Le Petit Lexique Colonial

L'esclavage et la colonisation en lecture

Archives de la catégorie ‘Humeurs

Un taux de croissance de 0%

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Pourquoi avez-vous à développer ? Si la croissance économique s’élève de 5 à 10%, le bonheur va-t-il doubler? Quel mal y a-t-il dans un taux de croissance de 0% ? N’est-ce pas un type d’économie plutôt stable? Pourrait-il y avoir quelque chose de mieux que de vivre simplement et sans souci?

La révolution d’un seul brin de paille p.179

Une introduction à l’agriculture sauvage

Masanobu Fukuoka Guy Trédaniel Editeur

Rédigé par Gilda Gonfier

5 janvier 2013 à 15 h 50 mi

L’extravagance du désir humain

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Si les gens continuent à manger de la viande et de la nourriture d’importation, dans moins de dix ans il est certain que le Japon tombera dans une crise alimentaire. Dans moins de trente ans, il y aura des disettes accablantes. L’idée absurde s’est engouffrée, venant de quelque part, que passer d’une alimentation à base de riz à une alimentation à base de pain indique une amélioration de la vie quotidienne du peuple japonais. En réalité ce n’est pas ainsi. Le riz complet et les légumes peuvent paraître une nourriture grossière, alors que c’est le régime alimentaire le plus fin et qu’il permet aux êtres humains de vivre simplement et naturellement. Si nous avons une crise alimentaire elle ne sera pas due à l’insuffisance du pouvoir productif de la nature, mais à l’extravagance du désir humain.

La révolution d’un seul brin de paille p.130

Une introduction à l’agriculture sauvage

Masanobu Fukuoka Guy Trédaniel Editeur

Rédigé par Gilda Gonfier

5 janvier 2013 à 15 h 44 mi

La 4ème génération (de cinéastes) que nous sommes

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Il me semble que les cinéastes aujourd’hui se sentent une responsabilité face aux moyens techniques. Ils feuillettent les catalogues, et commandent de nouveaux outils, les techniciens apprennent leurs modes d’emploi et ensuite les producteurs les proposent aux scénaristes et aux réalisateurs et le cinéaste se sent le devoir d’utiliser ces nouveaux outils dans le film qu’il réalise.

Quelqu’un disait que la 1ère génération de cinéastes regardait la vie et faisait des films, la deuxième génération a vu les films de la première génération,  a regardé la vie et a fait des films. La troisième a seulement vu les films des générations précédentes et a fait des films. La 4ème génération que nous sommes ne regarde pas la vie, ne regarde pas les films (et j’ajoute mon grain de sel de bibliothécaire à chignon que je n’ai pas: ne lit ni roman ni poésie).  Nous feuilletons seulement des catalogues et sur la base de la technique nous faisons du cinéma. A mon sens le cinéma n’a pas autant besoin de moyens techniques. Une caméra trois objectifs un trépied peuvent suffire. Ils ont fait leur film avec si peu de moyen.

 Le cinéaste iranien Abbas Kiarostami sur France inter (L’humeur vagabonde) le 20 janvier 2010

 

Rédigé par Gilda Gonfier

11 septembre 2012 à 21 h 25 mi

La Marseillaise ou la valeur travail n°3

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Air: Allons enfants de la patrie
 
Allons enfants de la Guinée,
Le jour de travail est arrivé;
Ah! telle est notre destinée,
Au jardin avant le soleil levé! (bis)
C’est ainsi que la loi l’ordonne;
Soumettons-nous à son décret;
Travaillons sans regret,
Pour mériter ce qu’on nous donne.
A la houe, citoyens! formez vos bataillons!
Fouillons (bis), avec ardeur faisons de bons sillons.
 
Histoire de la Guadeloupe par M. A. Lacour conseiller à la Cour impériale Tome Troisième 1798 à 1803 Basse-Terre (Guadeloupe) 1858 Edition et diffusion de la Culture Antillaise, 1976, p:22

Rédigé par Gilda Gonfier

1 mai 2012 à 9 h 45 mi

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J’ai oublié d’entendre

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(…) Les mémoires balayées vers l’oubli,

Les tams-tams se promenant dans l’exotisme,

Les traditions s’agenouillant sans bataille.

Silence je dors!

A l’aube d’un jour,

Mon île s’est tue.

(…)

Didyer Mannette

Larmes de mots

Pawol savann Editions Neg Mawon Mai 2009

Rédigé par Gilda Gonfier

30 janvier 2012 à 18 h 32 mi

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Le prix de la liberté

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Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs. il n’y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme;  et c’est ôter toute moralité à ses actions que d’ôter toute liberté à sa volonté. (…) En supposant même ce terrible droit de tout tuer, je dis qu’un esclave fait à la guerre, ou un peuple conquis, n’est tenu à rien du tout envers son maître, qu’à lui obéir autant qu’il y est forcé. En prenant un équivalent à sa vie, le vainqueur ne lui en a point fait grâce: au lieu de le tuer sans fruit, il l’a tué utilement. loin donc qu’il ait acquis sur lui nulle autorité jointe à la force, l’état de guerre subsiste entre eux comme auparavant, leur relation même en est l’effet; et l’usage du droit de la guerre ne suppose aucun traité de paix. ils ont fait une convention; soit: mais cette convention, loin de détruire l’état de guerre, en suppose la continuité.

Jean Jacques Rousseau

Du contrat social (1762) Liv I Chap4: de l’esclavage

Rédigé par Gilda Gonfier

30 décembre 2011 à 7 h 09 mi

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Le prix de la sécurité

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On dira que le despote assure à ses sujets la tranquillité civile; soit: mais qu’y gagnent-ils, si les guerres que son ambition leur attire, si son insatiable avidité, si les vexations de son ministère les désolent plus que ne feraient leurs dissensions? Qu’y gagnent-ils, si cette tranquillité même est une de leurs misères? On vit tranquille aussi dans les cachots: en est-ce assez pour s’y trouver bien? Les Grecs enfermés dans l’antre du Cyclope y vivaient tranquilles, en attendant que leur tour vint d’être dévorés.

Jean-Jacques Rousseau (1762) Du contrat social ou principes du droit politique Chapitre 1.4 de l’esclavage

Rédigé par Gilda Gonfier

30 décembre 2011 à 7 h 09 mi

Autre chose que la même chose ou son contraire

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Marie Pierre Planchon Comment devenir libre de ses choix?

Anne Ancelin – Schützenberger Si vous faites l’inverse de vos parents vous faites comme vos grand-parents. Et si vos grands-parents ont fait l’inverse de leur parents vous faites comme vos arrière grands parents. Donc vous ne faites que répéter.

MP P: On n’est pas libre.

A A S: On n’est pas libre. Vous seriez libre si vous arriviez à trouver votre solution et il faut arriver de faire que autrement que la même chose ou son contraire.

MP P: Comment?

A A S: Et bien vous chercher.

MP P: Pour bien comprendre la difficulté c’est qu’il faut faire le deuil au nom au nom des générations qui nous ont précédé?

A A S: Il faudrait faire le deuil des situations inachevées qui vous ont précédées de façon à pouvoir tourner la page ou effacer l’ardoise.
Il faut trouver une réponse personnelle qui n’est pas la même chose ou son contraire qui est autre chose.

 
Se réapproprier son histoire personnelle et familiale, découvrir ses probables secrets de famille et les accepter sans renier ses ancêtres, tel est l’objet de la psychogénéalogie clinique. Fondée par Anne Ancelin Schützenberger au début des années 80, la psychogénéalogie ouvre le champ des possibles : conserver les loyautés familiales qui nous conviennent, mettre au jour les traumatismes, les souffrances et les erreurs du passé sans négliger  pour autant les événements heureux de son histoire personnelle et familiale afin de choisir enfin sa propre vie.

Extraits « Partir avec » Marie Pierre Planchon

        Je crois que c’est ce que j’ai essayé de faire avec la pièce de théâtre Le Cachot. Madeleine dit à la fin qu’elle s’est racheté de ses deniers. Elle rejette son habit de victime fait de larmes et de rancoeur, et laisse Rémi jouer au bourreau tout seul et elle sort. Se racheter de ses deniers est une notion fondamentale, une clé pour moi. Je voulais écrire avec Le Cachot une histoire de deuil. Parce qu’à titre personnel comme tout un chacun à un moment dans sa vie, j’avais besoin à l’époque de savoir faire un deuil. Et je me suis raconté cette histoire. Ma voie a été de raconter une histoire…de deuil. Parce qu’à la fin ça je le crois aussi tout est une question d’histoire, de récit et de « deuil inachevés ». Peut-être que nous n’avons pas encore su faire le deuil? Peut-être que nous ne savons pas encore nous raconter notre histoire? Nous en sommes (mais comme le monde entier) à chercher comment faire autrement que la même chose ou son contraire, comment être libre. Comment être libre? Pour moi s’est se racheter de ses deniers. Ma formule magique. Le rachat. A l’échelle d’un pays? Aucune idée. Si peut-être : se questionner. Que nous racontons nous comme histoire? La solution, non l’une des voies (il faut se méfier des solutions et des réponses), donc l’une des voies est le questionnement et l’humilité d’accepter que le chemin commence là où on en est. Où en est la Guadeloupe? Où chaque individu en est il? Nous n’allons pas changer le monde avec de vieilles recettes. Il faudra bien apprendre à faire autre chose que la même chose ou son contraire. Comme dit Anne Ancelin Schützenberger à la question du comment: et bien vous chercher!
Je cherche. Et dans cette quête j’ai pu mettre dans mon jardin des formules magiques comme « se racheter de ses deniers ». J’ai mis aussi le regard documentaire. Peut-être que nous pourrions commencer par nous regarder tel que nous sommes, par nous aimer tels que nous sommes?
Mais surtout à mon humble avis l’un des moyens de faire autrement c’est d’être dans la vie, dans le vivant, dans la création. Connaître son passé mais pour s’en libérer et être des vivants dans un monde qui nous appelle à créer « autre chose ».
Je cherche…

Rédigé par Gilda Gonfier

11 décembre 2011 à 10 h 31 mi

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LAISSONS MENTIR LE THÉÂTRE !

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Dans « Un Archipel de Solitudes » d’emblée, je fais dire à un personnage : « Moi, je crois plus le théâtre que la vie, parce que le théâtre ment… délibérément, pour que chacun y trouve sa vérité…Ce n’est pas la vérité nue, mais en tenue-cérémonie »…
La quête incessante du renouvellement est une vraie exigence, qu’on ne commence à se poser sérieusement que lorsqu’on crée. La création nous obligeant à détruire sans cesse le déjà-là, tout au moins à le dépasser. Laisser parler l’absence d’autre chose. Non à faire œuvre didactique : démontrer qu’on vient de quelque part, au lieu d’aller notre chemin tranquille, où nous mènent nos pas. Es nou ka vwè kréyol kon drapo ( toujou menm jan sièk an sièk), kon barikad kont lasimilasyon… oben on lang vivan, on lang ki paré fè chimen tout lang pou fè lè i vlé viv,… tout kalté chimen. Pou sa, es makè d’lang la paré pou menné’y  an driv… Kaskòd évè limenm tanzantan pou kò a’y pli bon akontinyé ?
Historiquement, deux choses on bloqué notre créativité : le nationalisme français et le nationalisme guadeloupéen. Ils ont été à la fois rivaux et complices en prétendant chacun savoir ce qui était bon pour le peuple, en imposant des modèles et en sommant chacun de se ranger derrière un drapeau.  être français ou rien, guadeloupéen ou rien. Soyons justes, cependant! Il faut pardonner au second en lui accordant des circonstances atténuantes. La recherche quasi obligatoire de « mès é labitid an nou »  était tout à fait liée au sentiment général dans la population : un sentiment d’être non seulement en train de se perdre mais surtout d’être méconnu. C’est un aspect très important de notre être au monde. Nous avons tellement longtemps été ignorés que la revendication est forte d’être vu et entendu. Le besoin de reconnaissance par autrui a très vite informé les recherches et tentatives de beaucoup d’artistes. On n’y échappe difficilement.
Gerty Dambury me disait, dans un de nos nombreux échanges : « Pendant que nous nous figions dans une image de nous que nous voulions revoir, marque indélébile de notre différence, nous offrions ces traits de nous-mêmes comme spectacle à regarder de l’extérieur. Les comédiens avec qui j’ai travaillé m’ont plusieurs fois laissée pantoise lorsque je les regardais proposer à un metteur en scène des schémas tout tracés (danse, yé krik-yé krak, tambour…) comme marque de leur identité de comédien. Comme si un comédien africain américain arrivait à un casting en disant : je sais faire des claquettes et je danse très bien le limbo, je fais le ménestrel et le reste. »
Et j’ai renchéri : « Dîtes tchyip quatre fois dans une tirade et vous aurez exhibé votre papier d’identité !… Car, au fond, ce n’est pas l’étranger qu’on veut convaincre, mais soi-même. C’est une vraie compensation par rapport à notre incapacité politique (pour le moment) de nous ériger en peuple incontestablement différent, cette manière de se jouer avant que d’être. Je ne suis que le refuge de moi-même, je me blottis dans ce truc par peur de me déployer. »
Je pense qu’il faut dédramatiser la cohabitation et la copulation de ces deux langues dans notre vie de tous les jours. Libérer chacune de leur mode de vivre en colonie. Laisser chacune faire l’impossible pour nous tirer de là. J’ai écrit dans un article que l’opération de décolonisation ne sera pas forcément le résultat maudit d’une soustraction, mais, possibilité d’addition aux autres. Hors du confinement forcé franco-français, les langues et cultures créoles pourraient mieux parler au Monde. De même, le français pourrait mieux servir à dire au Français que nous ne sommes pas Français. Le plus terrifiant, en fin de compte, c’est la perte de soi. Notre usage décomplexé et indifférent des deux pourra démontrer au monde que nous ne sommes pas des auteurs français. Parce que, en vérité, nous ne le serons jamais. En fin de compte, singer l’autre est un aveu qu’on n’est pas l’autre, mais un aveu honteux. Être SOI et parvenir à faire surgir un univers intime inédit, son humanité singulière, les deux façonnés par sa propre histoire, c’est toute la raison d’être du créateur artistique.
Pour l’écriture poétique, théâtrale ou romanesque, c’est le même challenge : se raconter de mille façons et par mille détours, mais avec grâce: il ne s’agit pas d’abord de démontrer qu’on est kréyol, mais qu’il s’agit d’art. Kivédi envanté, défèt fil a lang la pou fè’y pitité, pou a’y touvé an nannan a’y sa i po ko montré. LABITID sé pwazon a POEZI. Sa pa ka sèvi ayen ou fidèl pou’w fèmé ki on lanmou ki on lang adan lajòl a LABITID.

Frantz Succab

Rédigé par Gilda Gonfier

22 novembre 2011 à 20 h 23 mi

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Kitsh

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C’est un mot allemand qui est apparu au milieu du XIX siècle sentimental et qui s’est ensuite répandu dans toutes les langues. Mais l’utilisation fréquente qui en est faite a gommé sa valeur métaphysique originelle, à savoir: le kitsch par essence, est la négation absolue de la merde; au sens littéral comme au sens figuré: le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l’existence humaine a d’essentiellement inacceptable.

« L’insoutenable légèreté de l’être » Milan Kundera
p 357 folio Gallimard 1984

Rédigé par Gilda Gonfier

17 mai 2011 à 4 h 58 mi

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