archive

Archives du 24 décembre 2016

C’est le royaume dans lequel nous pénétrons dans le sommeil. Nous le portons en nous à jamais. Tous les ogres, tous les guides secrets de notre enfance sont là, et toute la magie de cet âge. Et, ce qui est plus important encore, ce royaume recèle toutes les potentialités de vie, ces autres parties de nous-mêmes, que nous n’avons jamais réussi à mener à maturité. Ces germes précieux sont, en effet impérissables. Si ne serait-ce qu’une partie de cette totalité perdue pouvait être ramenée à la lumière du jour, nous connaîtrions un élargissement extraordinaire de nos facultés, un intense renouveau de vie, une impulsion à retrouver notre vraie stature. Si nous pouvions retrouver ce quelque chose que nous avons oublié – et pas seulement nous, mais toute notre génération, toute notre civilisation – nous deviendrions vraiment celui qui dispense un don inestimable, le héros de son temps, c’est-à-dire quelqu’un dont l’importance historique s’étend au monde entier. En somme, la première démarche du héros consiste à se retirer du monde des effets secondaires pour gagner ces zones causales de la psyché où résident les réels obstacles; et là, à faire sur eux toute la lumière et, pour son propre compte, à les extirper (c’est-à-dire livrer bataille aux démons infantiles de sa propre civilisation), afin de parvenir à l’expérience directe, sans détour, à l’assimilation de ce que C.G. Jung appelle les « images archétypes ».

Le héros au mille et un visages Joseph Cambell p25

 

%d blogueurs aiment cette page :