Le Petit Lexique Colonial

L'esclavage et la colonisation en lecture

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Victor Schoelcher (1804-1893) Une vie, un siècle

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REPÈRES CHRONOLOGIQUES
- I793 – Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue en août et septembre, par les Commissaires civils Sonthonax et Polverel.
- I794 – I6 pluviôse an II (4 février): abolition de l’esclavage dans les colonies françaises par la Convention
- I8O2 – Rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte par décret du 20 mai. Arrivée des forces expéditionnaires envoyées à Saint-Domingue et en Guadeloupe par Bonaparte. Répression contre les rebelles en Guadeloupe par le Général Richepanse. Arrestation et déportation de Toussaint Louverture vers la France en juillet 1802.
- I8O3 – Mort de Toussaint Louverture le 7 avril au Fort de Joux (Doubs). Poursuite de la guerre coloniale à Saint-Domingue. Novembre : défaite des troupes françaises à la bataille de Vertières.
- I8O4 – 1er janvier: Déclaration d’Indépendance de Saint-Domingue sous le nom de Haïti, par Jean-Jacques Dessalines. Naissance de Victor Schoelcher le 22 juillet à Paris.
- I8O7 – Interdiction de la traite négrière par l’Angleterre et le Danemark.
- I8I5 – Congrès de Vienne: les pays européens acceptent l’interdiction théorique de la traite négrière.
- I8I6 – Décrets d’abolition de l’esclavage de Simon Bolivar.
- I8I8-I8I9 – Courtes études de Victor Schoelcher au Lycée Louis-le-Grand. Victor travaille à partir de l’âge de I5 ans dans la fabrique de porcelaines familiale, rue du Faubourg Saint-Denis à Paris.
- I8I9 – Indépendance de la Colombie.
- I822 – Fondation, à Paris, de la Société de la Morale Chrétienne. Auguste de Staël, notamment, y anime le Comité de lutte contre la traite négrière et l’esclavage. Indépendance du Mexique. Abolition de l’esclavage et indépendance à Santo Domingo. Indépendance du Brésil.
- I823 – Fondation, à Londres, de la Société pour l’Abolition de l’esclavage.
- I824-I825 – Affaire et procès de Bissette, Fabien et Volny en Martinique, accusés de diffusion d’une brochure réclamant des droits civiques pour les « hommes de couleur » libres.
- I825 – Reconnaissance par la France de l’Etat haïtien qui accepte de verser une indemnité de 150 millions de francs à son ancienne puissance coloniale.
- I828 – Marc Schoelcher associe officiellement son fils Victor à son entreprise.
- I828-I83O – Premier voyage de Victor Schoelcher aux Amériques. Il part pour le Mexique via les Etats-Unis (New York, la Louisiane) et Cuba. Envoi de ses premiers articles sur l’esclavage à la Revue de Paris.
- I83O-I833 – Publication des premières critiques d’art de Schoelcher dans la revue L’Artiste.
- I83I – Reconnaissance de droits civiques aux « hommes de couleur » libres dans les colonies françaises. Loi du 4 mars interdisant la traite négrière.
- I833 – Schoelcher publie De l’esclavage des noirs et de la législation coloniale, Paulin, Paris. Vote de l’Abolition Bill par le Parlement britannique (appliqué à partir d’août I834, effectif au Ier août I838).
- I834 – Fondation, à Paris, de la Société française pour l’abolition de l’esclavage par le Comité de lutte contre la traite négrière et l’esclavage de la Société de la Morale Chrétienne. Fondation par Cyrille Bissette, à Paris, de la Société des Hommes de couleur et de la Revue des Colonies (paraît jusqu’en I843).
- I834-I844 – Schoelcher effectue plusieurs voyages en Europe: Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, Italie.
- I836 – Fondation en Guadeloupe de la loge maçonnique des « Disciples d’Hiram ».
- I839 – Fondation à Londres de la British and Foreign Anti-Slavery Society. Indépendance du Guatemala.
- I84O – Schoelcher publie Abolition de l’esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des sang-mêlés (Pagnerre, Paris). Il échoue au concours de la Société des Amis des Noirs.
- I84O-I84I – Second voyage de Schoelcher aux Caraïbes: Guadeloupe, Martinique, Jamaïque, Antigua, Dominique, colonies danoises, Haïti, Puerto Rico.
- I84O-I843 – Travaux, à Paris, de la commission chargée de la révision de la législation des colonies et de l’esclavage, présidée par le Duc Victor de Broglie.
- I84I – Indépendance du Salvador.
- I842 – Schoelcher publie Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage (Pagnerre, Paris).
- I843 – Schoelcher publie Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l’émancipation anglaise. Coup d’oeil sur l’état de la question d’affranchissement (Pagnerre, Paris).
- I843 – Février: tremblement de terre en Guadeloupe. Outre de nombreuses victimes, le cataclysme détruit une grande quantité d’ateliers et sucreries. On reconstruit en appliquant de nouvelles techniques de traitement de la canne et de fabrication des sucres.
- I844 – Schoelcher publie De la pétition des ouvriers pour l’abolition immédiate de l’esclavage (Pagnerre, Paris).
- I844-I845 – Voyage de Schoelcher en Egypte, en Grèce, en Turquie.
- I845 – Vote de la loi Mackau modifiant le régime de l’esclavage (droit à l’instruction pour les esclaves, possibilité de constituer un pécule et de se racheter, fixation des horaires de travail).
L’Abbé Casimir Dugoujon publie De l’esclavage dans les colonies françaises (Pagnerre, Paris, I845).
- I846 – Schoelcher publie L’Egypte en I845 ( Pagnerre, Paris).
- I847 – Schoelcher publie Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années (Pagnerre, Paris). Abolition de l’esclavage par la Suède à Saint-Barthélémy.
- I848 – 23-25 février: journées révolutionnaires à Paris qui mettent fin à la Monarchie. Proclamation de la République et formation d’un gouvernement provisoire. Schoelcher a quitté le Sénégal en janvier. Le 3 mars, à son arrivée à Paris, il rencontre François Arago, ministre de la Marine. Le principe de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises est adopté le 4 mars. Schoelcher est nommé sous-secrétaire d’Etat aux Colonies et président de la Commission d’abolition de l’esclavage. Le décret d’abolition de l’esclavage est signé par le Gouvernement provisoire le 27 avril.
Schoelcher occupe ses fonctions ministérielles du 5 mars au I7 mai I848. Il préside la commission d’abolition de l’esclavage du 5 mars au 21 juillet. Il est élu représentant du peuple en Guadeloupe et en Martinique et opte pour la Martinique, siège du « Gouvernement général des Antilles françaises ». Son siège de représentant de la Guadeloupe est alors occupé par son suppléant, Louisy Mathieu, ancien esclave.
Abolition de l’esclavage dans les colonies danoises des Caraïbes en juillet.
- I849 – Schoelcher publie Nouvelles observations sur les élections de la Guadeloupe et La Vérité aux ouvriers et cultivateurs de la Martinique (Pagnerre, Paris).
- I85I – Schoelcher publie Protestations des citoyens français nègres et mulâtres contre des accusations calomnieuse, Le procès de Marie-Galante, Abolition de la peine de mort.
Vote par le Congrès de la loi sur les esclaves fugitifs aux Etats-Unis. Schoelcher publie L’esclavage aux Etats-Unis, La loi du I8 septembre I85O sur les esclaves fugitifs et L’insurrection de Cuba et les Etats-Unis.
Procès de l’indépendantiste Marie-Léonard Sénécal en Guadeloupe. Abolition de l’esclavage en Colombie. Création de banques coloniales pour la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion.
2-3 décembre: résistance de Schoelcher au coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Début de sa vie de proscrit. Fin décembre, il quitte la France pour la Belgique via la Suisse et l’Allemagne.
- I852 – Schoelcher quitte Bruxelles pour Londres. Début de son amitié avec Victor Hugo qu’il rencontre à Jersey puis à Guernesey. Il publie Histoire du crime du 2 décembre. La Constitution française supprime l’exercice de tous droits politiques aux colonies. Le gouvernement signe des conventions pour l’introduction dans les colonies françaises de travailleurs sous contrats originaires des territoires d’Afrique et de l’Inde contrôlés par les Britanniques.
Parution de la Case de l’Oncle Tom de H. Beecher-Stowe aux Etats-Unis.
- I853 – Schoelcher publie Le gouvernement du 2 décembre.
- I854 – Schoelcher publie Dangers to England of the alliance with the men of the Coup d’Etat.
Senatus-consulte rétablissant les assemblées locales dans les colonies: les conseils généraux.
- I855 – Arrêté Gueydon sur la « police du travail » en Martinique.
- I857 – Schoelcher publie Life of Handel (Trübner, Londres). Arrêté Husson sur la « police du travail « en Guadeloupe
- I859 – Schoelcher refuse l’amnistie accordée aux proscrits par Napoléon III. Raids de John Brown à la tête d’esclaves rebellés en Virginie. Il est pendu à Charleston en décembre. Appel de Victor Hugo en sa faveur.

- I86I – Abraham Lincoln est élu président des Etats-Unis. Début de la Guerre de Sécession.
Intervention européenne au Mexique.
- I863 – Abolition de l’esclavage aux Etats-Unis par Lincoln. Mesure appliquée dans l’Union en I865, à la fin de la Guerre de Sécession.
- I865 – Abolition de l’esclavage aux Etats-Unis. Fondation du Ku Klux Klan dans le Tennessee. Rébellion de Morant Bay en Jamaïque.
- I866 – Senatus-consulte élargissant les compétences des conseils généraux des colonies.
- I868-I878 – Guerre de Dix Ans à Cuba.
- I87O – Schoelcher publie Sunday Rest (Le repos du dimanche). Août : guerre entre la France et la Prusse. Schoelcher rentre à Paris au mois d’août. Défaite de la France à Sedan le 4 septembre. Instauration d’un gouvernement de Défense nationale. Rétablissement d’un régime républicain. Colonel de l’Etat-major général des Gardes nationaux, Schoelcher est vice-président de la commission des barricades pour la défense de Paris. Il prend la tête d’un Comité des Alsaciens formé à Paris. Insurrection dans le sud de la Martinique. Vote de la loi d’abolition de l’esclavage dans les colonies espagnoles par les Cortès, présentée par Segismundo Moret.
- I87I – Sous la Commune de Paris, Schoelcher est parmi les partisans de la conciliation. Il élabore, en avril 1871, un projet de Ligue de la Paix. Elu le 8 février représentant du peuple à Paris puis en avril en Guyane et à la Martinique, qu’il choisit de représenter à nouveau.
- I872 – Schoelcher publie L’arrêté Gueydon à la Martinique et l’arrêté Husson à la Guadeloupe (Le Chevalier) et de Le 2 décembre. Les massacres dans Paris (Librairie de la Bibliothèque Démocratique, Paris). Il est membre de la Commission du Travail colonial créée par le ministère de la Marine et des Colonies.
- I873 – Schoelcher publie La famille, la propriété et le christianisme et Le jury aux colonies (Le Chevalier). Abolition de l’esclavage à Puerto Rico.
- I874 – Schoelcher est nommé président de la Société de Secours mutuel des Créoles.
- I875 – Schoelcher est élu sénateur inamovible. Il adhère à la Société pour l’Amélioration du Sort des Femmes. Publication de La grande conspiration du pillage, de l’incendie et du meurtre à la Martinique.
- I877 – Schoelcher publie Restauration de la traite des Noirs à Natal.
- I879 – Schoelcher publie Le vrai Saint-Paul.
- I88O – Schoelcher publie L’esclavage au Sénégal. Il participe au Congrès de la Ligue du Droit des Femmes. Début de l’application de la loi Moret à Cuba.
- I88I – Schoelcher publie Modernité de la musique et L’esclavage au Brésil. Il est membre du Conseil Supérieur des Colonies. Début des travaux de construction du canal de Panama.
- I882 – Schoelcher fonde à Paris, avec Gaston Gerville-Réache, le journal Le Moniteur des Colonies. Il effectue à Londres une mission d’étude sur les hospices et asiles de nuit pour enfants. Il est rapporteur devant le Sénat des lois scolaires instituant l’école primaire gratuite et obligatoire. Il publie le tome I de Polémique coloniale (E. Dentu).
- I883 – Schoelcher publie L’immigration aux colonies (Imprimerie du Moniteur des Colonies).
- I879-I884 – Schoelcher fait don d’ouvrages, de manuscrits, d’objets d’art à la Bibliothèque Nationale, au Conservatoire, à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, au Musée d’Ethnographie du Trocadéro (Musée de l’Homme), au Musée des Antiquités nationales, au Musée de Cluny, à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique. Il loue à partir de cette période une maison à Houilles, dans la banlieue ouest de Paris et conserve son appartement parisien de la rue de la Victoire.
- I886 – Schoelcher publie le tome 2 de Polémique coloniale (ibid.). Abolition de l’esclavage à Cuba.
- I888 – Abolition de l’esclavage au Brésil.
- I889 – Schoelcher publie Vie de Toussaint Louverture (Ollendorff) pour le centenaire de la Révolution Française. Arrêt de l’immigration de travailleurs indiens dans les colonies françaises des Caraïbes.
- I892 – Schoelcher se retire définitivement dans sa maison de Houilles.
- I893 – Mort de Victor Schoelcher à Houilles (Yvelines) le 25 décembre.
- I894 – Inhumation de Schoelcher le 5 janvier au cimetière du Père Lachaise.
- I895-I898 – Guerre hispano-cubaine.
- I898 – Guerre hispano-américaine à Cuba. Indépendance de Cuba. Traité de Paris fixant la tutelle des Etats-Unis sur Cuba et Puerto Rico.
- I949 – Transfert de Schoelcher au Panthéon, le 2O mai.

Source : le Sénat

Rédigé par Gilda Gonfier

27 décembre 2011 à 22 h 14 mi

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Abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies françaises Pagnerre 1847

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(…) Est-il, en effet, rien de plus criminel qu’un mode d’être dans lequel l’homme se dégrade à ce point qu’il arrive jusqu’à devenir insensible à son abaissement? Moins le nègre de nos colonies sentirait sa position, plus il devrait exciter notre pitié; moins il désirerait la délivrance, plus ce serait un impérieux devoir de le délivrer.

Ce texte daté de 1847 sans mention d’auteur, illustre ce que Françoise Verges a mis en évidence dans son livre « Abolir l’esclavage une utopie coloniale », à savoir : « Ce qui frappe quand on étudie l’abolitionnisme du XIXe siècle, c’est qu’on y retrouve l’écho de bien des figures actuelles : l’Européen sauveur, l’Africain victime, le Mal et le Bien, le devoir d’intervention, le rôle de l’éducation dans la disparition des idées mauvaises ».
En effet la démonstration de la nécessité absolue d’abolir l’esclavage est la suivante: « La doctrine sociale des planteurs est celle du droit romain; il n’est rien qui ne soit permis au maître contre les esclaves ». L’esclave étant par l’édit de 1685 plus connu sous l’intitulé Code Noir, la propriété du maître il peut appliquer l’adage romain : jus utendi et abutendi.

Le régime disciplinaire des ateliers des colonies est moins inhumain qu’il ne le fut autrefois, mais il est encore inhumain par la raison fatale que l’humanité est incompatible avec l’esclavage.

Autrement comme l’aurait dit Schoelcher: on ne peut pas plus réglementer l’esclavage qu’on ne peut réglementer l’assassinat.

Ce sont sur des affaires criminelles d’abus et de cruauté des maître jugées devant les tribunaux que vont s’appuyer les abolitionnistes.

Le 18 décembre 1845 l’affaire Jaham. Deux frères Octave et Charles de Jaham accusés de coups de fouet à Rosette esclave enceinte, mise au cachot des esclaves Gustave et Jean Baptiste jusqu’à ce que mort s’en suive. Verdict: acquittement.

Fin juillet 1843 l’affaire Thoré (propriétaire) et Nau (géreur): quatre piquet avec déchirures des chairs et autres sévices, violences et voies de fait exercées sur des esclaves

L’affaire Hurel coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur la personne d’une jeune mulâtresse Euranie (18 ans) surnommée Petite Belle. 6 mois de prison et 300 francs d’amende

14 mai 1846 coups donnés à une femme enceinte : « le prévenu Castes aurait autorisé verbalement et par sa présence sur les lieux le commissaire de police Borea à administrer à son esclave Dédée un châtiment pour des outrages ».

Cayenne mai 1846 « attendu qu’au moment ou B… a été frappée par son maître, elle était enceinte de six mois et demi à sept mois ».

22 mars 1847 l’affaire Joseph Havre géreur copropriétaire de l’habitation la Montagne « Elie mort au milieu de ces tortures, Jean-Baptiste et Angèle sortant de leur prison les jambes atrophiées, de telle sorte que le premier ne s’en guérira jamais. Et tout cela pour des soupçons! »
La Cour d’assises à acquitté J Havre

Et les lois, les ordonnances, les arrêtés, les règlements ayant pour objectif d’adoucir l’esclavage reste lettres mortes. A titre d’exemple « l’ordonnance du 5 janvier 1840 qui fonde des écoles gratuites pour l’instruction des jeunes esclaves et prescrit aux maîtres d’y envoyer leur petits nègres ». Le curé se plaint de sa non application et le gouverneur lui répond: « Monsieur le curé, il suffit que les esclaves aient présentement le droit d’aller à l’école, le moment de les y laisser aller n’est pas encore venu »( Mémoire de l’abbé Lamache)

http://lepetitlexiquecolonial.files.wordpress.com/2011/12/wpid-abolitiondelesclavagepagnerre1847-2011-12-27-20-512.pdf

Notice complète
Titre : Abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies françaises
Éditeur : Pagnerre (Paris)
Date d’édition : 1847
Sujet : Esclavage — Abolition — France — Colonies Relancer la recherche sur ce sujet dans Gallica
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 32 p. ; 23 cm
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k408767w
Source : Bibliothèque nationale de France, 8-Lk9-524
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36400642g
Provenance : bnf.fr
Mode texte disponible
Thème : Sciences sociales

Date de mise en ligne : 15/10/2007

Rédigé par Gilda Gonfier

27 décembre 2011 à 20 h 21 mi

L’annonce de l’abolition

avec un commentaire

Le gouverneur de la Guadeloupe adresse le 4 avril une circulaire aux "Cultivateurs esclaves" qu’il fait afficher sur les portes de la mairie …

"Le gouverneur de la Guadeloupe et de ses dépendances
Circulaire aux cultivateurs esclaves
Basse Terre le 4 avril 1848

Mes Amis, vous avez tous appris la bonne nouvelle qui vient d’arriver de France. Elle est bien vraie.
La liberté va venir! courage mes enfants, vous la méritez. Tous les maîtres se sont réunis à Paris et ont chargé ces Messieurs de demander votre liberté. Ce sont de bons maîtres qui l’on demandée pour vous au Gouvernement qui y a consenti. Louis Phillippe n’est plus Roi! C’était lui qui enrayait votre libération, parce qu’il voulait que chacun de vous se rachetât et la république au contraire, va vous racheter tous à la fois
Mais il faut que la République ait le temps de préparer les fonds du rachat et de faire la loi de la liberté; Ainsi rien n’est changé, jusqu’à présent. Vous demeurez esclaves jusqu’à la promulgation de la loi. Alors M Le Gouverneur Rostoland m’enverra vous dire : la liberté est arrivée, vive la République!
jusqu’alors il faut que vous travailliez d’après les prescriptions de la loi pour le bénéfice des maîtres.
Il faut prouver que vous comprenez que la liberté n’est pas le droit de vagabonder, mais bien le droit de travailler pour soi même. En France, tous les gens libres travaillent plus encore que vous qui êtes esclaves; et ils sont bien moins heureux que vous l’êtes car là-bas, la vie est plus difficile qu’ici.
Mes amis soyez dociles aux ordres de vos maîtres, pour montrer que vous savez qu’il n’appartient pas à tout le monde de commander. Si vous pensiez avoir à vous plaindre, confiez vous à vos maîtres en particulier, et si vous ne pouvez vous entendre et que cependant vous pensiez avoir raison adressez vous alors au maire et au juge de paix. La République a confié cette mission à ces deux magistrats.
S’il faut autrement que les autorités et les magistrats se dérangent à chaque instant pour entendre les plaintes, on n’aura pas le temps de préparer la loi et le moment de la liberté sera retardé.

Votre sort est donc entre vos mains.
souvenez vous de ce qui est déjà arrivé.
Du temps de vos pères, la République existait en France. Elle proclame la liberté sans indemniser les maîtres, sans organiser le travail. Elle pensait que les esclaves auraient compris qu’ils devaient travailler et s’abstenir de tout désordre. Mais ayant abandonné le travail ils devinrent plus malheureux de jour en jour et forcèrent la République à vous remettre en esclavage. Voilà pourquoi vous êtes encore esclaves.
je suis convaincu que vous montrerez, mes Amis, plus d’intelligence et que vous ne prêterez point l’oreille aux mauvais sujets; vous n’écouterez, vous , que les personnes honnêtes.
N’écoutez pas surtout les libres oisifs.
Vos ennemis, ce sont les paresseux. N’ayez pour eux qu’une parole : allez au travail, laissez nous mériter notre liberté. M le Curé est là pour vous dire qu’il faut travailler et se marier pour obtenir les récompenses de l’autre vie; Demandez-lui conseil lorsque vous aurez un sujet de défiance. Songez que c’est la religion qui la première prêcha la liberté au temps où les blancs eux mêmes n’étaient pas libres.
Le Christ est né dans une étable pour enseigner aux gens des campagnes qu’ils ne doivent pas se plaindre de l’humilité de leur naissances. Il a permis qu’on le mît à mort sur une croix (c’était le supplice de l’esclave en Judée), pour que les malheureux ne vissent dans ses prêtres que des amis destinés à les bien guider.
allons mes Amis, ayez patience et confiance.
quand vous voudrez manifester votre joie, criez : VIVE LE TRAVAIL!
VIVE LE MARIAGE!
jusqu’à ce que je vienne vous dire : la loi est arrivée. VIVE LA LIBERTE!
La présente circulaire sera adressée à MM les maires des communes et Mm les curés. Elle sera affichée aux portes des mairies et des presbytère.
il sera, par les soins de MM les maires, transmis des exemplaires à tous les propriétaires de la commune, avec invitation de les placer aux lieux les plus apparents de leur propriété, tels que l’hôpital, les bâtiments d’exploitation, la case du commandeur et leur propre demeure.

Basse-Terre Guadeloupe; le 4 avril 1848.

Rédigé par Gilda Gonfier

26 avril 2011 à 12 h 21 mi

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