nous invite à communier à sa quête de l’inconnu, laquelle, plongeant au plus profond de son être, relève fondamentalement du mystère. Celui du vivant.

Scarlett JESUS, critique d’art.

Exposition de Christian Sabas à la Médiathèque du Gosier du 15 au 22 Octobre 2013

Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs. il n’y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme;  et c’est ôter toute moralité à ses actions que d’ôter toute liberté à sa volonté. (…) En supposant même ce terrible droit de tout tuer, je dis qu’un esclave fait à la guerre, ou un peuple conquis, n’est tenu à rien du tout envers son maître, qu’à lui obéir autant qu’il y est forcé. En prenant un équivalent à sa vie, le vainqueur ne lui en a point fait grâce: au lieu de le tuer sans fruit, il l’a tué utilement. loin donc qu’il ait acquis sur lui nulle autorité jointe à la force, l’état de guerre subsiste entre eux comme auparavant, leur relation même en est l’effet; et l’usage du droit de la guerre ne suppose aucun traité de paix. ils ont fait une convention; soit: mais cette convention, loin de détruire l’état de guerre, en suppose la continuité.

Jean Jacques Rousseau

Du contrat social (1762) Liv I Chap4: de l’esclavage

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