Le Petit Lexique Colonial

L'esclavage et la colonisation en lecture

Articles Tagués ‘esclavage

« Du Code Noir au Chlordécone

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-Pour votre information, la conférence en objet et ci-dessous.
Vous remerciant d’avance de la diffusion à vos contacts et de votre présence éventuelle,
 
 
Dans le cadre de son cycle de conférences, Regards sur l’histoire coloniale, la bibliothèque universitaire du campus de Camp-Jacob (Saint-Claude) vous propose dans ses locaux ce mercredi 5 juin, 18h :
 
« Du Code Noir au Chlordécone :
l’héritage colonial ou du monstre juridique au monstre chimique »
 
Intervenant : M. Jean-François NIORT, Maître de conférences en Histoire du Droit et des institutions (Faculté des Sciences juridiques et économiques de la Guadeloupe), Responsable du département Histoire du Centre d’analyse géopolitique et international (CAGI, CRPLC pôle Guadeloupe) et du Groupe de recherche en Histoire du Droit et des institutions de l’Outre-Mer (GREHDIOM).
Résumé :
Le propos sera de montrer – textes historiques à l’appui (notamment un mémoire du roi aux administrateurs de La Martinique de janvier 1765) – que du Code Noir au Chlordécone, prévaut aux Antilles françaises la même logique « coloniale », malgré l’apparente « décolonisation ».
Cette attitude, fondée sur la subordination économique de la colonie à sa métropole, en instaurant un modèle agricole fondé sur l’exportation commerciale et non la satisfaction des besoins locaux et le développement de l’économie locale, a dans les deux cas conduit à deux « monstres », l’un juridique, l’autre chimique, par le même processus de dérogation au droit commun national.

Rédigé par Gilda Gonfier

31 mai 2013 à 17 h 37 mi

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L’effroi et la terreur,Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles

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Communiqué de la Casa del Tango
 
Nous vous invitons à notre prochain café-débat qui se tiendra le  jeudi 30 mai 2013 à la Casa del  tango, 651 rue Alfred Lumière à Jarry à partir de 19 heures.
 
Thème:
 
Les accusations de poison et sorcellerie : un révélateur du système de croyances dans la société esclavagiste
 
Par Caroline Bastide
(Docteur en histoire) 
 
  
Le "crime d’empoisonnement" dans la société esclavagiste de la Guadeloupe et de la Martinique peut être appréhendé comme un fait social total, au sens de Mauss, c’est-à-dire un phénomène qui met en branle la totalité des institutions d’une société (économiques, juridiques, magico-religieuses). Dans cette intervention, nous concentrerons notre attention sur les croyances en la sorcellerie qui fondent la plupart des accusations de "crime d’empoisonnement" formulées contre les esclaves.  Les représentations autour des "poisons et maléfices" n’apparaissent pas ex nihilo. Elles se construisent dans la rencontre, marquée du sceau de la domination, entre les colons d’origine européenne et les esclaves originaires de diverses régions d’Afrique. Les uns et les autres sont détenteurs de systèmes de croyances ancestraux en la sorcellerie qui vont se modifier dans une confrontation violente pour produire de nouvelles représentations.

Caroline Oudin-Bastide:
Publications : Travail, capitalisme et société esclavagiste, La Découverte, 2005
Des nègres et des juges, la scandaleuse affaire Spoutourne, Editions Complexe, 2007
L’effroi et la terreur,Esclavage, poison et sorcellerie aux Antilles, La Découverte, 2013.

Rédigé par Gilda Gonfier

27 mai 2013 à 15 h 17 mi

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Django ketchup et marmelade

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Je ferai sans doute mieux de me taire pour au moins deux raisons. D’une je ne suis pas fan du cinéma de Quentin Tarantino et deux parce que choquée par la violence du film je suis sans doute aveuglée par ma sensiblerie. Autre mea culpa en préambule, j’ai qualifié ce film de raciste sous le coup de l’émotion juste après l’avoir vu, et je retire ce qualificatif qui est un peu court pour ne pas dire stupide quand il s’agit de donner son opinion et qui n’a en fait aucun sens quand il s’agit de juger une oeuvre de création. Ceci étant dit face aux commentaires dithyrambiques qui m’ont poussé à aller voir ce film que je ne voulais pas aller voir au départ n’étant pas fan du traitement de la violence dans les films de Tarantino (je me répète) j’ai tout de même envie d’exprimer mon opinion sur ce film (si je peux?)

Alors soit on le regarde avec les codes du genre (western gore) et là on aime ou on n’aime pas. Moi je n’aime pas. Fin de l’histoire.  Je ferme ma bouche. Soit on se dit voila une oeuvre qui traite de l’esclavage, le meilleur film sur l’esclavage ai-je lu, alors là voyons voir. Django est un esclave acheté par un allemand (qui est donc son maître par voie de conséquence) pour l’aider dans sa tâche de chasseur de prime. Il doit ramener mort ou vif les frères trucs et Django connait leur visage l’allemand non. Django est un esclave vendu par son précédent maître en punition de sa fuite avec  une esclave sa femme Brunehilde (nom donné par sa maîtresse allemande qui lui a aussi appris l’allemand). L’allemand est touché par son histoire. Brunehilde est une héroïne de l’épopée allemande La chanson des Nibelungen. Son sauveur Siegfried/Django. Jusque là tout va bien. Django se forme pendant tout l’hiver en étant payé pour tuer des blancs. Les premiers blancs qu’il tue sont des contremaîtres de son ancienne habitation qui travaillent maintenant sur la plantation de Big Daddy. Et là nous avons droit à une scène burlesque où les blancs façon ku klux klan ont du mal avec leur cagoules parce qu’ils n’ont pas les trous en face des yeux. L’allemand et lui vont sauver Brunehilde en l’achetant à Candy, un maître tirant son plaisir du combat de mandingues. Première scène pour moi limite insupportable que ce combat de mandingues. Combat d’homme à mains nues. L’un (serait ce Dartagnan?) crève les yeux de l’autre toujours à mains nues avant de l’achever à la demande de Candy (quel doux nom) à coup de marteau sur le crâne. Mais c’est loin d’être fini. Ensuite nous avons droit à une scène où un nègre (serait ce Dartagnan?) est déchiqueté par des chiens. Je tiens bon, entre conversations de salon longues à n’en plus finir et hémoglobine à tous les étages. Apparition de Samuel Lee Jackson en nègre commandeur offusqué de voir un nègre à cheval et qui houspille son maître Candy parce qu’il va falloir brûler la chambre où ce nègre (comme lui même) aura dormi. Très  belle performance d’acteur soit dit en passant (je suis fan de Samuel Lee Jackson). Il sera le grain de sable dans le plan de l’allemand et Django pour sauver Brunehilde. Candy informé par Samuel Lee Jackson des véritables intentions de ses invités se fâche, nous fait un exposé pour expliquer les raisons de la soumission des noirs (qui ne se révoltent pas) sur la base d’une science heureusement disparue la phrénologie (sciences des bosses du crâne). Il découpe à la scie un crâne qu’il dit être celui de l’esclave de son père qui jour après jour l’a rasé sans jamais attenter à sa vie. Django comme tous les noirs aurait ces 3 bosses. A ce discours pseudo scientifique (dont je me serais passé) l’allemand répond à Candy (qui auparavant était prêt à admettre que Django était un nègre exceptionnel) que Dumas avait du sang noir (un autre nègre exceptionnel?). L’allemand hanté (comme moi, ça m’a réveillée dans la nuit) par les images du nègre mangé par les chiens, quand Candy lui demande de lui serrer la main pour conclure la vente de Brunehilde le tue d’une balle en plein coeur à la surprise générale. Après ça a tiré de partout et je me suis levée et j’ai quittée la salle de cinéma. Ce que je fais rarement. Même quand le film ne me plais pas, j’essaye d’aller jusqu’au bout. Là je n’ai pas pu. Ce n’était même pas réfléchi mon corps s’est levé, mes jambes m’ont emmené. Et j’aimerais comprendre pourquoi.

Spike Lee a dit qu’il n’irait pas voir le film à cause de l’emploi du terme nigger. Ce n’est pas mon argument. D’ailleurs j’aurais aimé que le doublage français au lieu de nous tartiner avec des "boy" ait utilisé le mot negro. Je me demande pourquoi le doublage n’a pas retenu ce mot plutôt que "boy" qui n’est pas de mon point de vue l’équivalent de nigger parce qu’à mon sens un peu plus édulcoré. Etre le boy de quelqu’un ou s’entendre appeler negro pour moi ça sonne pas pareil.

Le film est interdit au moins de 12 ans. J’aurai préconisé (trop sensible la fille!) interdit au moins de 16 ans avec la mention certaines scènes peuvent choquer votre sensibilité.

J’ai trouvé inégal le traitement de la violence dans la scène du combat des mandingues ou de l’homme déchiré par les chiens et le sort qui est réservé "aux méchants". Big daddy fini explosé. Plan large. Candy meurt d’une jolie balle en plein coeur. Mort propre. Du sang dans une jolie fleur blanche et qui rappelle un autre jet de sang sur des fleurs de coton quand le dernier des frères truc est tué. Les autres méchants sont de telles caricatures qu’ont voit à peine leur humanité et ils sont eux troués de balles à grands jet d’hémoglobine ketchup.  Sans doute que le but de Tarantino était de montrer l’inhumanité des esclavagistes mais moi je trouve que les esclavagistes étaient bien des humains.  Voila le tragique. L’esclavage a duré des siècles et n’a pas été le fait de seuls psychopathes ou demeurés et que la dénonciation elle doit toucher la structure sociale en tant que telle et pas seulement les individus (si cela ne concerne que les individus en quoi les Etats colonisateurs seraient responsables de quoique ce soit). Surtout que le seul exemple dans le film de structure ou institution sociale est le droit, toujours scrupuleusement respecté. L’allemand a le droit en tant que chasseur de prime de ramener mort ou vif un condamné par la justice. C’est la loi, c’est le droit. Sauve la sacro sainte loi de propriété à laquelle le film se garde bien de toucher quand dans le même temps il n’hésite pas à souligner le trait sur l’horreur de l’esclavage. Horreur que le film est censé décrire de façon juste me dit on. Serait je dans le déni en refusant de voir l’horreur? A moi de le supporter. L’esclavage c’est ça, c’était ça me disent les fan du film. Je répond que ce n’est pas l’esclavage mais la représentation de Tarantino de l’esclavage. Et un créateur peut montrer la violence des rapports humains sans forcément choisir de montrer des scènes explicites. C’est la même chose pour moi que de vouloir par exemple dénoncer le viol en montrant le viol (mon angoisse qu’après l’holocauste juif, noir serait que Tarantino s’attaque à la violence faite aux femmes). J’ai aussi pensé au film de Melvin Van Peebles sur l’image du noir au cinéma (classified X). Le corps noir violenté, malmené, déchiqueté (cet homme mangé par les chiens). L’allemand se débrouille pour en revenir au droit de propriété, même après avoir tué (en légitime défense) un des négriers qui possédaient Django pour rédiger en pleine nuit dans la neige appuyé sur un cheval mort, un acte de vente. Quand Django veut aller purement et simplement sauver sa belle, il lui dit non (très longuement), "si je veux acheter un cheval que le fermier ne veut pas etc…" Bref le plan doit être d’acheter en toute légalité Brunehilde. Bon. Alors le meilleur film sur l’esclavage ai-je lu? Oui sans doute. Pas un mot sur les abolitionnistes, ni un mot sur les formes de résistances des noirs. 2 ans avant la guerre de sécession une mention qui sert à quoi dans le film puisse qu’à aucun moment on n’explique l’arrière plan historique autrement que part "ils n’ont jamais vu de nègre à cheval". Bon mais on est dans le genre western gore je crois que je dois fermer ma bouche. Nous avons un Django hero improbable et derrière de pauvres âmes qui le regardent faire le lonesome cow boy avec un arrière fond musical de soul. Bravo Tarantino! Je reconnais qu’il a le génie de mélanger les codes, les genres, les musiques et que son échafaudage tient debout quand même. Mais en quoi il apporte quelque chose à la question de l’esclavage. Pour moi ce film comme inglorious bastard avec les méchants nazi (un pléonasme oups) est un prétexte pour s’amuser avec les codes, les genres et faire une marmelade qui servie avec le voile des bons sentiments de dire qui sont les bons et qui sont les méchants ne fait pas autre choses qu’alimenter la facilité à regarder des horreurs (je n’ai vu que ça désolée mais on ne peut pas m’en vouloir Tarantino a quand même mis le paquet question horreur!) avec jubilation et bonne conscience. Si Django est le meilleur film sur l’esclavage et qu’il doit être montré en tant que tel franchement je ne sais pas ce qu’on peut en retenir. "Massacrez les tous!" à la fin une bonne morale dans le monde capitaliste né en 1492. Massacrez tout les juifs, massacrez tous les noirs, massacrez tous les esclavagistes… Massacrez!  J’attends encore le film qui va explorer le paradoxe américain d’une société qui dans le même temps qu’elle écrit la déclaration d’indépendance ne lâche pas l’esclavage sans parler de la ségrégation. Tarantino n’avait pas cette ambition. Ce n’était pas son propos. Est ce la fonction du cinéma que d’interroger? Il s’agit d’une oeuvre d’entertainment (la matière c’est la violence et on joue avec mais pour dire quoi à la fin?) soit, mais qu’on ne vienne pas me dire que voila le film pour nous enfin les descendants d’esclaves. Personnellement je ne m’y retrouve pas. Pas du tout.

Gilda Gonfier

Bande annonce de Django

PS: article vous l’aurez compris est écrit encore avec beaucoup de passion. Il se peut que je le révise (beaucoup de fautes d’orthographe par exemple). Et puis aussi l’idée n’est pas d’avoir tort ou raison et encore moins des idées arrêtées ou des jugements définitifs, mais de partager les points de vues. Alors s’il vous plais ne soyez pas trop sévère avec moi. Le nombre des fans de Tarantino est énorme. Je ne fais pas le poids mais cela ne m’empêche pas de m’exprimer n’est ce pas? Vive tous les cinémas!

Pour alimenter la réflexion le lien vers le commentaire d’un prof d’histoire aux Etats Unis : Tarantino Bloodies the truth: a history teacher’s lament.

Bravo a Samuel Lee Jackson pour sa performance d’acteur et c’est lui qui en parle le mieux.

Et pour finir je pense que ce film doit tout de même avoir des qualités parce qu’il m’a beaucoup fait réfléchir et me documenter. Du coup j’étais bien contente de voir cette vidéo de Quentin Tarantino (j’aurais du commencer par là peut-être) qui reconnaît qu’il est allé loin question violence "I cut it back I traumatise the audience too much and I need them to go for the ride". La scène mandingue était encore pire et celle de l’homme et des chiens aussi (je n’ose imaginer). Il a coupé! Il dit qu’il a voulu que le public réclame la rétribution, la vengeance de Django. Sauf que pour moi tout ça reste choquant et même en comprenant mieux le travail de Tarantino, désolée ça ne marche pas pour moi. Cela me fait penser aux exécutions publiques ou même au lynchage par une foule d’un homme qui aurait commis un crime horrible. Bref en résumé et en conclusion dès qu’il s’agit de violence je ne suis plus là. Je n’y arrive pas. Pourtant j’ai lu d’une traite les Bienveillantes de Littell. Peut-être que la littérature met une distance là où le cinéma nous emporte et je ne me suis pas laissée faire. Bon

Je n’ai pas vu la fin, je n’ai pas vu la violence cathartique où Django se venge j’imagine et s’éloigne avec sa belle vers l’horizon et le soleil couchant (j’imagine toujours n’ayant pas vu la fin). Western!

Rédigé par Gilda Gonfier

6 février 2013 à 2 h 45 mi

Publié dans Le doigt dans l'oeil

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Django Unchained

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Je ne suis pas fan de Quentin Tarantino. Le mot qui me vient c’est marmelade ou tartiner. Tarantino aime la démesure, en mettre plein la vue et cela reste il est vrai inventif pour Pulp fiction mais pour le reste de ses films personnellement à la fin je me pose la question: "what’s the point?", "So what?". J’irais voir son dernier film contrairement à Spike Lee qui refuse d’aller le voir et exprime ses critiques sans avoir vu le film. Pourquoi? Parce que:

"American Slavery Was Not A Sergio Leone Spaghetti Western.It Was A Holocaust. My Ancestors Are Slaves. Stolen From Africa. I Will Honor Them."

Spike Lee

Rédigé par Gilda Gonfier

20 janvier 2013 à 7 h 55 mi

Publié dans Le doigt dans l'oeil

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… s’il m’est permis de conserver ma fortune par un crime

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On prétend qu’il est impossible de cultiver les colonies sans Nègres esclaves. Nous admettons ici cette allégation; nous supposerons cette impossibilité absolue: il est clair qu’elle ne peut rendre l’esclavage légitime. En effet, si la nécessité absolue de conserver notre existence, peut nous autoriser à blesser le droit d’un autre homme, la violence cesse d’être légitime à l’instant où cette nécessité absolue vient à cesser: or, il n’est pas question ici de ce genre de nécessité, mais seulement de la perte de la fortune des colons. Ainsi demander si cet intérêt rend l’esclavage légitime, c’est demander s’il m’est permis de conserver ma fortune par un crime. Le besoin absolu que j’aurais des chevaux de mon voisin pour cultiver mon champ, ne me donnerait pas le droit de les voler; pourquoi donc aurais-je le droit de l’obliger lui-même, par la violence, à cultiver pour moi? Cette prétendue nécessité ne change donc rien ici, et ne rend pas l’esclavage moins criminel de la part du maître.

Réflexion sur l’esclavage des Nègres

Condorcet ed Mille et une nuits p13

Rédigé par Gilda Gonfier

8 novembre 2012 à 6 h 38 mi

Publié dans La férocité

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Fallait-il mettre aux fers le nouveau monde pour libérer l’ancien ?

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Nous vous invitons à notre prochain café-débat qui se tiendra le jeudi 8 novembre 2012 à la Casa del tango.  Il nous semble nécessaire de continuer à interroger notre passé pour introduire une connaissance positive en lieu et place d’une conscience mémorielle qui risque de s’épuiser en une lamentation victimaire peu propice à une projection constructive vers le  futur. Mais le passé de nos îles issues de l’esclavage et de la  colonisation s’inscrit plus généralement dans l’histoire de la découverte et de la domination par l’Europe de l’Amérique. Or, le rapport Europe/Amérique qui s’établit historiquement à partir du XVI° siècle est-il  de pure extériorité ? Les concepts fondamentaux de la philosophie politique dont l’Europe est si fière sont-ils indépendants du processus de domination qui s’ouvre comme on le sait dans cette nouvelle  région du monde ? C’est pour cela  que nous avons tenu à inviter en Guadeloupe Vincent Grégoire pour nous entretenir de cette problématique.
Thème:
Fallait-il mettre aux fers le nouveau monde pour libérer l’ancien?
Par Vincent Grégoire

Fallait-il mettre aux fers le nouveau monde pour libérer l’ancien ?

C’est finalement sur ce problème qu’achoppe la réflexion qui veut penser l’invention de l’Etat de droit. Longtemps oubliée des théories du droit politique, la pratique coloniale est pourtant, dans les faits,  constitutive de ce droit. Il y a un lien fondamental entre l’invention de l’ordre colonial et  la naissance de l’Etat de droit. L’établissement des colonies, loin d’être une erreur dans la constitution  de l’Etat moderne, serait alors son péché originel.

 Vincent Grégoire est professeur de philosophie dans la région nantaise. Il a eu l’occasion d’exercer en Guadeloupe durant plusieurs années. Il a soutenu une thèse l’an dernier sur le thème: Impérialisme et cosmopolitisme. Théories de l’Etat et problèmes coloniaux  (16eme 18eme siéces). Soutenue à Paris IV (Sorbonne) en Décembre 2011.
Autres informations:
-Parution du livre de Christine Chivallon: L’esclavage, du souvenir à la mémoire, Karhtala. Voir pièce jointe
- La librairie Jasor vous invite à rencontrer  Jean-Pierre SAINTON autour de son ouvrage La décolonisation improbable Cultures politiques et conjonctures en Guadeloupe et en Martinique (1943-1967), le vendredi 9 novembre 2012 à 19h au centre Rémy-Nainsouta
Un communiqué reçu de la Casa del Tango
Retrouvez toutes les informations du café-débat sur : www.kazatango.com
   La Casa del Tango

  Espace climatisé avec parquet, terasse extérieure
   Bar et restauration légère
      Pour s’y rendre: en arrivant de Pointe à pitre,
     prendre la première entrée pour Jarry. Au premier
     rond-point, devant Savima, prendre à droite la rue
     Alfred Lumière et allez jusqu’au bout de la rue. La
     Casa del Tango est sur la gauche au numéro 651.
                 651 rue alfred Lumière ZI  Jarry 

                           97 122 Baie-Mahault
                           0690 99 50 21

Rédigé par Gilda Gonfier

6 novembre 2012 à 7 h 27 mi

Être noir en France au XVIIIe siècle

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• L’exposition

Cette nouvelle exposition du Musée du Nouveau Monde aborde un volet méconnu de notre histoire : La genèse d’une première immigration de couleur en France.
A travers une collection de tableaux, sculptures, estampes et documents d’archive, c’est l’occasion de découvrir et de s’interroger sur le contexte et le résultat de cette première immigration de couleur.

• Autour de l’exposition

Plusieurs évènements seront également proposés autour de l’exposition dont un colloque à l’Université de La Rochelle "Protéger et valoriser le patrimoine issu de l’esclavage", une visite guidée de l’exposition par les commissaires Éric Noël et Annick Notter, ou encore une représentation de "Hannah Crafts, Mémoire d’une esclave noire" par le Théâtre du Ballon Rouge…

un document Être noir en France au XVIIIème (PDF de 450.3 ko)

Dossier de presse de l’exposition
source de cet article ici

Rédigé par Gilda Gonfier

2 janvier 2012 à 10 h 36 mi

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Les esclaves se saisissent du droit

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De nombreuses formes de résistances de l’esclavage ont été étudiées: le marronage, la culture et les musiques… Il conviendrait d’étudier la question du droit et de la justice. Les esclaves en effet se sont saisi du droit, et même du code noir nous dit Françoise Verges après nous avoir expliqué que l’esclavage du 17ème siècle se distingue de l’esclavage grec du fait de la question du préjugé de couleur. A voir la question de la fabrication du Blanc, de la fabrication de Noir

A écouter l’émission la marche de l’histoire du mardi 10 mai 2011 

Rédigé par Gilda Gonfier

1 janvier 2012 à 14 h 43 mi

Publié dans Chroniques judiciaires

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Bulletin des arrêts de la Cour de cassation rendus en matière criminelle

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1828 (T33,N7). Afficher le texte brut (6-ro) Attendu z.° qu’en supposant cette annuJIation fondée sur ce qu’au mépris de I’édit du mois de juillet 1738, le tribunal de Ja Pointe-à-Pitre aurait admis des esclaves à déposer contre leurs maîtres , l’arrêt attaqué n’aurait pu la prononcer à dater du décret de prise dé corps du i4 Nombre d’occurrences dans l’œuvre:3
1831 (T36,N1). Afficher le texte brut elle ne pouvait pas plus chercher dans les dépositions des esclaves dé M. Prus des inductions favorables, qu’elle n’eût pu y chercher des: inductions contraires. Mais poursuivons notre examen, et venons à la législation actuelle. Il fallait appliquer le nouveau code d’instruction criminelle Nombre d’occurrences dans l’œuvre:61
1848 (T53,N12). Afficher le texte brut
le «témoignage des esclaves; à quelque titre que ce soit, eontre leurs maîtres, sont inapplicables lorsqu’il s’agit de délits commis par les maîtres’ contre les esclaves et punis par la loi du 18 juillet i845, g2./22i, 253.—-Est nul, pour insuffisance dé motifs, l’arrêt d’une coiir coloniale qui relaxe Nombre d’occurrences dans l’œuvre:6
1839 (T44,N12). Afficher le texte brut
la tête de ses affaires, n’a pas cessé depuis de jouir de ses droits civils; Tes principes de Ta réhabilitation ne peuvent lui être opposés, puisqu’ils ne s’appliquent qu’aux droits politiques proprement dits, 384. RESPONSABILITÉ. La responsabilité des maîtres, à raison des faits de leurs esclaves Nombre d’occurrences dans l’œuvre:1
  1838 (T43,N12). Afficher le texte brut
pour but d’opérer la hausse ou la baisse des transports , ibid. COLLÈGE électoral. Voir Diffamation, 201. COLONIES. Lorsqu’une personne libre est condamnée pour crime commis de complicité avec des esclaves, les frais doivent être prononcés solidairement contre tous, 405. COMESTIBLES gâtés. Le seul Nombre d’occurrences dans l’œuvre:3
1838 (T43,N8). Afficher le texte brut
( 4*06 ) les questions posées et résolues en cour d’assises, ainsi que par la peine à lui appliquée, puisqu’il n’avait pas de maître à IaMartinique, et que l’introduction des noirs, à titre d’esclaves, est interdite par les lois abolitives de la traite, LA COUR déclare Antoine recevable en son Nombre d’occurrences dans l’œuvre:13
1833 (T38,N3). Afficher le texte brut , et notamment par son admission dans la milice-, la cour d’assises de la Martinique a condamné Louisy aux peines prononcées contre les esclaves ; Attendu que ces peines ne peuvent être appliquées auxpatronés, parce que ce qui manque à la régularisation définitive de leur titre d’affranchissement pour Nombre d’occurrences dans l’œuvre:2
1834 (T39,N12). Afficher le texte brut . CLASSE de personnes. Voyez Délit de la presse, 205. COALITION d’ouvriers. Voyez Cours d’assises, 351. COLONIES. A la Guyane française, les individus de condition libre qui ont commis un crime, de complicité avec des esclaves, doivent être condamnés à la totalité des frais; les juges ne peuvent Nombre d’occurrences dans l’œuvre:1
1843 (T48,N12). Afficher le texte brut TÉMOINS. L’audition sans prestation de serment de témoins portés sur la liste notifiée’à l’accusé est une cause de nullité. H en est ainsi même à l’égard des témoins esclaves, s’il n’y a point eu d’opposition et s’ils n’ont aucune refation avec des maîtres qui figureraient dans fa cause comme Nombre d’occurrences dans l’œuvre:1
1831 (T36,N12). Afficher le texte brut entendre, se rapportant plutôt à une liste de témoins qu’aune liste d’assesseurs, 131. Voyez Esclaves; — Noirs ( traite des),l6ii. COMMUNAUX. Voyez Règlement depolice, 386. COMPARUTION personnelle. L’obligation de se représenter en personne,. imposée au prévenu d’un délit emportant la peine Nombre d’occurrences dans l’œuvre:3
1839 (T44,N2). Afficher le texte brut tives légalement promulguées, dont ces règlements n« Seraient que l’application ; , Vu, en conséquence, ledit article 37 de l’édit de 16S5, ainsi Conçu: . i «Seront tenus, les maîtres, en cas de vol, ou d’autre dohimage «causé par leurs esclaves^ outre la peine corporelle des esclaves, de « réparer Nombre d’occurrences dans l’œuvre:13
1848 (T53,N3). Afficher le texte brut nos i «par un’ crime ou par un délit pourra eh ■ rendre plainte,, etc. » Nous l’avons dit, Cette disposition était inapplicable aux esclaves avant la loi’dû r8 juillet 1845, parce que, d’un côté, ils n’étaientpas des personnes, et que, de l’autre; les emportements et lés violences des maîtres Nombre d’occurrences dans l’œuvre:87
1841 (T46,N3). Afficher le texte brut épithète, donnée par un de ses esclaves à la femme qui était en possession de sa confiance et de toute son affection : qu’on ne s’étonne donc pas de la vengeance qu’il devait en tirer. Après qu’il eut quitté l’esclave, il rentra dans la salle avec lé* sieur Lafages. Il lui demanda ce qu’il lui conseillait Nombre d’occurrences dans l’œuvre:9
1844 (T49,N7). Afficher le texte brut 1723, ainsi conçu : «Les vols qualifiés, même ceux des chevaux, cavales, mulets ou «vaches, qui auront été faits parles esclaves ou par les affranchis, «seront punis de peines afffictives, même de mort, si le cas le re« quiert; » Vu les articles 3 et 26 de l’arrêté ou ordonnance du commandant Nombre d’occurrences dans l’œuvre:3
1848 (T53,N6). Afficher le texte brut de statuer sur le présent pourvoi; • ‘ " Considérant qu’il s’agit, dans l’espèce 1, 1 d’une plainte’déposée, le 5 mai 1847, au parquet du tribunal’de la Bàsse-Tërre.’île" Guadeloupe, par la nommée’Rosine-et autres esclaves dé Thabitàtion-su; crerie exploitée par Duhamel, à raison dé sévices exercés Nombre d’occurrences dans l’œuvre:10
1848 (T53,N5). Afficher le texte brut Altendù^qùë là’ 1 disposition dès’articles 15,6,g6t 1,81) du Code d’înstructioiï çrimihellè, qui, pour lés matières dé police simple ëtèorreetioHirèllë:, défend d’entendre des esclaves en témibignâge:contre leurs maîtres, est àbsblument^ncbjicUiabl’è avec celles dé; là Ipi’:dk\ r8 juillet-1845 Nombre d’occurrences dans l’œuvre:5
1843 (T48,N1). Afficher le texte brut du 20 mai 1842 : Vu l’article 9 de l’ordonnance précitée du 20 juillet 1828, qui fait profiter les esclaves du bénéfice du pourvoi exercé par leurs coaccusés de condition libre, Reçoit l’accusée Noël, esclave du sieur Astorel, partie au pourvoi; Sur le moyen d’office tiré de ce que plusieurs témoins Nombre d’occurrences dans l’œuvre:7
1798/09/22-1856/12/31. Afficher le texte brut 110 COLONIES. Le délit d’exportation d’esclaves en pays étranger , prévu et puni par l’article 4i8 du code colonial, est consommé lorsque le navire sur lequel les esclaves ont été embarqués est parti avec destination pour un pays étranger, et que le but de l’expéditeur était d’en priver la colonie Nombre d’occurrences dans l’œuvre:9
1834 (T39,N6). Afficher le texte brut des frais parait avoir été basée sur ce que la cour d’assises de Cayenne, considérant les deux derniers accusés comme esclaves, et faisant application de l’article 11 de l’ordonnance du 20 juillet 1828, qui porte que a en matière de grand ou de petit « criminel les frais faits contre les esclaves seront ùîa Nombre d’occurrences dans l’œuvre:7
1826 (T31,N10). Afficher le texte brut avaient reconnu en fait, que, sous le masqued’une destination apparente du .navire l’Eugène pour fa Martinique, le but secret de l’armement était de l’employer au commerce des esclaves. Cependant la chambre du conseil du tribunal civil de Nantes, ne voyant dans la série des actes de cette entreprise Nombre d’occurrences dans l’œuvre:3
1843 (T48,N5). Afficher le texte brut de la chambre d’accusation, du 19 octobre 1842, s’est borné à qualifier la prévention, conformément aux articles 3, 59, 60 et 401 du Code pénal, et 36 de l’édit de mars 1685, relativement aux esclaves compris dans le complot d’évasion, et à Sainte-Rose, sans autrement spécifier les faits Nombre d’occurrences dans l’œuvre:2
1839 (T44,N7). Afficher le texte brut » Les condamnés n’ont fourni aucun mémoire à l’appui de leur pourvoi; les deux noirs, esclaves n’étaient;pas comme les esclaves des colonies françaises soumis à dés pénalités spéciales. Le pourvoi a été rejeté dans les termes suivants : Ouï M. Isambert, conseiller, en son rapport; et M. Helio Nombre d’occurrences dans l’œuvre:4

Rédigé par Gilda Gonfier

1 janvier 2012 à 9 h 37 mi

Publié dans Chroniques judiciaires

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Jeanne Odo

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Jeanne Odo est une ancienne esclave de Saint-Domingue. Le 4 juin 1793, alors âgée de 114 ans, elle est en France à la tête d’une délégation de la Société des Citoyens de couleur et de soldats de la Légion des Américains (régiment révolutionnaire formé de gens de couleur vivant en France).

Ce jour-là, Jeanne Odo remet solennellement à l’Assemblée un drapeau tricolore très particulier, représentant trois personnages : un Noir sur la bande bleue, un Blanc sur la bande blanche et un métis sur la rouge. Les trois hommes sont debout et portent une pique surmontée du bonnet de la liberté. Une devise est inscrite sur le drapeau : « Notre union fera notre force ».

Ce drapeau est celui de « l’égalité de l’épiderme » : il affirme que le principe d’égalité énoncé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est universel, c’est-à-dire qu’il s’applique à tous les hommes, quelle que soit la couleur de leur peau.

La Convention accepte de recevoir l’étendard, qu’elle baptise "signal de l’union" : union entre la Révolution française et la révolution de Saint-Domingue. Les députés se lèvent même pour rendre hommage à la vieille femme noire qui a pris la tête de la délégation.

Le président de séance, après lui avoir donné le baiser fraternel, l’installe à sa gauche.

L’abbé Grégoire intervient alors, et, faisant un parallèle avec la cérémonie de 1789 en l’honneur de l’abolition du servage, demande à la Convention de faire disparaître « l’aristocratie de la peau ».

Source: les îlots de la liberté Quai Branly

Rédigé par Gilda Gonfier

31 décembre 2011 à 9 h 10 mi

Publié dans Figures

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