Engagés

« Européens pauvres, attirés aux îles par l’espoir d’y faire fortune. Ils étaient contraints de travailler pendant trois années consécutives sur les plantations des colons qui avaient payé leurs frais de passage. A l’expiration de l’engagement, ils recevaient, pour la plupart, des concessions gratuites de terrain. » (…) Le sort des engagés était aussi affreux que celui des nègres; on les battaient comme les nègres, on excédaient leurs forces comme celles des nègres, et le grand nombre d’entre eux périrent, moururent victimes des mauvais traitemens qu’on leur imposait, et non des fureurs du climat-Au moment où le père Labat arrive à son couvent, il rencontre un engagé nommé Massonier qui était venu aux îles sur le même navire que lui. Guillaume Massonniet était fort épouvanté, il avait appris que la condition des engagés, dans les îles, était un esclavage fort rude et fort pénible, qui ne différait de celui des nègres que parce qu’il ne dure que 3 ans. Le père Labat n’eut pas dit de quelle façon étaient traités les engagés que les vielles ordonnances nous attesteraient qu’à cette époque on ne faisait guères de différence entre eux et les esclaves. Nous trouvons dans un règlement du conseil de la Martinique, du 2 mai 1666, qu’il leur est défendu de faire les mutins et les insolents, et qu’il est permis aux habitants de les châtier comme gens à leurs gages; avec défense à ces gens de s’en plaindre et de discontinuer pour cela leur ouvrage. Les Anglais n’en usaient pas mieux avec leurs engagés. Labat, qui les vit lors de son voyage à la Barbade (1700), en parle de la sorte: leurs engagés sont en grand nombre, mais il n’y faudrait pas beaucoup compter dans une occasion, parce que la plus grande partie sont de pauvres Irlandais enlevés par la force ou par surprise, qui gémissent dans une dure servitude de sept ou de cinq ans au moins, qu’on leur fait recommencer quand elle est finie, sous des prétextes dont les maîtres ont toujours une provision toute prête. Sources: « Abolition immédiate de l’esclavage »

Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique. p: xxxi et xxxiij

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