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Archives du 10 juillet 2014

J’ai imaginé que tu étais mon appui
Et je me suis lassé de l’attachement de la croix aux clous.
Descendant de la pointe des lances et de la blessure, j’ai touché un objet.
Ce n’était que la sandale d’un soldat
Et ma chute s’est prolongée et prolongée…
Depuis ce jour je cherche un lieu où poser mes pieds.
Je suis le cours du fleuve et ne pouruis pas les vagues.
Retrouverai-je mon souffle?
Un soldat partage avec moi mes plaies.
Il les veille dans l’espoir d’être décoré
Et m’interdit de continuer à mourir. Il se saisit de la moitié de mes plaies
Et abandonne l’autre, à la sécurité des nations.
Il secoue mes doigts.
Un souvenir en tombe.
Vieux coups de feu.
Pin parasol,
Fruits pourris,
Chef d’accusation
Et des questions.
Il fouille encore ma paume et confisque Haïfa car elle faisait contrebande d’un épi.
O Karmil,
Voici que carillonnent toutes les cloches des églises.
Elles annoncent que mon trépa momentané ne s’achève pas toujours, ou s’achève une fois.
O Karmil, voici que les oiseaux de papier viennent à toi.
En toi, nulle différence entre les cailloux et les oiseaux
Et la résurrection du Christ est encore remise. O Karmil voici le début des vacances scolaires,
Fairouz me chante.
Nous prenons des cachets qui font pleurer
Et nous pleurons une montagne volante.
O Karmil, voici qu’un officier encore m’expose au danger de l’éternité.

La terre nous est étroite et autres poèmes
Mahmoud Darwich Nrf Gallimard

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