Arioi

La vocation principale des arioi était mystique et religieuse. L’ethnologue Eugène Caillaux, dans son Histoire de la Polynésie orientale, souligne que : « (ils) célébraient des mystères, seuls les initiés y participaient car ces cérémonies étaient secrètes ». Et par certains côtés les arioi n’étaient pas sans ressemblance avec les anciennes sectes d’Eleusis en Grèce, de Saïs en Egypte. Le peuple les vénérait comme des êtres supérieurs, en contact étroit avec les dieux qui inspiraient, et approuvaient directement, leurs gestes, leurs dires. Pour cette raison, au décès d’un arioi avait lieu un rite spécial. Il avait pour but de reprendre au cadavre tout le Mana emmagasiné en lui depuis sa consécration. Au cours d’une cérémonie singulière qui se déroulait au marae royal, un prêtre, debout à côté du gisant, invoquait longuement Oro pour que le Mana du défunt retourne bien au dieu de qui il le tenait.

Les arioi constituaient à eux seuls le foyer de rayonnement de la connaissance traditionnelle et des arts polynésiens. A la fois orateurs, poètes, comédiens décorateurs, chanteurs et danseurs, ils étaient l’Académie, les Beaux-Arts et le Théâtre polynésiens réunis. Ils imprégnaient toutes leurs cérémonies du sens du sacré, base de cette société initiatique qui cherchait à utiliser les forces supra-naturelles pour exalter et porter, au maximum de perfection, ses performances et ses manifestations artistiques et littéraires.

Le Mana p 97 Bob Putigny Editions Avant et Après (chapitre Les Ariori)

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