…qu’on ne dirait pas à les voir, qu’ils ayent dansé

« Il ne se passe guère de fêtes et de dimanches, que plusieurs Nègres d’une même terre, ou de celles qui leur sont voisines, ne s’assemblent pour se recréer et pour lors ils dansent à la mode de leur pays, tantôt à la cadence de leurs chansons, qui forment un chant très désagréable et tantôt au son d’un tambourin, qui n’est autre chose qu’un tronc d’arbre creusé, sur lequel l’on a a étendu une peau de loup marin. L’un d’eux tient cet instrument entre ses jambes et joue dessus avec ses doigts, comme sur un tambour de basque, puis quand il a joué un couplet de la chanson, ceux qui dansent en chantent un autre, continuant ainsi alternativement tant qu’elle dure.

J’en ay veu quelques uns qui faute de tambour se servaient de deux callebasses remplies de petites roches, qu’ils maniaient pourtant avec tant d’adresse, qu’ils formaient un son assez agréable.

Ils font des postures si contraintes et des contorsions de corps si violentes en dansant, que je me suis souvent étonné comme ils pouvaient se remuer, après avoir cessé ce pénible exercice cependant en sortant de là, ils sont si frais et paraissent si peu fatigués qu’on ne dirait pas à les voir, qu’ils ayent dansé »

Du Tertre, Jean-Baptiste (1610-1687) Histoire générale des Antilles habitées par les François divisées en deux tomes et enrichie de acrtes et de figures Tome II p.526-527

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