(In) dépendance créole

(…) Un grand moment qui a d’ailleurs été un nouveau point de départ pour nombre de jeunes Guadeloupéens qui avaient vécu – ou pas – ces évènements mais qui, dès lors, ont éprouvé un profond ressentiment à l’encontre du pouvoir français et de ses symboles. Le massacre de mai 1967 (87 morts, selon le ministre des Colonies Lemoine) s’inscrivait dans une continuité historique tragique et succédait à celui de mai 1802, à Baimbridge, qui vit périr Ignace et cinq cents des siens harcelés par les soldats français. Matouba, sans être un massacre, a été un haut lieu de sacrifice où les Guadeloupéens sont morts par centaines, également en 1802,  sur l’autel de la liberté.

Nous disions que la période dite « de violence », qui va de 1980 à 1990, semble occultée par nombre de Guadeloupéens, et cela est vrai comme est vrai le fait que, pendant des décennies, ils ont totalement occulté leur passé d’esclave qu’ils redécouvrent aujourd’hui avec une certaine fierté.

Nous ne savons pas pourquoi ces Guadeloupéens éprouvent une gêne à parler en public des évènements qui ont marqué les « années de violence alors que tous s’accordent à dire qu’elles s’inscrivent dans notre histoire collective.

Préface de Luc Reinette

 

(…) La France n’est pas seulement aimée des Antillais, elle n’est pas « l’autre aimée ». Elle est la mère, la mère patrie! Nulle sensiblerie, nulle naïveté dans cette affirmation, mais l’expression d’une réalité vécue, sentie, expérimentée par l’immense majorité de nos compatriotes. Les avatars de l’histoire du XXe siècle ont fait cependant surgir, chez certains d’entre nous, une contestation de cette réalité que je viens de rappeler. Les deux Guerres mondiales, qui ont affaibli l’Europe et durement affecté le socle spirituel de notre civilisation, le développement de cette espèce d « Islam politique » pour employer l’expression de notre compatriote Jules Monnerot, que fut le communisme, avec Moscou comme équivalent de La Mecque, ont créé le désordre dans certains esprits fragiles accessibles aux propagandes sommaires. Ainsi c’est créé un courant politique séparatiste antillais se réclamant de l’histoire, mais à rebours de toute notre histoire. Bénéficiant de ceux qui, en Europe, travaillaient pour la Révolution et non pour le bonheur des hommes, ce courant, qui connut son apogée dans les années 1970-1980, a perturbé la vie de nos îles, brouillé les rapports humains, suscité des antagonismes qui n’avaient pas lieu d’être. En cette régression, il perdure encore aujourd’hui, sous certaines formes, notamment un pseudo-syndicalisme de combat.

François-Xavier Guillerm s’est attaché à décrire l’action de ces enfants perdus de la Guadeloupe.  (…)

Décrivant l’idéologie séparatiste, il a montré qu’elle reposait, notamment, sur une conception d’une idée de l’identité antillaise, jugée incompatible avec l’appartenance à la Nation française. Intégrisme identitaire, à mes yeux, qui débouche sur l’exclusion de tout ce qui n’est pas « natif-natal », sur le racisme et la xénophobie. Il évoque, à l afin de son livre, la campagne raciste, notamment par voie d’affiches, qui fut menée en 1999-2000 par un gropuscules séparatistes: « Woué (sic) blan ka débaké » , « Fransé déwo! », etc.

C’est la même dérive criminelle qui se développe en Corse, chez des gens de même structure mentale, rabougrie et complexée, et qui aboutit à ces inscriptions murales en langue régionale corse: « Arabi fora » ou à la tentative d’assassinat de l’imam de Sartène.

Nous avons connu cela en Guadeloupe. Dieu veuille que tout cela relève définitivement du passé.

Préface d’Edouard Boulogne

 

Des bombes ont sauté en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Paris, dans les années 80. Il y a eu des morts, des blessés, des otages, des interpellations… Dans l’ombre, des négociations ont été menées… Pourtant, cette histoire politique et sociale récente n’a jamais été racontée. Une chape de plomb recouvre encore les mémoires sur cette période trouble.

4ème de couv de l’essai de François-Xavier Guillerm (In) dépendance créole aux éditions Jasor 2007.

 

 

 

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