Palestine 2

Le rêve trouve sa forme

Et prend peur.

Mais la cité est debout, 

Au plus fort de sa soumission.

L’explosion de la tempête

Est une pluie sur des chevaux.

Et pour toi, nous avons apprêté une nouvelle joie terreuse,

Chevaux sur nuit.

Apprêté la pâque, les anneaux et l’hymne.

Le rêve trouve sa forme,

Il devient ton image violente.

Ma mort: Abrège ici tes morts.

Sois jasmin ou obus.

Le rêve trouve sa forme 

Et prend peur.

Mais la cité est debout

Au plus fort de la blessure nouvelle.

Et dans l’expression de la tempête, 

Que dit le vent?

Nous sommes le vent et nous arrachons les vaisseaux, les astres

Et les tentes, avec les trônes contrefaits.

Que dit le vent?

Nous sommes le vent.

Nous étalons la honte de tes deux cuisses célestes.

Nous étalons notre honte

Et prolongeons la vie de la tempête.

Nuit sur mort

Et, pour toi, nous avons apprêté le berceau, la crèche et la montagne.

Le rêve nous ressemble.

Le chantre te ressemble et le récitant et le héros.

Et le rêve prend forme

Et prend peur.

Mais la cité est debout

Dans la flamme du feu en liberté,

Dans les veines des hommes.

Dissous-toi, ou répands-toi, cendres ou beauté!

Que dit le vent?

 

Nous sommes le vent.

     Nous sommes le vent.

         Nous sommes le vent.

 

Mahmoud Darwich

La terre nous est étroite Poésie Gallimard

 

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