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Archives Mensuelles: octobre 2012

Plus dangereuse est une autre passion que j’ai à signaler, celle des liqueurs fortes, du tafia et du rhum: elle menace tous les éléments des populations d’une dégénération plus ou moins prochaine, si l’autorité n’y met bon ordre. En bas, on boit jusqu’à s’enivrer crapuleusement; en haut « pour couper la soif », sans comprendre que l’ingurgitation trop répétée des grogs au rhum mène en droite ligne à l’alcoolisme. Mon ami, le docteur Cornilliac, a jeté le cri d’alarme dans un vigoureux article, publié l’an dernier par le journal Les Colonies. J’ai écrit moi-même ce que j’avais à dire sur ce déplorable sujet, dans mes études de criminalité créole: je n’ai donc ici qu’à mentionner l’habitude fâcheuse à laquelle prédisposent et le climat et la nature particulière des productions indigènes.

Armand Corre Nos Créoles 1890 source Gallica

Que souhaitez-vous de plus? dit la droite, quelle idée de mettre des bombes? (…) Quel est donc ce problème? Il ne relève pas du droit commun, mais du politique. il réside dans la situation paradoxale suivante: plus la démocratie française se développe ici, et plus la colonisation se renforce. (…) Le paradoxe est le suivant: si nous jouissons exactement des mêmes libertés formelles qui les citoyens français, la loi qui est violence légitimée ne fonctionne pas de la même manière dans la conscience du Français que dans celle du Guadeloupéen. Car si les lois et les acquis démocratiques en France résultent de l’histoire même du peuple français, si leur légitimité s’impose aux français, c’est parce qu’ils sont aussi les conquêtes des luttes populaires françaises. En Guadeloupe, ils sont toujours marqués du sceau indélébile d’une certaine illégitimité parce que relevant d’une extériorité certaine. Ils ont été introduits ici par la violence de la colonisation et le statut de l’esclavage.

L’auteur cite Jacky Dahomay philosophe Guadeloupéen

François- Xaiver Guillerm (In) dépendance créole Editions jasor 2007 p 18

Depuis plusieurs années, Sylvaine Dampierre des Ateliers Varan et Gilda Gonfier en Guadeloupe, portent le projet de développer une culture cinématographique caribéenne vivante, productive, pérenne en favorisant l’émergence d’une production régionale depuis son origine – la formation et le soutien apporté aux jeunes cinéastes – jusqu’à son aboutissement : la diffusion et la mise en réseau. Ce projet a reçu un soutien de poids, lors de la visite de Jean Rouch en Guadeloupe en novembre 2003, et en 2006 fut créée l’association VARAN CARAΪBE regroupant des membres de Varan et des acteurs culturels guadeloupéens.

VARAN CARAΪBE organise des formations en partenariat avec les Ateliers Varan et place son action dans une perspective régionale et internationale, afin qu’émergent de nouveaux regards sur des réalités trop méconnues, et que s’étanche la soif d’images de soi de ces sociétés en pleine mutation.

Après un premier stage court en 2010 et un atelier de 4 semaines en 2011 qui a abouti à la mise en ligne du premier web documentaire guadeloupéen (De cases en Kaz), l’atelier 2012 a pris pour thème : « Tourments d’amour », clin d’oeil en référence à une pâtisserie qu’on dit d’origine Saintoise (des îles des Saintes), ces films composent un portrait vivant de la Guadeloupe d’aujourd’hui.

 

Les projections seront suivies d’un débat avec l’un des réalisateurs et Sylvaine Dampierre, coordinatrice de l’atelier Caraïbe.

 

La nuit bleue dont vient d’être victime la Guadeloupe confirme que la période de troubles et de violences, débutée en 1980, n’est pas terminée. Elle ne s’achèvera qu’en 1988. L’Alliance révolutionnaire caraïbe (ARC) a revendiqué les cinq bombes, comme elle l’avait déjà fait avec les seize attentats de la nuit du 27 au 28 mai 1983: à Paris, un bureau d’emploi pour les travailleurs des DOM avait été visé. En Martinique, quelques dégâts avaient été occasionnés dans une agence de la Compagnie Air France. En Guyane, un homme était mort au cours de l’explosion sur la place du Coq, à Cayenne. En Guadeloupe, le tombeau de Richepance, au cimetière de Basse-Terre, le conseil régional, la perception de Capesterre-Belle-Eau, les locaux de la compagnie de gendarmerie et le palais de justice de Basse-Terre, celui de Pointe-à-Pitre, la mairie de Bouillante et la gendarmerie d’Anse-Bertrand avaient été les cibles d’attentats à la bombe. La première revendication de l’ARC indiquait clairement la couleur:

Nous déclarons solennellement que désormais plus rien ne sera comme avant et que, jusqu’à l’indépendance totale de nos pays, nous n’aurons de cesse de harceler et de frapper notre ennemi commun: le colonialisme français et ses collaborateurs locaux, où qu’ils se trouvent. Le peuple de France, fidèle à ses idéaux et à ses traditions démocratiques, comprendra les raisons et la portée de notre lutte. il lui appartient d’imposer à ceux qui le dirigent de prendre en compte l’aspiration de nos peuples respectifs à la reconnaissance de nos droits nationaux. Pour notre part, nous sommes déterminés à aller jusqu’au sacrifice de nous-mêmes si c’est le prix de la liberté, et reprendre le cri de nos pères: la liberté ou la mort.

François- Xaiver Guillerm (In) dépendance créole Editions jasor 2007 p 15

(…) Un grand moment qui a d’ailleurs été un nouveau point de départ pour nombre de jeunes Guadeloupéens qui avaient vécu – ou pas – ces évènements mais qui, dès lors, ont éprouvé un profond ressentiment à l’encontre du pouvoir français et de ses symboles. Le massacre de mai 1967 (87 morts, selon le ministre des Colonies Lemoine) s’inscrivait dans une continuité historique tragique et succédait à celui de mai 1802, à Baimbridge, qui vit périr Ignace et cinq cents des siens harcelés par les soldats français. Matouba, sans être un massacre, a été un haut lieu de sacrifice où les Guadeloupéens sont morts par centaines, également en 1802,  sur l’autel de la liberté.

Nous disions que la période dite « de violence », qui va de 1980 à 1990, semble occultée par nombre de Guadeloupéens, et cela est vrai comme est vrai le fait que, pendant des décennies, ils ont totalement occulté leur passé d’esclave qu’ils redécouvrent aujourd’hui avec une certaine fierté.

Nous ne savons pas pourquoi ces Guadeloupéens éprouvent une gêne à parler en public des évènements qui ont marqué les « années de violence alors que tous s’accordent à dire qu’elles s’inscrivent dans notre histoire collective.

Préface de Luc Reinette

 

(…) La France n’est pas seulement aimée des Antillais, elle n’est pas « l’autre aimée ». Elle est la mère, la mère patrie! Nulle sensiblerie, nulle naïveté dans cette affirmation, mais l’expression d’une réalité vécue, sentie, expérimentée par l’immense majorité de nos compatriotes. Les avatars de l’histoire du XXe siècle ont fait cependant surgir, chez certains d’entre nous, une contestation de cette réalité que je viens de rappeler. Les deux Guerres mondiales, qui ont affaibli l’Europe et durement affecté le socle spirituel de notre civilisation, le développement de cette espèce d « Islam politique » pour employer l’expression de notre compatriote Jules Monnerot, que fut le communisme, avec Moscou comme équivalent de La Mecque, ont créé le désordre dans certains esprits fragiles accessibles aux propagandes sommaires. Ainsi c’est créé un courant politique séparatiste antillais se réclamant de l’histoire, mais à rebours de toute notre histoire. Bénéficiant de ceux qui, en Europe, travaillaient pour la Révolution et non pour le bonheur des hommes, ce courant, qui connut son apogée dans les années 1970-1980, a perturbé la vie de nos îles, brouillé les rapports humains, suscité des antagonismes qui n’avaient pas lieu d’être. En cette régression, il perdure encore aujourd’hui, sous certaines formes, notamment un pseudo-syndicalisme de combat.

François-Xavier Guillerm s’est attaché à décrire l’action de ces enfants perdus de la Guadeloupe.  (…)

Décrivant l’idéologie séparatiste, il a montré qu’elle reposait, notamment, sur une conception d’une idée de l’identité antillaise, jugée incompatible avec l’appartenance à la Nation française. Intégrisme identitaire, à mes yeux, qui débouche sur l’exclusion de tout ce qui n’est pas « natif-natal », sur le racisme et la xénophobie. Il évoque, à l afin de son livre, la campagne raciste, notamment par voie d’affiches, qui fut menée en 1999-2000 par un gropuscules séparatistes: « Woué (sic) blan ka débaké » , « Fransé déwo! », etc.

C’est la même dérive criminelle qui se développe en Corse, chez des gens de même structure mentale, rabougrie et complexée, et qui aboutit à ces inscriptions murales en langue régionale corse: « Arabi fora » ou à la tentative d’assassinat de l’imam de Sartène.

Nous avons connu cela en Guadeloupe. Dieu veuille que tout cela relève définitivement du passé.

Préface d’Edouard Boulogne

 

Des bombes ont sauté en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Paris, dans les années 80. Il y a eu des morts, des blessés, des otages, des interpellations… Dans l’ombre, des négociations ont été menées… Pourtant, cette histoire politique et sociale récente n’a jamais été racontée. Une chape de plomb recouvre encore les mémoires sur cette période trouble.

4ème de couv de l’essai de François-Xavier Guillerm (In) dépendance créole aux éditions Jasor 2007.

 

 

 

On ne se lasse pas des bonnes choses!

WEB DOCUMENTAIRES VARAN CARAIBE

Nous ne sommes pas peu fiers de figurer  –  en très bonne compagnie –  dans la sélection web doc d’Images en bibliothèques au titre de web documentaire de création. L’occasion de faire connaître plus largement le premier web documentaire guadeloupéen …

• (Re)Voir « De cases en kaz » :

http://decasesenkaz.varancaraibe.com/#/accueil

Film collectif

 » Réalisé par les stagiaires Guadeloupéens d’une formation des Ateliers Varan, ce webdocumentaire est volontairement d’une grande simplicité formelle.

Pendant quatre semaines, neuf stagiaires se sont impliqués dans ce projet commun, avec pour objectif d’y trouver chacun sa propre expression.

Au bout du compte, ils ont conçu ensemble cette exploration sensible et diverse de la Guadeloupe.

« Il nous semble« , disent Sylvaine Dampierre et Ana Maria de Jesus, « que le champ du web documentaire, largement investi par les journalistes et les photographes, représente pour les cinéastes, à la faveur de la démocratisation que représente ce nouveau moyen de…

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Le blog documentaire

Deuxième partie du compte-rendu du séminaire organisé par Marie-José Mondzain dans le cadre des États généraux du film documentaire de Lussas, les 24 et 25 août 2012. La philosophe y proposait une réflexion sur la construction d’un regard politique au travers de 4 films issus de la sélection « Expériences du regard ». Article signé Alice Branche pour LeBlogdocumentaire.

Si vous avez manqué la première partie de ce séminaire, elle est ici !

  A propos de « Autrement, la Molussie »

Dans Autrement, la Molussie, Nicolas Rey filme les paysages de la France de Nicolas Sarkozy. Une voix, celle de Peter Hoffman, lit des fragments de « La Catacombe de Molussie », roman allemand écrit entre 1932 et 1936 par Günther Anders, Günther « Autrement ». Des prisonniers d’une geôle d’un état fasciste imaginaire, la Molussie, se transmettent des histoires à propos du dehors, comme autant de fables à portée philosophique. Le…

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En 1965-1966, le GONG c’est un peu tout cela: c’est un mythe, une rumeur, un état d’esprit; mais c’est aussi la réalité d’une organisation de quelques dizaines de militants seulement, fermement décidés à impulser le combat national et à se sacrifier pour que la Guadeloupe devienne « libre, souveraine et heureuse…(Charte du GONG  juin 1963).

Quatre années seulement s’étaient écoulées depuis le jour où, le 23 juin 1963, au 6 bis de la rue Rougemont, à Paris, dans une salle prêtée par la FEANF ( Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France), s’était tenue cette réunion qui avait vu la fondation officielle du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG). Ce jour-là, la soixantaine de militants anti-colonialistes, anciens militants de l’AGEG (Association Générale des Etudiants Guadeloupéens) ou encore membres de cette organisation la plupart, travailleurs émigrés et soldats fraîchement démobilisés d’Algérie pour d’autres, adoptait définitivement la charte de l’organisation.

« Mé 67 » seconde édition  Raymond Gama Jean-Pierre Sainton (1ère édition 1985)

Edition Lespwisavann Mai 2011 p26

Le documentaire et la politique: une question qui nous concerne aux Antilles?

Le blog documentaire

Suite du partenariat établi entre Le Blog documentaireet les États généraux du film documentaire de Lussas, avec ce compte-rendu du séminaire organisé les 24 et 25 août 2012 par Marie-José Mondzain. La philosophe y proposait une réflexion sur la construction d’un regard politique au travers de 4 films issus de la sélection « Expériences du regard ». Article signé Alice Branche.

 Propos généraux

Avant de proposer un séminaire autour du thème « Construire un regard politique ? », Marie-José Mondzain a regardé tous les films de la sélection « Expériences du regard », pour la plupart d’entre eux deux fois. Elle a ensuite retenu quatre films qui l’avaient particulièrement touchée en tant que spectatrice : Jaurès, de Vincent Dieutre, Héros sans visage, de Mary Jimenez, Autrement la Molussie, de Nicolas Rey et Yamo, de Rami Nihawi. Elle nous a proposé de (re)voir ensemble ces quatre films…

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Quand une maman est abonnée au panier bio les enfants aussi le sont, sauf qu’ils ne l’ont pas choisi. Le goût des recettes d’une apprentie cuisinière bio ne rivalise pas (pas encore) avec le goût de la pub mac do et de la cantine qui nourrit probablement plus souvent que moi mes petits trésors (quelle honte!). Donc, je suis bien heureuse d’avoir trouvé ce blog au titre très amusant « je suis une quiche en cuisine mais je me soigne ». Je m’avoue quiche moi aussi et si vous pensez l’être vous aussi allez faire un tour sur ce blog. Photos à l’appui mon prochain défi : les nuggets plus vrai que vrai

Petit extrait

« Je ne sais pas si le titre de cette recette veut dire grand-chose, mais je vous propose aujourd’hui une recette de nuggets végétariens confondants de « réalisme » tant ils ressemblent aux « vrais » nuggets de poulet.
En plus, elle est très facile et rapide !
Bon, ça fait un sacré moment que je n’ai pas mangé de nuggets de poulet – et je crois que je fais bien (quand on lit ce qu’il se dit à propos de certains nuggetscommercialisés…), mais je suis sûre que si vous testez cette recette (et je l’espère bien :-p), vous comprendrez ce que je veux dire ^^
Pour cette nouvelle recette, je n’ai pas utilisé de tofu comme précédemment, mais une autre source de protéines issue du soja : les protéines de soja texturées.
Ne partez pas en courant !! Il s’agit tout simplement de petites boules sèches de farine de soja déshuilée, très riches en protéines (deux fois plus que le bœuf, par comparaison, mais sans le cholestérol ^^), et qui ont une texture assez proche de la viande.
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