Nuit d’orgie

NOTE DE L’ÉDITEUR : On ne sait toujours pas qui signa ces pages savoureuses 1, où la langue créole apporte gourmandise et gaieté. Effe Géache ou F.G.H., les conjectures, sur l’homme qui se cache derrière ces initiales, furent nombreuses, mais, comme l’explique Raphaël Confiant dans sa préface, aucune n’est satisfaisante. Nuit d’orgie est le récit des turpitudes hautement polissonnes de quatre compères de Saint-Pierre en Martinique, gaillards qui « mêlent toujours le stupre à la rigolade la plus franche ». Image

AVANT-PROPOS DE L’AUTEUR : Cet ouvrage appartient aux mœurs créoles dépravées et est écrit avec beaucoup de soin et d’élégance.

Ce qui le distingue des autres ouvrages de ce genre, c’est que l’auteur a cru utile de donner la traduction complète en français de ces belles et riches expressions créoles qui ne sauraient trouver d’équivalent en aucune langue.

F.G.H.

RAPHAËL CONFIANT : […]

A la fin du XIXe siècle à Saint-Pierre, hormis les Grands Blancs et quelques riches familles mulâtres, rares étaient ceux qui utilisaient régulièrement le français dans leur vie de tous les jours. […] La langue la plus courante, du haut en bas de l’échelle sociale, était le créole, langue née au XVIIe siècle sur l’instable terreau linguistique des parlures dialectales des premiers colons français (Normands, Poitevins, etc.) et les langues multiples de leurs esclaves africains. De ces dernières, le créole n’a retenu que certains traits phonologiques et quelques mécanismes rhétoriques, tout en dérivant de plus en plus des parlers français pour finir par former une langue nouvelle, originale, quoique fortement apparentée à ceux-ci.

Langue de la quotidienneté, de l’immédiateté, le créole est le seul à nommer les organes sexuels et les pratiques qui y sont afférentes. Effe Géache ne se sert donc pas d’expressions créoles dans le seul but d’aguicher le lecteur européen, mais parce qu’il ne lui était guère possible de faire autrement sous peine de dénaturer les scènes décrites ou d’affadir les propos échangés.

[…]

Préface, pp. XI-XII (dans l’éd. Arléa de 1992)

 

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