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Archives du 9 mai 2007

Châtiments d’un soldat de recrue. Il avait légèrement blessé son camarade au bras d’un coup de couteau. Fait rapporté par le père Labat dans « Voyages aux îsles ».
« On avait attaché pour cet effet une corde du gaillard d’avant au gaillard d’arrière, on dépouilla le soldat de son justaucorps, et on le lia par le travers du corps avec une corde qui était passé dans un anneau de fer qui coulait le long de la corde tendue; tout l’équipage était des deux côtés de cette corde avec des garcettes à la main: ce sont de petites cordes plates tressées, dont on se sert pour ferler les voiles; il devait courir sept fois de l’avant à l’arrière du vaisseau, et pendant sa course, tous ceux qui étaient armés de garcettes les lui appuyaient sur le corps. Nous demandâmes grâce après trois courses, notre capitaine nous l’accorda. Je ne crois pas qu’il eut envie de jurer le reste de la traversée, car ceux qui lui firent faire pénitence s’en acquittèrent de leur mieux ».
 
Sources: « Voyages aux Isles chronique aventureuse des Caraïbes 1693-1705 » Phébus Libretto. Edition établie et présentée par Michel Le Bris Edition Phébus, Paris 1993, p 32

Quand on parle de « libre », aux colonies, il est toujours sous entendu qu’il est nègre ou sang mêlé, le blanc ne pouvant jamais être esclave.

p. 6 « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

Il tient à peu près  la place de nos contremaîtres. C’est lui qui dirige l’atelier. Il est toujours choisi parmi les esclaves.

p. 2 « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

On désigne collectivement, sous le nom d’atelier, l’ensemble des esclaves d’une habitation.

p. 2 « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

« L’esclave a droit pour sa nourriture à deux livres de morue et deux mesures de farine de manioc par semaine. (…). Sur plusieurs habitations, la libéralité du maître y joint sans y être tenu au nom de la loi, une portion de sel ou de riz. La nourriture des nègres est composée ainsi depuis le premier jusqu’au dernier jour. Cette uniformité était une des conséquences inévitables de l’esclavage. Tous les estomacs doivent s’y prêter, varier serait impossible. Mais ici encore l’habitude est venue en aide à la nécessité, les noirs et aussi les maîtres, aiment aujourd’hui les salaisons, et toute table créole a son plat de morue à déjeuner. »

Sources:  « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842, Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique (1976), p.8

Le canari est notre chaudron; c’est la pièce capitale d’un ménage d’esclaves; il n’est jamais soutenu que par trois pierres ramassées au hasard.

p. 2 « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

Victor Schoelcher rappelle que ce sont les européens qui ont fondé les colonies, D’Enambuc, Lolive et le chevalier Duplessis en 1635. Habitans, Engagés défrichèrent et mirent en culture la canne introduite à la Guadeloupe vers 1644.

 »Ce ne fut qu’en 1738 que le nombre des esclaves s’étant accru d’une manière suffisante, on mit un terme à ces expéditions que le roman de Manon Lescaut a rendu célèbres. Mais si les Européens étaient propres à la culture des colonies, pourquoi songea-t-on à y employer des nègres? C’est que la soif de l’or est insatiable, barbare, impitoyable, et qu’après avoir épuisé la race rouge dans des travaux excessifs, on voulut avoir d’autres instrumens dont les maîtres pussent disposer sans que personne s’intéressât à eux, sans que l’Europe, en se voyant dévorer ses propres enfants, demandât compte de ce qui se passait aux îles. »

Sources: « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher. Reproduction de l’édition de 1842. Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique (1976) p xxxij et xxxiij

Un massif de maçonnerie exactement fermé de tous les côtés et ayant trois pieds dix pouces de hauteur et six pieds de longueur. Au bout de quelque temps, l’ardeur du soleil occasionne des fissures par lesquelles l’eau du ciel s’infiltre dans l’intérieur. Le sol n’est ni planchéié, ni carrelé, l’eau qui découle d’en haut le réduit en boue. Quand on retire le cadavre de Sébastien, il offre aux yeux un hideux spectacle.  La face est mangée par les insectes, les membres sont desséchés, les os n’ont plus de chairs, le pus sort des yeux, la peau pend et tombe sous les mains de ceux qui s’occupent de l’inhumation.
 
Louis Joseph Vallentin, âgé de 43 ans, né et demeurant à Marie-Galante, est accusé d’avoir, dans le courant de l’année 1838 avec préméditation volontairement donné la mort à l’esclave Sébastien. Ce crime est prévu et puni par l’article 3, titre 6 de l’ordonnance royale du 25 décembre 1783, et les articles 295, 296 et 302 du code pénal. Vallentin est acquitté après un procès où vont témoigner, Louis le commandeur, Réville le fils de la victime, ainsi que sa veuve, Adeline, les nègres de l’atelier, dont Jacob le vieil esclave qui faisait office de vétérinaire, et avait diagnostiqué la mort des bestiaux par le poison. Vallentin est soutenu par les habitants qui iront même jusqu’à lui reprocher l’extrême douceur de sa conduite envers ses « nègres ».
 
Presque tous les revenus de l’habitation sont pour l’entretien de ses NEGRES
Il traite parfaitement ses NEGRES
Il gâte ses NEGRES.
Il agit avec trop de mollesse envers ses NEGRES.
VALLENTIN EST TROP BON POUR SES NEGRES !

Sébastien reconnu comme le meilleur élément de l’atelier (il avait le plus beau jardin. C’était le meilleur travailleur de tout l’atelier. Il travaillait autant pour lui que s’il avait travaillé pour un blanc) avait été accusé par Félicien, esclave, réputé voleur, aux mauvais antécédents, qui lui-même séquestré au cachot n’a semble –t-il pas eu d’autre choix que d’accusé Sébastien pour avoir la vie sauve.
 
L’auteur des empoisonnements dont vous vous plaignez c’est Sébastien. Sébastien est sorcier. Sa famille reste à l’habitation de la Grande Anse, où il y a des sorciers. Elle connaît les poisons et travaille pour Sébastien. Sa sœur Madeleine qu’il voit souvent pourrait bien lui procurer du poison.
 
Vallentin est convaincu de la culpabilité de Sébastien, sa famille étant connue pour pratiquer la sorcellerie. Il se persuade que sa sœur Madeleine esclave de l’Habitation Grande Anse lui fourni le poison.
 
Monsieur Vallentin n’avait contre Sébastien que la déclaration de Félicien, et l’idée qu’il avait été l’ami de l’esclave Pierre, qui avait été condamné par la Cour d’Assises en 1829, aux travaux forcés à perpétuité pour crime d’empoisonnement de bestiaux. Pendant tout le temps que Sébastien fut au cachot les pertes cessèrent.  Avant par une fatalité singulière, un bœuf tombait malade le samedi et mourrait le lundi. 
 
Pour sa défense Vallentin déclare :
 
Il faut se mettre à ma place. Quand on se voit ruiné, on est forcé, sans être cruel, d’être quelque fois injuste. Un maître est forcé d’exercer une surveillance active, il doit mettre de la sévérité dans la discipline de son atelier. Il ne doit pas se reposer sur ses nègres, ils sont trop indolents, ils ne se donneront pas la peine de chercher les malfaiteurs, ils se garderont bien de les dénoncer.
 
Sébastien pendant les trois mois de sa séquestration aura clamé son innocence :
 
Celui qui m’accuse a menti. Monsieur tirez moi un coup de fusil plutôt que de me faire mourir au cachot.
 
Sa veuve,
 
Il n’a pas eu de cercueil. Après l’avoir lavé, Jacob et moi lui mettons une chemise, une culotte et un mouchoir. Dès qu’il est enterré, je mets une croix sur la fosse.
 
Sources : La Gazette officielle de la Guadeloupe du 10 et 28 février, du 5, 10, et 13 mars 1842

Jus de la canne qui n’a encore subi que deux cuissons, il lui en faut quatre pour devenir sucre; le vezou est une liqueur excellente au goût et très nourrissante.

p. 13 « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

Fabrication du sucre.
 Sources: « Abolition immédiate de l’esclavage » Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

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