La beauté on ne la produit pas en série

Le culte primordial de la beauté a toujours été l’apanage des plus hautes civilisations. C’est lui qui a rendu radieux le visage de la Grèce antique. La beauté a son propre Mana. Elle nimbe ceux qui la possèdent d’un prestige palpable, d’un privilège divin. Elle est cette « recommandation physique » que Stendhal recherchait toujours chez les êtres, le premier attribut de l’art, l’évocation de la divinité. Les Polynésiens en avaient un sens atavique. Ce qui frappait le plus dans les îles, avant l’intrusion du « progrès », de la politique de consommation, des mass media qui ont envahi le pays et y ont propagé leur abrutissante séduction c’était que, dans la splendeur un peu irréelle des paysages insulaires, on ne pouvait rien découvrir de laid ni surtout de vulgaire. Les maisons, les jardins, le maintien des gens s’inscrivaient harmonieusement dans la nature. Beauté et liberté sont parmi les mots clés des civilisations occidentales. Jamais elles n’y ont été aussi rare qu’à présent. Cependant les instituts et les concours de beauté y prolifèrent. Mais la beauté on ne la produit pas en série, on ne la vend pas, on ne la détaille pas. On la voit et on la respire comme le parfum d’une fleur.

Le Mana p 94 Bob Putigny Editions Avant et Après (chapitre Les Ariori)

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