Le Petit Lexique Colonial

L'esclavage et la colonisation en lecture

Articles Tagués ‘esclaves

Le poison!

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Le poison! C’est-à-dire l’empoisonnement organisé des bestiaux par les esclaves. Aux îles, on dit: le poison, comme nous disons: la peste, le choléra; c’est une maladie de pays à esclaves; il est dans l’air, la servitude en a changé l’atmosphère des colonies, de même que les miasmes pestilentiels la chargent de fièvre jaune. Le poison est une arme terrible et impitoyable aux mais des noirs, arme de lâches, sans doute, à laquelle l’esclavage les condamne.

Lucien Peytraud (1858- 1?)

L’esclavage aux Antilles françaises avant 1789 d’après des documents inédits des archives coloniales p317

Rédigé par Gilda Gonfier

3 novembre 2012 à 12 h 55 mi

Le juge de paix aux colonies antillaises

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Le juge de paix est un magistrat dont l’origine remonte à la constituante (1790); son ressort territorial est le canton. Il s’agit d’un magistrat élu proche des justiciables et dont le rôle est d’arbitrer les litiges mineurs. Sa proximité le rend sans doute plus à même d’exercer une surveillance efficace mais son pouvoir, assez restreint, et son élection, qui le rend plus vulnérable face à l’élite économique que sont les propriétaires d’esclaves, constituent autant de limites à sa capacité d’action.

sources: L’esclavage en Guadeloupe, d’une abolition à l’autre (1794-1848) dossier pédagogique des Archives Départementales de la Guadeloupe

Rédigé par Gilda Gonfier

31 décembre 2011 à 9 h 07 mi

Publié dans Chroniques judiciaires

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Des nègres et des juges

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Mais ces esclaves sont venus voir un juge, ça aussi c’est banal ?
Non, à cette époque cette démarche n’est pas banale. Elle deviendra de plus en plus fréquente jusqu’en 1848, mais il s’agira le plus souvent de plaintes individuelles et non collectives comme celle portée par les esclaves de l’habitation Spoutourne. Le fait que cette démarche ait lieu en février 1831 à la veille de la révolte de Saint-Pierre montre au reste que les esclaves ont su utiliser diverses formes de lutte.

Extrait d’un entretien donné par Caroline Oudin Bastide sur ARTE à propos de son livre "Des nègres et des juges ou la scandaleuse affaire Spoutourne" 1831 – 1834  Edition Complexe 2008

L’intégralité de l’article ici


Rédigé par Gilda Gonfier

31 décembre 2011 à 7 h 35 mi

Publié dans Chroniques judiciaires

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Roulaisons

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On appelle "roulaisons" l’époque des récoltes, comme nous appelons  les nôtres moisons ou vendanges. Ce sont de rudes moments pour les  esclaves : sur pied la nuit et le jour, ils n’ont pas un moment de  repos. Dans les sucreries, les tourbillons de fumée s’échappent de  cinq chaudières en ébullition, remplissent une vaste pièce sans  fenêtres, et les nègres apparaissent à peine à la pâle clarté que  projettent des gommes, se tiennent debout devant les chaudières, plus  près du foyer, occupés incessamment à faire passer, avec d’énormes  cuillers, le vesou d’une chaudière dans une autre.

Près de là, le cri aigu et monotone du moulin, dont de gros cylindres  en fer servent à broyer les cannes, rappelle aux négresses qui le  fournissent que, si le sommeil les surprend, une seconde suffit pour  leur faire perdre un bras et même la vie. Hélas! ces funestes  exemples ne se répètent que trop dans ces travaux meurtriers qui  alimentent notre luxe européen. On se plaint de la cherté du sucre  des colonies :  que serait-ce s’il fallait payer le prix du sang  qu’il fait répandre?

Ce temps de roulaisons donne à la sévérité des maîtres un nouveau  degré d’extension. Ils sont continuellement sur pied, et marquent leurs rondes nocturnes par des châtiments multipliés. (…)Je me  rappelle avec horreur une de mes premières nuits des colonies : je  fus réveillé à trois reprises différentes par les gémissements des  esclaves qu’on lacérait à coups redoublés. J’appris le lendemain que  le maître s’était mis en fureur contre son atelier, parce qu’une dent  du moulin s’étant cassée, les nègres n’avaient pas pu faire autant de  sucre qu’à l’ordinaire.

De l’esclavage aux colonies françaises et spécialement à la  Guadeloupe par M Xavier Tanc. Paris 1832. réédité dans Les  kalmankious" éditions Caret, page 20.

 

Contribution de Sylvaine

Rédigé par Gilda Gonfier

16 décembre 2011 à 3 h 19 mi

Publié dans Vocabulaire

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Le sucre? Le rhum? La canne ça pousse.

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 La fourrure, il faut la chasser, il faut tuer, dépecer, il faut la porter et sans doute se battre contre des indigènes pour les droits. Le tabac, il faut le faire pousser, le récolter, le faire sécher, l’empaqueter, le transporter, mais il faut surtout du temps et un sol toujours frais. Le sucre? Le rhum? La canne, ça pousse. Tu ne peux pas l’arrêter, le sol ne s’épuise jamais. Tu n’as qu’à la couper, la faire cuire, et l’envoyer par bateau. Downes frappa dans ses mains.

"Aussi simple que cela?

- Plus ou moins. Mais la question n’est même paslà. Pas de perte d’investissement. Aucune. Jamais. Pas de récolte perdue. Pas de disparition de castors ou de renards. Pas de guerre qui s’en mêle. Des récoltes abondantes, éternellement. Même chose pour les esclaves. Les acheteurs, toujours plus demandeurs. Le produit, paradisiaque. En un mois, le temps d’un voyage de la fabrique à Boston, un homme peut transformer ses cinquantes livres en cinq fois plus. Penses-y. Chaque mois, cinq fois l’investissement. Certain.

Toni Morrison Un don

Christian Bourgeois éditeur 2008

Rédigé par Gilda Gonfier

25 septembre 2009 à 3 h 16 mi

Publié dans Non classé

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Receleurs

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Quiconque cache un esclave est appelé par les décrets du nom de receleurs.

"La pénalité pour le recel des esclaves est la même que pour le vol, elle prononce de plus une indemnité en faveur du maître, de 15 francs par jour pour tout le temps qu’il est demeuré privé de sa chose. J’ai vu, dit un un vieux magistrat, qui nous est connu, un père et un frère ainsi condamnés pour avoir caché, l’un, son fils, l’autre, son frère. Les deux receleurs qui avaient acquis quelques biens furent entièrement ruinés.
Dans la loi coloniale du 10 juin 1802, il est dit: S.M a ordonné et ordonne que les nègres libres qui cachent dans leur maison des esclaves fugitif, recèlent ce qu’il volent, ou sont complice de leurs méfaits, seront privés de leur liberté et vendu conjointement avec leur famille! Lorsqu’on n’étudie pas ses actes, on ne peut imaginer tout ce qu’il y avait de barbarie et d’iniquité dans le coeur du grand Napoléon".

Sources: "Abolition immédiate de l’esclavage" Victor Schoelcher. Reproduction de l’édition de 1842. Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique (1976) p103

Rédigé par Gilda Gonfier

9 mai 2009 à 2 h 10 mi

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L’atelier

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On désigne collectivement, sous le nom d’atelier, l’ensemble des esclaves d’une habitation.

p. 2 "Abolition immédiate de l’esclavage" Victor Schoelcher reproduction de l’édition de 1842 (1976) Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique

Rédigé par Gilda Gonfier

9 mai 2007 à 21 h 17 mi

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Indemnité

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Obliger les nègres à se racheter eux-mêmes! Mais qu’auriez-vous à répondre si un esclave, montant à la tribune, furtivement, comme un esclave, et découvrant sa poitrine chargée des ignobles cicatrices du fouet, venait dire à la France parlementaire: Vous exiger que je vous donne 1000 francs pour ma liberté, et moi au nom de l’espèce humaine dont la majesté a été odieusement, lâchement violée dans ma personne, je demande 30 000 francs d’indemnité pour les trente ans que j’ai passés en servitude!
 
Sources : « Des colonies françaises Abolition immédiate de l’esclavage ». Victor Schoelcher Reproduction de l’édition de 1842. Société d’Histoire de la Guadeloupe, Société d’Histoire de la Martinique (1976). p : 312

Rédigé par Gilda Gonfier

9 mai 2007 à 5 h 31 mi

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