Le sucre? Le rhum? La canne ça pousse.

 La fourrure, il faut la chasser, il faut tuer, dépecer, il faut la porter et sans doute se battre contre des indigènes pour les droits. Le tabac, il faut le faire pousser, le récolter, le faire sécher, l’empaqueter, le transporter, mais il faut surtout du temps et un sol toujours frais. Le sucre? Le rhum? La canne, ça pousse. Tu ne peux pas l’arrêter, le sol ne s’épuise jamais. Tu n’as qu’à la couper, la faire cuire, et l’envoyer par bateau. Downes frappa dans ses mains.

« Aussi simple que cela?

– Plus ou moins. Mais la question n’est même paslà. Pas de perte d’investissement. Aucune. Jamais. Pas de récolte perdue. Pas de disparition de castors ou de renards. Pas de guerre qui s’en mêle. Des récoltes abondantes, éternellement. Même chose pour les esclaves. Les acheteurs, toujours plus demandeurs. Le produit, paradisiaque. En un mois, le temps d’un voyage de la fabrique à Boston, un homme peut transformer ses cinquantes livres en cinq fois plus. Penses-y. Chaque mois, cinq fois l’investissement. Certain.

Toni Morrison Un don

Christian Bourgeois éditeur 2008

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