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Archives Mensuelles: octobre 2013

Après les propos tenus à propos de Madame Taubira, par une candidate (désormais ex-) du Front National, cette lettre a été initiée par un groupe de femmes noires, ce qui ne signifie nullement qu’elle soit d’inspiration communautariste ou qu’elle soit de nature à exclure quiconque.

Le Collectif est composé de femmes noires, blanches, d’hommes, d’indiens, de chinois et tant d’autres.

La lettre est signée par des gens de toutes origines.

Nous avons tenu à préciser « initié par un groupe de femmes noires » car Madame Taubira a été insultée en tant que femme noire, comparée et assimilée à une guenon.

Nous tenons à ce que ceux qui nous rejoignent pour combattre les extrémismes prennent conscience de la spécificité de cette insulte, qui n’est nullement banale et non point « innocente ».

Nous ajoutons que les attaques des extrémistes ne se limitent pas à une seule catégorie de personnes. Ils s’en prennent de manière égale aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans, aux homosexuels, aux lesbiennes, aux transsexuels, aux Juifs…

Nous soutenons madame Taubira en tant que symbole parce qu’elle défend toutes ces personnes dans notre société. Elle l’a clairement exprimé.

Nous vous invitons à signer cette lettre par retour de mail.

Indiquez :

Nom

Prénom

Qualité -profession

La lettre:

Lettre ouverte à Messieurs

François HOLLANDE, président de la République Française, Jean-Pierre BEL, président du Sénat Claude BARTOLONE, président de l’Assemblée Nationale

Nous, Collectif R = (Respect) tenons à vous faire part de notre indignation face aux photos, propos et actes racistes, injurieux et dégradants proférés à l’encontre de Madame Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Nous sommes étonné – e -s de l’absence de prise de position publique de notre Gouvernement face à cette atteinte à l’intégrité et à l’appartenance à l’espèce humaine du troisième personnage de l’Etat.

En cette période de montée des racismes et des stigmatisations, rappelons-nous ce que l’Histoire nous a appris : l’inertie constitue toujours une menace pour la République et la démocratie.

C’est contre la permanence du racisme et du sexisme et contre la récurrence du silence de la classe politique et des media que le collectif R=Respect, initié par des Femmes Noires, s’est réuni pour exiger, de nos institutions et de leurs représentants, une réponse ferme et immédiate.

(Communiqué reçu par mail)

Les statues meurent aussi est un documentaire français réalisé par Chris Marker et Alain Resnais sorti en 1953. Il fut commandité par la revue Présence africaine. Un film de légende, interdit pendant dix ans.

De 1952 à 1953, Alain Resnais et Chris Marker tournent un film documentaire sur l’Art nègre dans un contexte où la décolonisation semble inéluctable. Il s’agit d’une commande. Les deux auteurs répondent à la demande du collectif « Présence africaine » patronné par Alioune Diop et animé notamment par des intellectuels comme Aimé Césaire, Price Mars, Léopold Sédar Senghor, Richard Wright ou Jean-Paul Sartre qui veut offrir à la palabre africaine un espace de discussions où se rencontrent les figures les plus marquantes du monde noir de l’après-guerre.

Alain Resnais et Chris Marker partent d’une interrogation : « Pourquoi l’art nègre se trouve t-il au musée de l’Homme alors que l’art grec ou égyptien se trouve au Louvre ? »

Le sujet des Statues meurent aussi, c’est la mise à nu des mécanismes d’oppression et d’acculturation, l’impossible dialogue culturel dans le contexte immanent de la colonisation, le développement d’un art de bazar parce que le Blanc est acheteur, l’idée qu’il n’y a pas de rupture entre la civilisation africaine et la civilisation occidentale.

En même temps que l’Art nègre gagne ses titres de gloire, ne devient-il pas une langue morte, questionne Chris Marker ? « On achète son art au Noir et on dégrade son art » poursuit-il.

La commission de contrôle refuse au film son visa du fait notamment du discours anticolonialiste explicitement véhiculé dans le documentaire. Au bout de 10 ans, une copie tronquée du film sort toutefois sur les écrans.

« On nous avait commandé un film sur l’art nègre. Chris Marker et moi sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ? » explique Alain Resnais.

À l’arrivée, une exploration passionnée de l’art nègre et une dénonciation virulente des méfaits du colonialisme. La question posée reste d’actualité, pour ce qui concerne le Louvre – mais aura contribué à voir naître le musée du Quai Branly.

Paris, Petit-Palais, 9 novembre 2013
Comme un vieux rêve qui se réalise, les plumes les plus engagées de la Caraïbe seront en un seul lieu ensemble.
Simone Schwarz-Bart – Maryse Condé – Michèle Césaire – Gerty Dambury – Vivian Martinez – Jean Small – Daniel Boukman – Alwin Bully – Reynaldo Disla – José Exelis – Rawle Gibbons – José Jernidier – Julius A. Laou – Gilbert Laumord – Jean Métellus – Michael Reckord – Guy Regis Jr. – Elie Stephenson – José Triana – Travis Weekes; ….

SYMPOSIUM THÉÂTRE CARAÏBE – LE RÉPERTOIRE

Programme
9 heures
Accueil de tous les invités de la Caraïbe.
Simone Schwarz-Bart – Maryse Condé – Michèle Césaire – Gerty Dambury – Vivian Martinez – Jean Small – Daniel Boukman – Alwin Bully – Reynaldo Disla – José Exelis – Rawle Gibbons – José Jernidier – Julius A. Laou – Gilbert Laumord – Jean Métellus – Michael Reckord – Guy Regis Jr. – Elie Stephenson – José Triana – Travis Weekes

9h30
Accueil et prise de parole des personnalités officielles.
Théâtre Caraïbe – Le Répertoire
Collection multilingue (français, créole, anglais, espagnol et néerlandais)

Présentation et historique par Jean-Michel MARTIAL

COLLOQUE : LE THÉÂTRE CARIBÉEN
10h15 – 11h30
Table – Ronde ( Interventions de 10 à 15mn chacune )

DRAMATURGIE & SOCIÉTÉ – NOUVELLES PERSPECTIVES DE L’HISTOIRE – PERSPECTIVE HISTORIQUE

Reynaldo DISLA (Republica Dominicana ) – BOLO FRANCISCO
(Saga critique de la société dominicaine qui annonce la rébellion et stimule une réflexion
sur les dépossédés )

Jean MÉTELLUS (Haïti) – ANACAONA (L’histoire pré-coloniale d’Haïti)`
Julius Amédée LAOU (Martinique) –

UNE AUTRE HISTOIRE OU LE MALENTENDU
(Nouvelles perspectives historiques)
Maryse CONDÉ (Guadeloupe) –

AN TAN REVOLYSION
(Le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe)
Intervention de Christiane MAKWARD (inspirée de la théâtralité d’Ariane Mnouchkine)

Informations pratiques
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
01 53 43 40 00

 Information envoyée par Gens de la Caraïbe

Cynisme, cupidité ou inconscience; quels ont été les moteurs du chlordécone  ?

Bande annonce du film où s’illustre Matt Damon en sauveur du monde. Rien de nouveau sous le soleil. L’arène: un monde coupé en deux. La Terre et le paradis Elysium, il y fait beau, jardins à la française et femmes sculpturales alanguies sur des chaises longues. Sur Terre une humanité grouillante et sale mange la poussière. Le début est intéressant. Belle peinture sociale du monde tel qu’il est où les hommes réduits en esclavage « travaillent » comme Matt Damon à construire ce qui va encore plus les asservir. Rien de nouveau sous le soleil. La trahison. Le patron ne porte pas secours à son ouvrier et le condamne après lui avoir demandé de signer un document pour recevoir des médicaments.  Rien de nouveau sous le soleil. La vengeance. Matt Damon l’ouvrier trahi celui qui s’est efforcé d’être le bon citoyen de seconde zone va voler au patron les codes pour reprogrammer Elysium. Rien de nouveau sous le soleil. Un couple qui s’aime et un amour impossible.  3 ordres: les politiciens, le peuple, et les guerriers. Le film sans surprise se termine sur l’affrontement entre guerriers « augmentés ». Matt Damon luttant pour donner au monde les données uploadées dans son cerveau et qui pourraient faire de l’humanité entière des citoyens d’Elysium. La fin bien sur le sacrifice du héros pour sauver la petite fille de la femme qu’il aime. Le tout dans une musique sirupeuse à souhait.  Happy end: ils sont tous citoyens. La petite fille peut être guérie. Deux scènes m’ont amusée: L’humour face aux policiers robotisés qui bien sur n’ont aucun humour.  L’effort de « parole » de Matt Damon au commissariat face à un robot encore qui ne sait pas « parler ». « Voulez vous parler à un humain » et Matt Damon refuse. La deuxième scène quand Elysium est reprogrammé et que le politicien veut faire arrêter le rebelle et son robot lui répond je ne peux arrêter un citoyen d’Elysium. Tous citoyens donc . Happy ending.

« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir, en fait, de l’enfer ». Antonin Artaud, Van Gogh, le suicidé de la société, 1956

Est-ce le fait de vivre en contact avec la folie qui a fait de Christian Sabas un révolté ? 
A moins que le fou ne soit que le nom donné par la société à celui qui en refuse les codes ?
Et si les fous, c’étaient nous. Nous qui nous croyons sages, refusant d’admettre que nos certitudes ne sont qu’illusions trompeuses.
Dans une annexe de l’hôpital Maison Blanche, Pavillon 53, Christian Sabas tournant le dos aux soins psychiatriques traditionnels, ouvrit un atelier artistique destiné aux personnes en souffrance. C’était en 1983.

L’Atelier du non-faire.

Un atelier de pratique, pour le plaisir de s’adonner à une pratique sans finalité. Dans une posture de gratuité, délibérément en rupture avec les dictats de productivité et de la rentabilité de nos sociétés post-capitalistes.

Une utopie que Christian Sabas a faite sienne, bien avant les événements de 2009 qui donna lieu à la déclaration suivante qui clôturait le Manifeste de 9 intellectuels martiniquais :

« Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant… ».

L’Atelier du non-faire était destiné à « mettre en œuvre un épanouissement humain ». Car en réduisant les hommes à n’être que des producteurs soumis, le post-capitalisme a fait de nos sociétés, et de notre être au monde, un enfer. Antonin Artaud ne disait pas autre chose. Le geste créateur se revendique alors comme l’affirmation la plus élevée d’une humanité se débattant avec le chaos-monde. Et qui refuse de se laisser briser.

Christian Sabas peint mais ne se définit pas comme un artiste, un professionnel de l’Art. Ce qu’il peint ne rentre dans une aucune des catégories définies, y compris celle de l’art brut. Il rend compte de ce qui l’habite, ce qui le hante. Instinctivement et de la façon la plus authentiquement possible, il donne forme à ses visions.

Des visions en noir et blanc de personnages, tantôt en mouvement cherchant maladroitement leur équilibre, tantôt statiques, voire même parfois entremêlées les uns aux autres de façon grouillante. Des visions qu’il inscrit sur papier kraft ou sur de longues bandes qu’il déroule ensuite, suspendues, telles la pellicule d’un film muet. Faisant défiler des formes plus ou moins indécises, ressemblant à des ombres fugaces que le pinceau tenterait de retenir. Mais aussi d’autres visions, plus ambitieuses par leurs dimensions et leur composition. Christian Sabas a recours alors à la couleur pour faire surgir à même la toile de lin suspendue, des figures hiératiques qui semblent venir d’un très lointain passé. Des figures comme enfouies dans les plis de la mémoire et qui aspirent à remonter à la lumière. Affirmant, par delà le néant de l’oubli, une présence forte. L’utilisation de toiles usagées et jaunies, le traitement que le peintre fait subir à la pâte pour obtenir craquelures et patine, matérialisent alors, de façon concrète, cette épaisseur du temps contre laquelle il convient de lutter.

Christian Sabas semble être « habité ». Il n’explique, ni ne commente ses œuvres. Il les expose telles quelles, brutalement, à nos yeux. A la façon d’un surgissement qui ressemblerait aussi à un don de soi. A travers un geste qui, renouant avec le sacré, nous invite à communier à sa quête de l’inconnu, laquelle, plongeant au plus profond de son être, relève fondamentalement du mystère. Celui du vivant.

Scarlett JESUS, critique d’art.

Exposition de Christian Sabas à la Médiathèque du Gosier du 15 au 22 Octobre 2013

Les nègres en général n’aiment point le travail. Ils ne sont pas suceptibles d’émulation, ce qui joint à une conception dure et bornée les rend peu industrieux et maladroits. En leur ordonnant un genre de travail il faut leur répéter plusieurs fois comment il faut l’exécuter. Il faut leur apprendre les moyens les plus simples et les plus faciles et ne pas se rebuter. Quand ces précautions ont été prises, ils n’ont plus d’excuses et la prudence ordonne le châtiment suivant l’exigence des cas.

Gabriel Debien qui cite Papiers Grandhomme, « Observations au gérant » 1785 p 17-20

Les esclaves aux Antilles françaises (17-18ème siècles) p 154

Madame, Monsieur,

En cette année 2013, la Guadeloupe doit comme l’ensemble des territoires liés à l’Europe, affronter les crises et les bouleversements qui affectent le monde. En de multiples occasions, et plus particulièrement lors des conflits sociaux, le mot « plantation » revient prendre place dans les propos de certains protagonistes.

Pour comprendre comment « la plantation » est encore présente sous différents formes dans le fonctionnement de la Guadeloupe d’aujourd’hui,l’UNIRAG vous propose une formation sur :

L’ ANTHROPOLOGIE DE LA GUADELOUPE

Animée par M. Albert FLAGIE, anthropologue et sociologue.

Une formation destinée à tous ceux, guadeloupéens de longue date ou récemment arrivés dans l’archipel, qui veulent comprendre ce qui fonde les comportements et les pratiques d’une très large part de la population.

Nouvelle session en Juin 2013 :

Dates et thèmes : 6 séances de 17h à 20h.

  1. Lundi 10 juin : Anthropologie générale de la plantation
  2. Mercredi 12 juin : Représentation du monde (cosmogonie et magico-religieux)
  3. Vendredi 14 juin : La famille caribéenne (hommes, femmes; les dynamiques d’hier et d’aujourd’hui)
  4. Lundi 17 juin : Criminologie de la Guadeloupe (hier, aujourd’hui, demain)
  5. Mercredi 19 juin : Modes d’habiter
  6. Vendredi 21 juin : Les mutations sociales
Groupe de 12 participants environ avec un minimum de 10 personnes.
Lieu : UNIRAG, Résidene VATABLE bat D n°5 _ 97110 Pointe à Pitre  (près du siège de SIKOA)
Prix : 540,00 € par personne en inscription individuelle (possibilité de règlement en plusieus fois).
         720,00 € dans le cas d’un règlement par une entreprise au titre de la formation professionnelle.
 
Pour s’inscrire contacter nous au plus vite :
La secrétaire : Mademoiselle Cécile VALERE au 0690 32 72 85
 (du lundi au jeudi 8h30-12h30 et 14h-17h et le vendredi 8h30-12h30)
ou Marcel FIGARO au 0690 55 52 96
ou par mail : cf.unirag@gmail.com

Battre à coup de fouet.

p. 25 « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

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