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Archives du 9 novembre 2011

La législation établie pour la protection des esclaves resta sur le papier: en fait un homme pouvait faire ce que bon lui semblait de son bien. «  Toutes les lois en faveur des nègres, aussi justes et humaines puissent-elles êtres, constitueront toujours une violation des droits de propriété si elles ne sont pas interprétées par les colons… Toutes les lois sur la propriété ne sont justes que si elles sont acceptées par ceux qui y sont intéressés en tant que propriétaires. » Telle était encore l’opinion des blancs au début de la Révolution française. Ce n’étaient pas seulement des planteurs, mais aussi des personnalités officielles qui admettaient qu’on ne pouvait appliquer les pénalités prévues pour mauvais traitement envers les esclaves. Les esclaves devaient comprendre qu’ils avaient des droits dont la jouissance serait fatale à la paix et au bien-être de la colonie. C’est pourquoi le colon n’hésitait jamais devant une mutilation, la torture ou le meurtre d’un esclave qui lui avait coûté des milliers de francs. « La Côte d’Ivoire est une bonne mère », disait un proverbe colonial. On pouvait toujours acheter d’autres esclaves, et les profits restaient élevés.

Les Jacobins Noirs
Toussaint Louverture et la Révolution de Saint Domingue. PIR James
Gallimard 10èmé édition 1949 p19

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