La vie est ailleurs

Tout a commencé par un malentendu:

« Et si les Indes ne sont pas de ce côté où tu te couches, que m’importe!

Inde je te dirai. Inde de l’ouest: afin que je regagne mon rêve » (E Glissant « Poèmes » Seuil 1965 p128)

(…)

Mirage entretenu (comme on le dit d’une femme). L’industrie du tourisme y puise les arguments de sa publicité. Soleil, cocotiers, petits punchs et « doudous » à volonté. Le grand hôtel, pour un moment hors du temps, donne quelque consistance aux déréalités du fantasme. Aux yeux du monde (et d’elles-mêmes) les Antilles françaises restent ce lieu délicieux où l’homme renoue pour « une semaine tout compris » avec une chaleur gravide qu’il craignait à jamais perdue. Ce « peu de réalité » qui informe la réalité antillaise n’épargne aucun des domaines de l’activité sociale. L’économie y demeure marquée par l’espace des plantations et les contraintes de la monoculture (canne à sucre ou banane): produire ce que l’on ne consomme pas et consommer ce que l’on ne produit pas. La vie est ailleurs.

Caraïbales

Jacques André

Etudes sur la littérature antillaise p8

Editions caribéennes 1981

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :