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Archives Mensuelles: janvier 2014

entretien par Daniel Mermet

A la mémoire de Cornelius Castoriadis, disparu le 25 décembre 1996, nous avons rediffusé l’entretien qu’il nous avait accordé un an plus tôt. On a parfois envie de retenir les mots, revenir sur les idées, à « oreille reposée ». En vous proposant de vous adresser le script de cet entretien, je ne m’attendais pas à un tel intérêt de toute part, tout horizon, tout milieu, pour une des pensées les plus fécondes et les plus lucides de notre temps. A travers la brèche on sent que tout n’est pas perdu ! Read More

Au bout du compte qu’est ce qui reste ? La pierre? Oui mais sans âme elle est froide et à part une plaque avec un nom dessus, le bâtiment public se fond dans le paysage comme une évidence et personne ne le voit plus. Ce qui restera j’en reste persuadé c’est l’écrit et je ne parle pas de l’écrit administratif, ni des programmes de festival. Il restera la voix du poète, celle du romancier, du dramaturge, du cinéaste. Voila ce qu’une communauté transmet aux générations, ça et des bâtiments publics avec des gens qui auront su leur donner une âme, une histoire. Et dans les coeurs, il restera, même silencieux et inconscients, les moments de partage et de sens. Il ne restera pas les canapés et petits fours, ni le champagne et le vin, ni les discours, ni le nombre ni la quantité. Il restera le regard émerveillé d’un enfant qui écoute l’histoire de peau d’âne, il restera les rencontres comme celle avec Christian Sabas sur la folie du monde, la voix d’Harry lisant une lettre de Sonny Rupaire à la jeunesse. Il ne restera pas les applaudissements, les communiqués de presse et les flyers qui finiront leur vie dans les poubelles. Il restera la grâce d’un moment partagé, la graine de vocation semée chez un adolescent qui ne se souviendra même plus (ou peut-être que si) d’avoir croisé la route d’un écrivain. Il restera le débat et l’échange d’idée loin des recettes toutes faites et des il faut, il suffit il n’y a qu’à. Je suis riche de ces moments de grâce, de ses moments de sens. Dans cette société du spectacle et cette course au pouvoir je suis heureuse d’être riche de ces moments de grâce. Un atelier d’écriture, l’initiation à la magie du réel, et l’envie furieuse de transmettre pour construire le pays loin des marchands de réalité toute faite et de psychose sous perfusion. Le pays se construit. Image Silencieusement. Pas besoin de manifestation, la maladie se manifeste, pas la santé, la santé se danse et se célèbre et n’a de cesse de nourrir la générosité et la création. Je n’ai rien à dire, rien à revendiquer, encore moins à réclamer à imposer. Le temps vient. Et pour une chose portée qui ne se fera pas, sa forme pensée déjà créée prépare le chemin de sa réalisation. Dans le silence. Le temps viendra. Il est déjà venu. L’ombre sculpte la lumière. La lumière sculpte l’ombre. Qu’est ce qu’il restera?

La grâce.

Jean Baptiste Lazare

Reporters sans frontières accueille à la fois avec satisfaction et prudence la nouvelle des inculpations, le 18 janvier 2014, de neuf personnes soupçonnées d’implication dans l’assassinat de Jean Léopold Dominique, le 3 avril 2000 à Port-au-Prince. L’attentat meurtrier contre le directeur de Radio Haïti Interavait également coûté la vie au gardien de la station Jean-Claude Louissaint.
“Nous saluons un pas judiciaire important, quasi inespéré après des années d’enlisement et d’impunité dans un dossier qui aura mobilisé sept magistrats instructeurs. L’enquête avait certes été relancée le 8 mai 2013 avec l’audition comme témoin de l’ancien président de la République Jean-Bertrand Aristide, dont les neuf inculpés sont réputés proches. Il s’agit maintenant d’établir les niveaux de responsabilité avec précision, à l’appui des dépositions des neuf concernés. Aucun ne doit manquer à l’appel pour la suite de la procédure. La vérité doit enfin surgir, quatorze ans après les faits”, déclare Reporters sans frontières.
“Tout comme l’association SOS Journaliste, Reporters sans frontières demande en particulier que toutes les dispositions soient prises pour que Myrlande Lubérisse vienne s’expliquer devant la justice de son pays. L’ancienne sénatrice du parti Fanmi Lavalas de Jean-Bertrand Aristide est désignée dans le rapport du juge Yvikel Dabrésil comme commanditaire de l’assassinat de Jean Dominique. Les autorités des États-Unis, où réside l’intéressée, doivent accéder à son extradition s’il y a lieu”, ajoute l’organisation.
Le rapport du juge Dabrésil transmis le 18 janvier dernier à la Cour d’appel de Port-au-Prince fait également état des inculpations de : l’ancien maire adjoint de Port-au-Prince Harold Sévère, l’ancienne militante Lavalas et prêtresse vaudou Anne Augustin alias “Sô Ann”, ainsi que des hommes de mains Frantz “Franco” Camille, Toussaint Mercidieu, Mérité Milien, Dimsley Milien alias “Ti Lou” – déclaré mort par certains témoins -, Jeudi Jean-Daniel alias “Guimy” et Markington Michel. Ces trois derniers s’étaient évadés de prison en février 2005, deux ans après leur arrestation.
Politiquement très sensible, l’affaire Jean Dominique porte en elle une polarisation toujours très forte autour de la personne de l’ancien président Aristide, longtemps exilé puis revenu au pays en mars 2011. Certains témoignages recueillis par les magistrats et consignés dans le rapport du 18 janvier – dont celui de l’ancien chef de la sécurité de Jean-Bertrand Aristide, Oriel Jean – soutiennent la thèse selon laquelle l’ancien président aurait lui-même ordonné l’assassinat du journaliste, considéré comme une entrave à ses visées de retour au pouvoir à l’époque du crime.
Information envoyée par Jacky Dahomay

Présentation du dernier numéro de la revue d’anthropologie L’Homme intitulé « Un miracle créole ? »

par le professeur Jean-Luc Bonniol (coordinateur et contributeur)

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En avril 1989, Édouard Glissant, alors en poste à l’Université de Bâton-Rouge en Louisiane, organisa un colloque sur le système de plantation aux Amériques, trouvant là l’occasion de contribuer à la poursuite de la réflexion collective sur ce mode agraire aux dimensions sociales si spécifiques, entamée depuis déjà trois décennies, à laquelle il avait largement participé dans ses travaux antérieurs (Glissant 1981). À ce colloque, intervint Michel-Rolph Trouillot, anthropologue et historien haïtien, professeur à l’Université de Chicago. Dans sa communication (publiée quelques années plus tard avec, en exergue, cet emprunt à Glissant : « Le lieu est incontournable »), celui-ci lança pour la première fois l’expression de « miracle de la créolisation » (Trouillot 1998).

2Pourquoi une telle référence à un éventuel miracle ? D’abord parce que le terme renvoie à un phénomène largement inexpliqué, en attente d’une analyse. Ensuite parce qu’il permet de qualifier un processus qui semble revêtir une portée éminemment positive : « contre toute attente », une « merveille » a été produite dans les « mâchoires d’une force brutale et absolue » (Ibid. : 8). Des parcelles familiales de l’arrière-pays jamaïcain aux religions afro-brésiliennes et afro-cubaines, de la musique de jazz de la Louisiane à la vitalité de la peinture haïtienne ou à la conscience historique des Marrons du Surinam (ce sont là les exemples énumérés par Michel-Rolph Trouillot), « les manifestations des cultures afro-américaines nous apparaissent comme le produit d’un perpétuel miracle ». 

(début de l’introduction au numéro)

Jean-Luc Bonniol

 

A propos de Jean-Luc Bonniol

Jean-Luc Bonniol est anthropologue et historien. Il est professeur émérite d’anthropologie à Aix-Marseille Université, membre du Centre Norbert Elias (UMR 8562 du CNRS). Il travaille à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (Aix-en-Provence), après avoir enseigné de 1973 à 1982 à l’Université Antilles-Guyane, résidant successivement en Guadeloupe et en Martinique. Il est membre du Comité International des Etudes Créoles et du Conseil de rédaction de la revue L’Homme.

Son terrain principal, en tant qu’anthropologue,  a concerné les sociétés créoles, et de manière privilégiée les Antilles de colonisation française. Partant du cas spécifique de petites populations insulaires (Terre-de-Haut des Saintes, la Désirade), il  a poursuivi une réflexion au long cours sur l’objet  « racial » et la persistance des modes coloniaux de catégorisation dans les sociétés post-esclavagistes. Il a, dans cette ligne, abordé le thème du « métissage », envisagé tant du côté de la  dynamique des populations (saisie au travers des faits d’alliance et de procréation) que de ses représentations, tout en étendant sa réflexion au domaine du mélange culturel, ce qui l’a conduit à aborder au niveau théorique le thème de la « créolisation ». L’empreinte « colorée » de l’esclavage l’a également orienté, concurremment à la montée actuelle de fortes préoccupations sociales et identitaires à la fin des années 1990, vers la thématique de la mémoire de l’esclavage et, plus généralement, des représentations du passé.

Parmi ses publications, on peut citer :

1980 Terre-de-Haut des Saintes. Contraintes insulaires et particularisme ethnique dans la Caraïbe, Paris, Editions Caribéennes

1992 La couleur comme maléfice. Une illustration créole de la généalogie des « Blancs»  et des « Noirs », Paris, Albin Michel

2001 (ed.) Paradoxes du métissage, Paris, Editions du CTHS

2004 (ed., avec Maryline Crivello) Façonner le passéReprésentations et cultures de l’histoire (XVIe-XXIe siècle), Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence.

2011 « Trois mois de lutte en Guadeloupe », Les Temps Modernes, 662-663, p. 82-113

Il est l’auteur de plusieurs entrées du récent Dictionnaire historique et critique du racisme (Pierre-André Taguieff, dir., Paris, PUF, 2013). Il vient de coordonner le dernier numéro de la revue L’Homme (207-208, 2013/3), principale revue française d’anthropologie, intitulé « Un miracle créole ? »

Souvenances au Quai Branly

Dans sa salle de cinéma, le musée du quai Branly accueille chaque trimestre des projections des Ateliers Varan. Elles permettent au public de découvrir les films documentaires réalisés dans le cadre des ateliers à l’étranger. Dans la lignée du cinéma direct de Rouch, Leacock, Perrault et Wiseman, les Ateliers Varan forment de jeunes cinéastes de terrain : ils leur apprennent à filmer les réalités quotidiennes et à exprimer en images ce qui fait une identité culturelle.

Atelier Radio Cinématographique Guadeloupe 2013 /
Souvenances, un voyage dans les mémoires et dans l’oubli

Jeudi 30 janvier 2014 à 18h30 – Salle de cinéma du musée du quai Branly

 

Varan Caraïbe organise depuis quatre années consécutives des ateliers de formation au documentaires en Guadeloupe, et son action commence à porter ses fruits : un réseau s’est créé, de nouveaux réalisateurs émergent, des projets se forment, des films circulent, de nouveaux regards se posent enfin sur les réalités guadeloupéennes.
C’est avec l’intitulé un peu énigmatique d’Atelier d’essais radio-cinématographiques que s’est achevé l’été dernier après deux semaines intenses et créatives, le nouvel atelier de formation de Varan Caraïbe en Guadeloupe.
Sous le signe de l’expérimentation et de l’inventivité, les huit participants y ont réalisé de courts « films sonores », à la fois documentaires radiophoniques destinés à être diffusés sur les ondes de la radio Guadeloupe Première et courts-métrages documentaires dans leur version image et son. Cette forme inédite a permis aux aux stagiaires d’explorer le récit sonore sur le thème de départ de « mémoire et oubli ». Daniel Deshays, réalisateur sonore pour le théâtre et le cinéma, Michel Creïs mixeur à Radio France et Sylvaine Dampierre, cinéaste ont encadré cet atelier. Le résultat c’est « Souvenances » : neuf films courts à écouter et à regarder, qui déclinent d’une façon très personnelle et sensible le thème de départ. Un nouveau voyage pour le spectateur, vers la Guadeloupe à fleur de peau.

en présence de Sylvaine Dampierre, coordinatrice de l’atelier et membre Varan et de Gloriah Bonheur et Sandrine Trésor, réalisatrices.

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Séance de projection en accès libre, dans la limite des places disponibles.

Salle de cinéma du musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 Paris
Tél. : 01 56 61 70 00

Ladrerie, éléphantiasis. – Ces cruelles maladies font de rapides progrès dans les colonies, et la population entière sera par la suite viciée, si l’on n’y prend garde. « Je veux dire tout ce que j’ai vu; mais, embarrassé pour parler medecine, je me suis adressé à M Dutrouleau, chirurgien de la marine, lequel a répondu à mes questions de la manière suivante:
La ladrerie n’est que le dernier degré du mal rouge de Caïenne, cocabé des Africains, lèpre tuberculeuse, éléphantiasis des Gracs: maladie caractérisée au début par des tâches de la peau d’un rouge-cuivre chez les hommes de couleur, d’une teinte fauve chez les blancs. Plus tard, apparaissent au visage des petites tumeurs ou tubercules, qui envahissent les oreilles, les lèvres, le nez, et donnent au visage l’expression horrible qui caractérise cette affection: en dernier lieu enfin, des ulcères envahissent les pieds ou les mains, et détruisent ces parties, sans douleur pour les malades; c’est ce degré qu’on appelle ladrerie.
Au dire de quelques auteurs, cette lèpre a été apportée d’Afrique par la traite des noirs; toujours est-il qu’aujourd’hui elle a envahi toutes les classes de la société créole, et qu’elle paraît s’entendre tous les jours de plus en plus.

Titre : Exposé général des résultats du patronage des esclaves dans les colonies françaises / imprimé par ordre du ministre secrétaire d’État de la marine et des colonies p247

Éditeur : Impr. royale (Paris) Date d’édition : 1844 Sujet : Esclaves — Conditions sociales — France — Colonies

Sujet : France — Histoire Type : monographie imprimée Langue : Français Format : 668 p. ; in-4

Format : application/pdf Droits : domaine public Identifiant : ark:/12148/bpt6k790190

Source : Bibliothèque nationale de France, 4-Lf224-24 Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36377372j

Provenance : bnf.fr Date de mise en ligne : 15/10/2007

Les ateliers Anbalabay

Epique époque!

Il y avait la ligne jaune maintenant c’est écrit en toutes lettres. Limite de confidentialité. J’ai oublié de mesurer. Zut! Dans un documentaire sur les métros dans le monde le film s’ouvre sur une citation de Churchill:  » Nous donnons forme à nos bâtiments puis ce sont eux qui nous modèlent »

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