Mélancolie noire

L’autre nègre qui me servait s’aperçut un jour que ce petit garçon mangeait de la terre; il m’en avertit, je fis tout ce que je pus pour l’en empêcher, mais ce fut en vain; il continua d’en manger, devint hydropique sans qu’on y pût remédier, parce qu’on ne pouvait pas en ôter la cause, qui était une mélancolie noire qui le portait à cet excès.
Les nègres de la côte de la Mine (côte méridionale d’Afrique), y sont fort sujets; ils se désespèrent, se pendent, se coupent la gorge sans façon pour des sujets fort médiocres, le plus souvent pour faire de la peine à leurs maîtres, étant prévenus qu’après leur mort ils retournent dans leur pays, et ils sont tellement frappés de cette folle imagination qu’il est impossible de la leur ôter de la tête.

Voyage aux Iles chronique aventureuse des Caraïbes 1693-1705 J.B Labat Phébus libretto p 106

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