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Archives du 29 décembre 2016

Le colon doit planter pour la métropole, doit consommer les produits de celle-ci, en vue de l’enrichir, et peu importe à cette mère ingrate, que ses enfants, condamnés à l’exil, soient privés de ces douceurs qu’elle ne réserve que pour ses Benjamins. Le colon, à deux mille lieues, implanté sur son rocher, n’est plus qu’un être insolite, un polype, qui se renouvelle et dont la souche doit prendre racine, afin de pouvoir plus longtemps verser ses richesses dans la bourse de ses aînés.

Ainsi donc, toisé et daguerréotypé, le colon ne devient un homme utile à la métropole, qui daigne lui conserver sa nationalité, qu’à la condition qu’il sache aligner un sillon de cannes, niveler un chemin, orienter une pièce de café, creuser un canal et triturer son sucre. Jadis, comme nous pourrons nous en assurer, la qualité éminente du colon venait de l’obligation que la métropole lui imposait de consommer des nègres.

Adrien Dessalles

Histoire législative des Antilles ou annales du Conseil souverain T1 p3

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